
Encore un groupe de métal, allez-vous dire... Mais vous avez tort ! Rammstein n'est plus un petit groupe : c'est l'un des piliers de la scène métal actuelle. Découverts en France grâce à leur participation à la B.O. de « Lost Highway » (excellent film de David Lynch, cela dit en passant), Rammstein a vraiment explosé en Europe et aux USA grâce à leur 2ème album sorti en 1998, « Sehnsucht ». Leur style assez inhabituel dérange un peu au premier abord, surtout la langue en fait : ce n'est pas souvent que des groupes chantant en allemand arrivent à percer (surtout aux USA, car même si Rammstein a sorti « Sehnsucht » en anglais, il a moins bien marché que la version originale !). En 2001, « Mutter » est leur création, un beau bébé à vrai dire, enregistré avec l'aide d'un orchestre symphonique et de chœurs féminins... Laissez-vous guider.
Analyse des titres de l'album « Mutter »
1. Mein Herz Brennt (4'39") – Mon cœur brûle
Ça commence, et ça commence bien, c'est le moins qu'on puisse dire ! Les premières paroles sont calquées sur un conte de fées allemand, le rythme est lent, puis l'on retrouve la voix relativement grave et gutturale du chanteur (qui roule les « r » comme dans le classique allemand). Le contraste entre les riffs de guitares ainsi que la voix imposante du chanteur avec la douceur des cordes et des chœurs rend ce morceau quasiment irréel...
2. Links 2 3 4 (3'36") – Gauche 2, 3, 4
Sorte de parodie de marche militaire, avec pas mal de jeux de mots ; cette chanson est considérée par certains comme un démenti de Rammstein à l'encontre de ceux qui les ont accusés d'être un groupe nazi. Beaucoup de passages plus ou moins parlés, le synthé se fait assez présent et les guitares ne sont pas agressives.
3. Sonne (4'32") – Soleil
2ème coup de cœur de l'album : des paroles simplistes, mais qu'est-ce que ça sonne bien ! Les voix féminines se font entendre, rajoutant à la chanson un côté entêtant. On se la passe en boucle sans répit et (presque) sans se lasser... De plus, le clip est superbe, c'est une imitation des 7 nains.
4. Ich Will (3'37") – Je veux
Chanson à proposer à votre prof d'allemand pour étude (niveau 2nde/1ère) ! C'est une chanson conçue pour le live, avec encore des voix féminines (un bonheur...). À chanter bien fort dans sa piaule ou pendant le cours d'allemand :-Þ
5. Feuer frei! (3'11") – Feu libre
Plus bourrin que les autres, moins recherchée... beaucoup de synthé, les guitares sont très présentes.

6. Mutter (4'32") – Mère
Aaaaah ! Ma p'tite préférée :) L'orchestre symphonique sublime la chanson qui reste douce tout du long. Les paroles sont dures (voir fin de l'article), on ressent une émotion certaine dans la voix du chanteur, on a presque des frissons à chaque écoute... J'adore (si là je ne vous ai pas convaincus, je me mets à la rédaction de livres de cuisine pour enfants...).
7. Spieluhr (4'46")
Commence comme une berceuse, mais ça bouge pas mal en fait. Le refrain assez mélodieux (comme tout l'album...) plaît bien, mais la chanson s'essouffle assez vite à mon goût...
8. Zwitter (4'17") – Hybride
Une des plus « violentes » de l'album, et encore on n'est pas dans le même registre que les précédents albums. Ça devient une habitude : le refrain se fait mélodique tandis que le reste de la chanson se partage entre guitares et chants.
9. Rein Raus (3'09") – Dedans, dehors
La plus martiale, un rythme écrasant, des riffs de guitares très lourds, et un refrain basique martelé un certain nombre de fois. Un peu spécial. Étonnant, un passage plus mélancolique au milieu de la chanson. On s'en serait douté, remarquez, ça manquait :)
10. Adios (3'48") – Adieu
Alternance entre des passages rapides au synthé, batterie et guitare avec des passages plus calmes et chantés. Pas désagréable. Mais il manque un petit quelque chose qui la rendrait plus belle.
11. Nebel (4'53")
On finit en douceur avec ce titre lent et calme. Quoi, déjà fini ? Bah ouais... 11 titres, c'est déjà pas mal non !

Vivement le prochain album !
Traduction de « Mutter »
Les larmes d'une bande de vieux enfants
Je les sèche dans une chevelure blanche
Je jette ce cordon humide en l'air
J'aurais aimé avoir une mère
Il n'y a aucun soleil qui m'illumine
Aucun sein n'a pleuré de lait pour moi
Dans mon gosier est coincé un tuyau
Je n'ai pas de nombril sur le ventre
Maman
Je ne pouvais téter aucun sein
Je n'avais aucun repli pour m'abriter
Personne ne m'a donné de nom
Conçu à la hâte et sans semence
La mère qui ne m'a jamais fait
J'ai juré cette nuit
Que je vais lui offrir une maladie
Et de la noyer après dans le fleuve
Maman
Dans ses poumons loge une anguille
Sur mon front il y a une tache de naissance
Le baiser du couteau l'efface
Même si je dois en mourir
Même si je dois me vider de mon sang
Maman donne-moi la force