Image 2
Musique

Korg Electribe Koss Pad k2000

Découvrez l'histoire de Korg, de la première boîte à rythmes japonaise au mythique M1. Une révolution musicale depuis 1962.

As-tu aimé cet article ?

C'est peut-être cru, mais c'est comme ça : on peut mieux le percevoir. Korg est à l'origine d'un certain nombre d'innovations majeures, dont la première boîte à rythmes japonaise, le premier synthétiseur polyphonique abordable et le premier accordeur électronique.

Les origines de Korg : une histoire japonaise

L'histoire démarre en 1956 à Tokyo, suite à la rencontre d'un musicien et d'un patron de boîte de nuit. Tadashi Osanai, accordéoniste japonais par ailleurs ingénieur de formation, se produit régulièrement sur la scène du night club de Tsutomu Katoh. Ce dernier, pour les besoins du spectacle, a investi dans une boîte à rythmes américaine, la Sideman Wurlitzer. Tadashi Osanai, séduit par le concept, n'est pourtant pas entièrement satisfait du produit. Persuadé de pouvoir mieux faire, il décide de développer lui-même un appareil de ce type et convainc Tsutomu Katoh d'en financer la réalisation.

1962 : création de Keio Electronic Laboratory

La voie ferrée de Keio, à proximité de laquelle sont loués les premiers locaux, donne son nom à la société, Keio Electronic Laboratory Corporation, créée en 1962. Elle emploie alors quatre personnes. C'est ainsi qu'un an plus tard apparaît la première boîte à rythmes japonaise, la Disc Rotary Electronic Auto Rythm Machine DA-20, suivie de deux autres modèles, les DC-11 et DE-11. Plus tard, en 1966 avec la DE-20, Keio abandonne les technologies électromécaniques au profit des transistors. En 1967 arrive la boîte à rythmes MP-2.

Le marché musical nippon, détenu à 90 % par Yamaha et Kawai, semble difficile à pénétrer. Mais grâce à un accord passé avec Yamaha, Keio, chargé d'équiper en boîtes à rythmes les claviers Electrone, acquiert une réputation internationale.

Comment Korg est devenu un géant du synthétiseur

Parallèlement à l'amélioration de la série MP, Keio diversifie ses activités. Tsutomu Katoh engage un nouvel ingénieur, Fumio Mieda, qui travaille à la conception d'un orgue électronique programmable. Un produit commercialisé en 1971 et vendu à cinquante exemplaires. C'est à cette occasion que la société est rebaptisée KORG, contraction de Keio Organ.

En pleine expansion, le marché de l'orgue est entre les mains de Baldwin, Hammond, Kawai, Lowrey, Wurlitzer et Yamaha. Difficile de lutter face à de telles compagnies. Conseillé par un musicien japonais, ancien étudiant à Berklee, qui lui affirme que la conception d'un orgue est très proche de celle d'un synthétiseur, Tsutomu Katoh décide de se lancer dans un domaine où la concurrence est moins sévère, puisqu'encore aux mains de quelques pionniers seulement. Finalement, largement inspiré des concepts de l'orgue de Fumio Mieda, le MiniKorg 700 sort en juin 1973, pour 995 dollars (contre 1995 dollars pour l'ARP 2600). La première année de production, environ 8 000 exemplaires sont vendus à travers le monde.

Les innovations marquantes des années 70

Fort de ce succès, le rythme s'accélère avec le 5800 DV (1974), un synthétiseur duophonique, et dans un autre domaine, les accordeurs WT-10 et WT-12, révolutionnaires à l'époque. Puis en 1975, le 900 PS, premier polyphonique à presets.

En 1976 sont présentés les « Polyphonic Ensemble » PE-1000 et PE-2000, le monophonique 770 (successeur du MiniKorg) et l'orgue CX-3, reconnu comme l'une des meilleures imitations portables du son Hammond. L'année suivante, c'est au tour du M-500 SP, une version simplifiée du 900PS.

La série PS et l'adoption par Keith Emerson

1977 voit le lancement de la série PS 3000, des machines de recherche. Elles sont également totalement polyphoniques grâce à l'application de la technologie du diviseur d'octaves, issue encore une fois de l'orgue électronique. Keith Emerson, le plus connu des utilisateurs de synthétiseurs de l'époque, adopte le PS-3300.

1978 : une année charnière pour Korg

1978 marque un tournant. Bénéficiant d'un tout nouveau design, les MS10, MS20, SQ10, VC10 et MS50 débarquent. Les monophoniques MS10, 20 et 50 (sans clavier) sont de puissantes machines de recherche, à l'image des PS, mais leur prix est inférieur à celui du MiniKorg des débuts. Quant au vocoder VC 10, c'est le modèle le moins cher du marché.

1978 est aussi l'année des synthétiseurs à mémoire, comme le Prophet 5 Sequential. Korg n'est pas en reste, et le dernier modèle de la série PS, le 3200, est programmable.

1979 démarre une nouvelle gamme, le Sigma et le Lambda destinés à remplacer les anciens modèles et le 900PS.

Années 80 : numérique et arrivée du MIDI

1980 marque le lancement du Delta et du Trident.

En 1982 arrive le Polysix, un polyphonique six voies à 32 mémoires, qui tente de rattraper le Prophet 5 sorti quatre ans plus tôt. Un argument de taille : son prix, 1995 dollars contre 4500 pour le modèle Sequential Circuits. Le Polysix est un énorme succès. La même année est introduit le Mono/Poly et la version MKII du Trident.

Le Poly 61 succède au Polysix en 1983, et sa mise à jour MIDI, le Poly 61M, est présentée en 1984, tout comme le Poly 800, premier polyphonique programmable à moins de 1 000 dollars.

Face à la concurrence Yamaha et l'ère FM

Mais 1984 est l'année Yamaha, qui a lancé en 1983 la modulation de fréquence et détrône tous les concurrents. Passé le choc du DX7, Korg renouvelle totalement sa technologie en 1985 avec la série DW 6000 et DW 8000 pour « Digital Waveform », qui offre de multiples formes d'ondes générées numériquement par addition d'harmoniques, dans le but de concurrencer la précision des sonorités FM.

En 1985, lancement du Poly-800 EX et de l'EX-800. Arrivent également les premiers pianos Korg DP 80, DP 2000 et DP 3000 avec une technologie FM.

Korg n'a jamais oublié les boîtes à rythmes, et après les séries MP et KR, sort en 1986 la DDD1. Quelques innovations dans la gamme de prix : pads sensitifs, mais surtout cartes ROM enfichables format carte de crédit et une carte de sampling optionnelle.

En décembre 1985, Korg rachète Unicord, son distributeur américain. Rebaptisé Korg US, ce dernier inclut également un centre de recherche et de développement sur la côte ouest pour mieux coller au marché américain.

En 1986 sort le premier piano numérique à échantillonnage chez Korg, le SG1 et SG1D.

En 1987 arrivent le DSS-1 et le 707, synthétiseurs qui utilisent la modulation de fréquence (FM). La même année, introduction du piano grand public C-600 et C-800.

L'ère du workstation et du M1

En 1988, sortie du M1, unique représentant de la prometteuse série M1/S1/Q1 et best-seller qui permet à Korg de doubler Roland. Cette année-là, succès mondial pour la gamme de pianos Korg, utilisant pour la première fois un échantillonnage stéréo : les C-2500, C-3500, C-5000, C-6000, C-7000 et C-9000.

En 1989, sortie de l'expandeur M3R.

En 1990, lancement de la gamme T1, T2 et T3.

Le Wavestation et la série 01W

En 1990, lancement du Wavestation, grâce aux efforts conjugués des ingénieurs de Korg et du team Korg US.

En 1991 arrive la gamme 01W/FD, Pro et ProX, synthétiseurs Workstation avec 32 voies de polyphonie et multi-timbral sur 16 canaux. Lancement aussi du premier module chez Korg à la norme « GM » (General MIDI) : le 03R/W.

En 1992, le premier module demi-rack de Korg, le 05R/W.

Les claviers arrangeurs et workstations des années 90

En 1993, Korg présente un nouveau type de clavier : les synthés arrangeurs i3 et i2, claviers arrangeurs interactifs avec séquenceur, édition des timbres, lecteur de disquette, etc. Lancement également des Korg X3 et X2, synthétiseurs Workstation.

En 1994 arrive le X5, petit synthétiseur polyphonique. Lancement du premier arrangeur amplifié Korg, le i4S.

Le Prophecy et la Trinity : une nouvelle ère

En 1995, Korg présente le Prophecy, un petit synthétiseur monophonique. Il utilise une nouvelle synthèse MOSS (technologie à multiples cellules DSP). Arrive aussi la même année la nouvelle gamme de synthé « Trinity », une nouvelle génération d'instruments intégrant un concept de workstation avec une qualité sonore optimale et un magnétophone numérique multipistes direct-to-disk sur quatre pistes. Arrive aussi dans la même année le Pad Electronique WD-1, percussion électronique virtuelle.

L'expansion internationale et les innovations 1996-1998

En 1996, lancement du X5D avec une polyphonie de 64 voies et de son expandeur X5DR, puis des Workstations N364 et N264 avec un arpégiateur et des RPPR (Real Pattern Play Record). Arrivent aussi dans la même année l'arrangeur i5S et le synthé arrangeur iX300.

En novembre 1996, lancement du NS5R, expandeur demi-rack au standard GM, GS et XG avec une interface interne pour connecter une carte fille.

Korg Italy et le marché européen

En 1996, Korg ouvre un centre de recherche et de développement en Italie, baptisé Korg Italy, pour mieux coller au marché européen. Une volonté concrétisée par la sortie en 1997 des premiers pianos européens Korg EC 300 et EC 500 et des arrangeurs IS 40 et IS 50.

En 1997 arrive aussi le N5 Korg, la version clavier du NS5R avec arpégiateur et des contrôles en temps réel, le Korg Z1 (le premier synthé polyphonique Korg qui utilise la synthèse à modélisation physique), le piano professionnel SGproX et un multipiste numérique 8 pistes, le D8.

En 1998, lancement du i30, le clavier arrangeur professionnel avec un écran tactile, du synthé N1 (un N5 avec 88 notes et 6 Mo de PCM supplémentaires), et...

As-tu aimé cet article ?

Commentaires (1)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...