
Porcupine Tree : présentation du groupe
Avant toute chose, laissez-moi vous présenter rapidement le groupe. Son mentor, Steven Wilson, est tout simplement un génie musical. Au début, Porcupine Tree œuvrait davantage dans un « trip psychédélique » avec claviers et tout le tralala. Les morceaux étaient très progressifs. Puis, avec Stupid Dream, le groupe s'est rapproché de la pop tout en gardant l'aspect prog' sur certains titres. Lightbulb Sun sort en 2000 et est considéré comme le meilleur album. En 2002 paraît In Absentia, que je vais vous présenter en détail. Il faut patienter jusqu'en janvier 2003 pour que l'album sorte en France, mais il est facilement trouvable en import.
In Absentia : une mutation vers le metal
Disons-le tout de suite, In Absentia est un excellent album qui, en plus, se paie le luxe d'innover à tout va. Pour s'en rendre compte, pas besoin d'aller jusqu'à la dernière piste du disque puisque, dès le premier riff de Blackest Eyes (premier titre de l'album), on s'aperçoit que Steven Wilson peut aussi mettre de côté sa tristesse et sonner comme un groupe de metal. Je ne sais pas ce que les Suédois d'Opeth lui ont fait, mais en tout cas, on ne connaissait pas une telle énergie chez Porcupine Tree. Peut-être que l'arrivée d'un nouveau batteur a eu cet effet. Cette débordante énergie se confirme pleinement sur des titres comme Wedding Nails ou Gravity Eyelids. Et force est de constater que Porcupine Tree s'en sort divinement bien. Sachant revenir à tout moment à ce qu'il fait de mieux, le groupe enchaîne de plus belle avec le magnifique refrain de Blackest Eyes.
Entre symphonie et chaos organisé
Moment symphonique sur .3, qui est à mi-chemin entre une BO de film épique et une BO de Peter Gabriel fort appréciée, avant de repartir de plus belle sur The Creator Has a Mastertape, où les différentes influences du groupe n'ont jamais fait aussi bon ménage. Ce titre surprend au début par son « bordel organisé », mais au fur et à mesure qu'on l'écoute, on l'apprécie énormément. C'est Opeth qui doit être aux anges, moi je vous le dis !
Le génie mélancolique de Steven Wilson
Enfin, le groupe n'a pas entièrement changé et, même si l'on peut le taxer de rendre sa musique plus simple pour attirer plus de public, on doit se rendre à l'évidence : Steven Wilson sait nous composer de ces chefs-d'œuvre mélancoliques. Trains ou encore Heartattack in a Lay By (la chanson de l'album : à pleurer de tristesse ou de beauté, à ce niveau-là, on ne sait plus) en sont la preuve. Cette Heartattack-là, on en redemande avec ses arpèges de guitare planants et son piano hypnotisant. Et puis le psychédélique Steven Wilson a tout de même une sacrément belle voix. Porcupine Tree dégage une musique émotionnelle comme aucun autre groupe ne sait le faire. Je suis sûr qu'en chantant, il arriverait à bercer un ours, et au cas où vous ne l'auriez pas compris, c'est un compliment !
Une production d'exception
On ne peut pas dire que cet album soit une totale réussite car, aussi bons soient les morceaux, ils ne sont pas aussi jouissifs dans leur ensemble que sur Lightbulb Sun. Certes, on peut dire que l'on fait encore mieux par moments avec Blackest Eyes, Trains, .3 et donc Heartattack in a Lay By, mais en revanche, le titre Strip the Soul n'a rien à faire là et aurait mieux fait d'être utilisé pour augmenter l'aspect progressif des perles de l'album. Trains, en particulier, aurait à mon avis gagné encore en intensité avec une ou deux minutes supplémentaires.
Et puis, tout commentaire sur le groupe serait incomplet si l'on oubliait de dire un mot sur la production hallucinante (comme d'habitude) de Steven Wilson. Elle est d'une limpidité qu'aucun autre producteur n'arrive à atteindre. Je suis persuadé que de nombreux groupes aimeraient faire appel à ses services, ce qui est compréhensible vu sa maîtrise. Mais ce qu'il a fait pour Fish, Marillion ou encore Opeth n'arrive pas à la cheville de ce qu'il propose ici. La production de l'année à n'en pas douter. Monumentale !
Conclusion : un incontournable du rock progressif
En tout cas, je tire mon chapeau à Porcupine Tree, qui sait utiliser pleinement tous les éléments qui ont fait son succès par le passé pour accoucher de compos originales à crever. Là où Lightbulb Sun faisait l'impasse sur l'aspect psychédélique du groupe, In Absentia y revient par instants, avec en point d'orgue le début de Gravity Eyelids. Porcupine Tree est, sans aucun doute possible, le plus grand groupe de progressif actuel.