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Musique

Kreator : Pleasure To Kill

Chronique de "Pleasure To Kill" de Kreator, album phare du thrash metal allemand. Brutal, malsain et influent, ce disque reste une pierre angulaire du genre.

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Tracklist de Pleasure To Kill

  1. Choir Of The Damned
  2. Ripping Corpse
  3. Death Is Your Saviour
  4. Pleasure To Kill
  5. Riot Of Violence
  6. The Pestilence
  7. Carrion
  8. Command Of The Blade
  9. Under The Guillotine

Line-up :
- Mille Petrozza – Chant/Guitare
- Ventor – Batterie
- Rob Fioretti – Basse

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Un monument du thrash metal allemand

Aussi violent que "Reign In Blood", aussi malsain que Venom et aussi rapide que "Kill'em All" ; "Pleasure To Kill" ne pouvait que facilement se glisser entre les mains des petits nerveux des années 80. Pourtant, l'accueil reçu par ce groupe fut mitigé (quand on compare les succès obtenus par Metallica et Slayer bien sûr). Leur musique, il est vrai, n'est pas non plus des plus originales si on ne la prend pas dans le contexte de l'époque. Elle pourrait se situer entre la violence de Slayer et la brutalité de Sodom – effectivement, rien de très novateur.

"Pleasure To Kill" est pourtant considéré comme l'une des pierres angulaires du thrash ; son metal à l'époque devait être quelque chose. En effet, l'âme sale et répugnante qui règne sur ce disque n'était pas une habitude de l'époque, et on pourrait supposer que cet album représentait la définition d'un metal des plus extrêmes.

Ripping Corpse : une entrée en matière brutale

Et pourtant, le disque débute sur une pièce atmosphérique et soufflante, jolie et harmonisée où l'on se sent partir vers un voyage de mélodies incongrues. Comme le retour à la réalité est dur !

C'est avec puanteur que "Ripping Corpse" nous éventre en plein vol. C'est une purée simpliste, malfaisante et damnée qui vient se morfondre dans nos cervelles. Voilà toute la magie de Kreator définie en quelques mots. Le plus inquiétant provient de la voix de Mille Petrozza, un chant inquiétant et putain de merde qu'il est bon ! Sincèrement, pour mettre l'ambiance malsaine en avant, Mille se débat comme un chef en utilisant deux registres vocaux distincts : un grossier et bourrin qu'il mettra à l'œuvre sur "Death Is Your Saviour", ou bien cette voix teigneuse qui aurait pu influencer les prémices du black metal. Je dirais même qu'elle pourrait être le point fort de cet album.

La brutalité au service de l'efficacité

Tout est entraînant au possible, sans être mélodique (n'en demandons pas trop quand même ^^). D'ailleurs, ce mot ne fait pas partie du champ lexical de Kreator, sachant que la moindre mélodie a été évoquée durant cette courte intro. Tout est bordélique et bourrin au possible mais bon dieu c'est bandant ! Quand vous aurez goûté à des hymnes oppressants tels que "Ripping Corpse", "Death Is Your Saviour" ou "Riot Of Violence", vous n'aurez plus à chialer en revendiquant les défauts techniques de ce disque. Non, chez Kreator il n'y a pas besoin d'un solo de 25 minutes pour vous scotcher aisément. Seule l'âme de ce disque peut vous procurer l'envie de le réécouter inlassablement. On n'a même pas à pleurer pour le manque de mélodie – il n'y en a pas besoin. Les riffs simplistes mais incisifs à souhait sont vraiment une pure partie de bonheur.

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Une influence sur le metal extrême

Même si Kreator est rangé comme un groupe exultant l'art du thrash metal, on pourrait penser que celui-ci a influencé bon nombre de groupes extrêmes avec ses rythmes endiablés et son malsain omniprésent.

Si l'écoute de ce CD s'avère facile, on peut dire que les titres ne sont que peu diversifiés. Les chansons ont toujours cette même approche violente et se déballent toujours sur un bordel de riffs pour finir sur des soli immondes et ratés. Mais on ne peut pas considérer ça comme un reproche : Slayer aussi se répète beaucoup et pourtant bon nombre de leurs albums sont adulés – et dieu sait à quel point je les adore aussi. Donc le manque de diversité dans ce disque n'est pas un réel défaut.

Les hymnes incontournables de l'album

Les hymnes se détachent pour former de véritables sanctuaires de headbanging, de la double pédale de "Pleasure To Kill" (oh oui, ce moment est vraiment jouissif sur le refrain qui précède la phrase mythique crachée) à la finesse égarée de "Death Is Your Saviour" – tout n'est que décadence constante.

Pour le meilleur et le plus efficace, citons donc "Pleasure To Kill" sur lequel Ventor s'amuse à marteler l'auditeur jusqu'à ce qu'il comprenne que bon sang, cette chanson est un abattoir. Ensuite "Riot Of Violence" pour les plus intimes, ou les vocaux inhumains de "The Pestilence" qui montrent une facette beaucoup plus black du groupe.

Verdict final

Malgré tout, de nombreux défauts conservent l'authenticité du disque : le manque de maturité et de professionnalisme (le groupe veut seulement nous en mettre plein la gueule) ou la simplicité des structures qui peut parfois être un peu lassante. Mais bon, à nous de prendre ce disque dans le contexte de l'époque et de le juger sur une valeur plus inattendue qu'autre chose.

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Note : 15/20

Morceaux préférés :
- Ripping Corpse
- Pleasure To Kill
- Riot Of Violence
- The Pestilence

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la putain du diable
Luna La putain du diable @la putain du diable
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