
Un choc brutal dans ma carrière d'amateur de musique, voilà ce qu'est ce disque. J'ai toujours posé une oreille sur les albums de KoRn, rien que pour savoir ce que c'était. Mes conclusions étaient claires : c'était du métal grand public. Rien de révolutionnaire, à part la production d'une limpidité rafraîchissante. Du métal grand public, mélange de grosses guitares, de basses survoltées et de punk attitude. Résultat : une grosse daube pour les amateurs de « vrai » métal comme moi.
Oui mais voilà, après avoir fait le zouave pendant 8 ans, KoRn affiche un nouveau visage, somme toute très déconcertant. En effet, ça me fait de la peine de le dire, mais le dernier rejeton des Américains, Untouchables, est une bombe sans nom. Un disque qui marquera l'année, un disque qui va changer le monde de la musique !
Untouchables : une variété musicale surprenante
Tous ceux qui, comme moi, avaient tiré un trait noir sur KoRn risquent d'être très surpris à l'écoute de cet album. En effet, son premier atout — outre la production irréprochable du groupe — est sa variété. Entre un pur metal-single « Here to Stay » au refrain presque pop, une quasi-ballade « Alone I Break » et un titre heavy comme « Bottled Up Inside », le seul fil conducteur apparent est le talent indéniable démontré par le groupe. La rythmique basse/batterie, cause de leur succès, est toujours bien présente mais sait s'effacer quand il le faut.
Jonathan Davis : une vraie performance vocale
Le chant de Jonathan Davis se module très bien sur des titres comme « Hating » ou « Make Believe »... et ça marche ! Il ne se contente plus de gueuler comme une fillette à la voix rebelle, mais chante bel et bien. Nombre de chanteurs de heavy metal devraient prendre exemple sur lui — un comble, non ?
Pourquoi Untouchables marque un tournant pour KoRn
Une preuve que cet album est vraiment excellent ? Une franche partie des fans de la première heure de KoRn le trouvent nul. Un tournant a été pris. Prions pour qu'ils ne fassent pas marche arrière maintenant. Car en allant encore de l'avant, j'attends du groupe des titres comme « One More Time » ou « No One's There » qui affichent des ruptures et des mélodies (oui oui) hallucinantes.
Si des titres comme « Embrace » sont plus faibles, ils se laissent tout de même bien écouter et sont très minoritaires sur les 14 titres de cet album richissime. Et quel plaisir lorsqu'on réalise que KoRn ne se contente plus d'appliquer une recette à tubes mais qu'il cherche à tout prix à bâtir sa musique de façon intelligente et (parfois) subtile.
Malheur à vous donc si vous n'achetez pas cet album. Dommage que KoRn ne signe pas ici son premier opus, car je le déclarerais révélation du siècle !