
L'Eurovision... Que vous évoque ce nom ? Pour certains, la plus grande manifestation musicale de l'année ; pour d'autres, un truc ringard où des gus se trémoussent en chantant des chansons débiles.
Vous me direz, chacun ses goûts !
Au début, je ne prenais cette émission que comme un passe-temps... Encore que je ne pouvais jamais la regarder jusqu'au bout, faute d'énergie.
Mais curieusement, je me suis prise au jeu cette année, et j'ai commencé par enregistrer la demi-finale — grande première cette année, trop grand nombre de participants oblige.
Demi-finale Eurovision 2004 : les prestations marquantes
Demi-finale donc... Évidemment, pas grand-chose de valable. La Suisse se ratatine complètement avec une composition digne d'une chanson d'un manuel d'anglais pour débutants, les pauvres Lituaniens nous proposent un bide complet, Andorre chante diaboliquement faux, et les Slovènes semblent trop amoureux pour réaliser qu'ils chantent pour l'Eurovision. Bon. Mais à côté de ces piètres performances, se trouvent déjà quelques artistes confirmés aux chansons assez convaincantes.
La prestation déjantée de la Bosnie-Herzégovine fait sensation avec sa chanson « In the Disco ». L'Albanie fait également impression, mais l'Ukraine fait déjà figure de favorite grâce à sa prestation explosive « Wild Dances ». Tout est dans le titre, n'est-ce pas ?
Résultats... Bingo, mes favoris partent tous en finale, les autres restent sur le carreau. Petit pincement au cœur tout de même pour la Biélorussie qui avait vraiment sa chance avec une chanson originale et très folklorique... Tant pis, the show must go on...
Finale de l'Eurovision 2004 : France et candidats
Enfin, la finale arrive. La prestation du Français Jonathan Cerrada est d'ailleurs très attendue, une « superbe » chorégraphie de Kamel Ouali ayant été annoncée. Passionnée de danse moi-même, j'attends son intervention avec impatience. Mais horreur, malheur ! Le pauvre John manque de se casser la figure dans les mini-escaliers, ponctue sa diction de grimaces pathétiques, arbore un vilain tatouage noir dans le cou jurant avec son ensemble blanc, et est accompagné d'une grande gigue tondue montée sur échasses tentant en vain d'onduler du bassin sur une chanson, avouons-le, plutôt mollassonne. Mais où est donc passé Shakiman ? Il nous faudra attendre encore au moins deux ans pour l'Eurovision à Paris... France : 0 points !
Fort heureusement, les prestations des autres candidats se révèlent nettement au-dessus. Toujours fidèles au poste, l'Albanie et la Bosnie font sensation. Quant aux petits nouveaux, tels que la Grèce, favorite, la jolie et solitaire Chypriote ou encore la Turquie, pays organisateur, nous offrent un beau spectacle. Mention spéciale à l'Autriche, qui avec une belle chanson d'amour en allemand « Du Bist », malgré un gros problème de chorégraphie, en a ému plus d'un(e).
Mais l'Ukraine domine largement tout ce beau monde, avec une prestation encore plus tonique et dynamique que la précédente.
À l'Europe de voter...
Ruslana : la gagnante ukrainienne de l'Eurovision
Sans surprise, l'Eurovision 2004 consacre la chanteuse ukrainienne Ruslana Lyzhicko, suivie de très près par la Grèce et Chypre.
Mais nombreux sont ceux qui ont trouvé injuste ce choix, accusant les pays de l'Est de voter uniquement entre eux, une « Esto-vision » selon Marie Myriam (la dernière gagnante française en date). D'autres soulignent le côté sommaire voire primitif de la chanson de Ruslana, aux paroles, je l'avoue, assez limitées... Les « shi-di-ri-di-duy, shi-di-ri-di-da-na » endiablés n'ont pas plu à tout le monde, mais au fond, qu'importent les paroles quand l'interprétation, les costumes et la chorégraphie sont au top et défient toute concurrence ?
Les autres chansons de son album Wild Dances donnent un aperçu moins primaire des capacités artistiques de la talentueuse chanteuse, alternant ballades en ukrainien et complaintes emplies de sensibilité.
Ruslana, la tigresse ukrainienne, a donc véritablement mérité son titre de gagnante et représente bien toute l'essence de l'Eurovision d'aujourd'hui, qui peut plaire ou déplaire.
Le concours de l'Eurovision a donc toujours sa raison d'être, dans un registre assez kitsch mais toujours riche en prestations superbes.