Sam Bartle (LOOK MUM NO COMPUTER) derrière son synthétiseur sur mesure, souriant avant sa performance.
Musique

Eurovision 2026 : LOOK MUM NO COMPUTER représente le Royaume-Uni à Vienne

Sam Battle, alias LOOK MUM NO COMPUTER, représentant atypique du Royaume-Uni à l'Eurovision 2026 à Vienne, mise sur son synthétiseur artisanal et son humour pour séduire l'Europe, entre espoir et scepticisme.

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Qui est LOOK MUM NO COMPUTER, l'inventeur-musicien à l'Eurovision 2026 ?

Le Royaume-Uni a dévoilé son représentant pour l'Eurovision 2026, et le choix est pour le moins surprenant. Sam Battle, connu sous le pseudonyme LOOK MUM NO COMPUTER, n'est pas un chanteur ordinaire. Cet artiste électronique, inventeur de machines musicales loufoques et YouTuber suivi par des centaines de milliers de fans, monte ce soir sur la scène de Vienne avec son titre « Eins, Zwei, Drei ». Dans une interview accordée à 20 Minutes ce 16 mai, il confie avec une franchise désarmante : « J'espère chanter juste ». Une phrase qui résume le mélange d'humilité et d'audace qui caractérise ce candidat atypique.

Sam Bartle (LOOK MUM NO COMPUTER) derrière son synthétiseur sur mesure, souriant avant sa performance.
Sam Bartle (LOOK MUM NO COMPUTER) derrière son synthétiseur sur mesure, souriant avant sa performance. — (source)

Qui est Sam Battle, l'inventeur devenu chanteur ?

Sam Battle, alias LOOK MUM NO COMPUTER, est un phénomène à lui tout seul. Né dans le nord de l'Angleterre, ce musicien autodidacte a passé des années à bricoler des synthétiseurs, des orgues et des instruments absurdes dans son atelier. Sa chaîne YouTube, qui cumule plusieurs centaines de milliers d'abonnés, est un musée des inventions farfelues. On y trouve un orgue composé de 44 Furbies, un vélo Raleigh Chopper transformé en synthétiseur, un clavier à lance-flammes, ou encore un orchestre de droïdes Star Wars.

Les inventions les plus marquantes de LOOK MUM NO COMPUTER

Parmi ses créations les plus célèbres, le Furby Organ – un orgue fabriqué à partir de 44 jouets Furbies – a fait le tour du monde. L'idée lui est venue en 2011, mais il ne l'a concrétisée qu'en 2018. Le résultat est aussi absurde qu'impressionnant : chaque Furby émet une note différente, créant une palette sonore unique. Il a également construit le Megadrone, un synthétiseur modulaire géant contenant plus de 1000 oscillateurs, capable de produire des sons d'une puissance rare.

Sam Bartle, alias LOOK MUM NO COMPUTER, interprète « Eins, Zwei, Drei » sur la scène de l'Eurovision 2026 à Vienne.
Sam Bartle, alias LOOK MUM NO COMPUTER, interprète « Eins, Zwei, Drei » sur la scène de l'Eurovision 2026 à Vienne. — Quejaytee / CC BY-SA 4.0 / (source)

Mais l'invention qui l'a mené à l'Eurovision est le Kosmo, un format de synthétiseur modulaire qu'il a lui-même conçu. C'est sur cet instrument que repose intégralement la chanson « Eins, Zwei, Drei ». Sam Battle n'utilise aucun logiciel, aucun sample préenregistré : tout est joué en direct sur ses machines. Une approche radicalement organique dans un monde musical de plus en plus numérique.

Un parcours atypique

Avant d'être repéré par la BBC, Sam Battle était connu principalement dans le milieu des passionnés de synthétiseurs et des bidouilleurs électroniques. Ses vidéos YouTube, où il explique avec passion comment construire ses machines, lui ont valu une communauté fidèle mais confidentielle. Rien ne le prédestinait à représenter le Royaume-Uni à l'Eurovision, la plus grande compétition musicale du monde.

Son annonce officielle a eu lieu le 17 février 2026 sur l'émission matinale de Scott Mills sur BBC Radio 2. Depuis, le Britannique enchaîne les interviews, les répétitions et les apparitions publiques, visiblement encore sous le choc de cette nomination. « Je trouve ça complètement dingue de me lancer dans cette aventure merveilleuse et déjantée », a-t-il déclaré à NME.

Pourquoi le Royaume-Uni mise sur un outsider créatif

Le choix de Sam Battle n'est pas anodin. Il s'inscrit dans une stratégie de rupture après des années de résultats désastreux. Le Royaume-Uni, qui a pourtant remporté l'Eurovision à cinq reprises (la dernière fois en 1997 avec Katrina and the Waves), accumule les contre-performances depuis le début des années 2010.

Un historique douloureux

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 2025, le groupe Remember Monday a terminé 19e avec zéro point du public. En 2024, Olly Alexander s'est classé 18e, également sans aucun point des votes du public. Mae Muller en 2023 a fini 25e sur 26 participants. James Newman en 2021 et Michael Rice en 2019 ont tous deux terminé derniers. Seul Sam Ryder a sauvé l'honneur en 2022 avec une deuxième place remarquée.

Ces échecs répétés ont poussé la BBC à revoir sa stratégie. Plutôt que de miser sur des artistes déjà connus ou des productions calibrées pour les charts, le diffuseur britannique a choisi cette année un profil radicalement différent : un inventeur-musicien, porté par une communauté en ligne, et dont la proposition artistique ne ressemble à rien de ce qui a été vu jusqu'ici à l'Eurovision.

Un pari sur l'originalité

Look Mum No Computer, le candidat britannique à l'Eurovision, vêtu d'une combinaison rose, chante sur scène avec ses danseurs en costumes verts.
Look Mum No Computer, le candidat britannique à l'Eurovision, vêtu d'une combinaison rose, chante sur scène avec ses danseurs en costumes verts. — (source)

Sam Battle incarne cette nouvelle approche. Il ne cherche pas à plaire à tout prix au jury ou au public. Sa musique est brute, expérimentale, parfois même abrasive. Mais elle est authentique. Dans un concours où les candidats sont souvent accusés de faire du « copier-coller » des tendances pop du moment, l'Anglais apporte une fraîcheur déconcertante.

Son titre « Eins, Zwei, Drei » – qui signifie « Un, deux, trois » en allemand – est un morceau pop-électronique aux accents new wave et eighties. Scott Mills l'a décrit comme un mélange entre Basshunter, Blur, Pet Shop Boys, Human League, Verka Serduchka et les Sex Pistols. Un cocktail détonant qui pourrait soit séduire le public, soit le laisser perplexe. Mais dans les deux cas, il ne passera pas inaperçu.

« Eins, Zwei, Drei » : une chanson construite sur un synthétiseur maison

Le morceau que Sam Battle interprète ce soir à Vienne est le fruit d'un travail artisanal unique. Chaque note, chaque son, chaque effet provient exclusivement de son Kosmo, un synthétiseur modulaire qu'il a lui-même conçu et assemblé. Aucun ordinateur, aucun logiciel, aucun plugin : tout est analogique et joué en temps réel.

Une écriture collective

La chanson a été co-écrite par Sam Battle, Thomas Stengaard, Lasse Midtsian Nymann et Julie Aagaard. Sortie le 6 mars 2026, elle a rapidement attiré l'attention des médias et des fans. Les paroles, en anglais avec des passages en allemand, oscillent entre humour et mélancolie. Le refrain, répétitif et entêtant, évoque à la fois les comptines pour enfants et les tubes electro des années 2000.

Un défi technique sur scène

Sam Bartle (LOOK MUM NO COMPUTER) posant avec son matériel électronique.
Sam Bartle (LOOK MUM NO COMPUTER) posant avec son matériel électronique. — (source)

Jouer « Eins, Zwei, Drei » en direct est un véritable défi. Sam Battle doit manipuler son synthétiseur modulaire tout en chantant, un exercice d'équilibriste qui nécessite une concentration extrême. « J'espère chanter juste », confie-t-il avec humour dans 20 Minutes, conscient des risques techniques que comporte sa performance. Un seul câble mal branché, un seul potentiomètre mal réglé, et tout peut dérailler.

Mais c'est précisément cette fragilité qui rend sa prestation fascinante. À une époque où l'Eurovision est devenue un show hyperproduit, avec des chorégraphies millimétrées et des effets spéciaux grandioses, le Britannique propose quelque chose de plus brut, de plus humain. Une machine qui peut dysfonctionner, une voix qui peut trembler, un artiste qui transpire sur scène : voilà ce que Sam Battle veut montrer.

Réactions des fans : entre enthousiasme et scepticisme

Depuis l'annonce de sa candidature, les réactions fusent sur les réseaux sociaux. Les fans britanniques, habitués aux déceptions, oscillent entre espoir et résignation. Sur Twitter/X, certains saluent l'audace du choix : « Enfin quelqu'un de différent ! », « Sam Battle est un génie, j'espère que l'Europe comprendra », peut-on lire. D'autres, plus pessimistes, craignent un nouvel échec : « C'est trop bizarre pour l'Eurovision, ça va finir dernier ».

Les mèmes et parodies

Comme souvent avec l'Eurovision, les mèmes ont rapidement envahi la toile. Le Kosmo, avec ses centaines de câbles et de boutons, est devenu un sujet de plaisanteries récurrent. Certains internautes comparent Sam Battle à un savant fou, d'autres à un technicien de plateau égaré. Une vidéo TikTok le montre en train de régler son synthétiseur pendant que ses voisins de loge dansent sur des tubes pop. Le contraste est hilarant.

Du côté des fans français, l'intérêt est réel. La France, représentée cette année par la jeune Monroe et son tube « Regarde ! », pourrait bien se retrouver en compétition directe avec le Britannique pour le vote du public. Les deux artistes incarnent des approches radicalement opposées : la pop lyrique et soignée contre l'expérimentation bricolée. Un duel qui promet d'être savoureux.

Un soutien inattendu

Plusieurs artistes et personnalités ont apporté leur soutien à Sam Battle. Parmi eux, des musiciens électroniques renommés, des YouTubers, et même quelques anciens candidats de l'Eurovision. Le chanteur Sam Ryder, qui avait redoré le blason britannique en 2022, a posté un message d'encouragement sur son compte Instagram : « Représente la créativité britannique, Sam. On est avec toi ».

L'Eurovision 2026 : une édition sous tension

Cette 70e édition de l'Eurovision, qui se déroule à Vienne en Autriche, est marquée par plusieurs controverses. Plusieurs pays, dont l'Espagne, l'Irlande et la Slovénie, ont refusé de diffuser le concours pour protester contre divers aspects de l'organisation. Un boycott qui jette une ombre sur les festivités et qui pourrait affecter les votes.

Le contexte géopolitique

Comme chaque année, l'Eurovision n'échappe pas aux tensions politiques. Les absences et les boycotts rappellent que le concours, malgré son slogan « unis par la musique », reste profondément ancré dans les réalités géopolitiques. Pour le Royaume-Uni, qui a quitté l'Union européenne en 2020, chaque participation est aussi un test de son image sur le continent.

Sam Battle, lui, préfère rester en dehors de ces considérations. Interrogé sur le boycott, il a simplement répondu qu'il espérait que la musique serait plus forte que les divisions. Une position prudente, mais compréhensible pour un artiste qui veut avant tout partager sa passion.

Les favoris de l'édition

Si le Britannique fait figure d'outsider, d'autres candidats partent avec une longueur d'avance. La Suède, l'Italie et l'Ukraine sont traditionnellement bien placées dans les pronostics. La France, avec Monroe et son titre « Regarde ! », est également attendue. Mais dans un concours où les surprises sont fréquentes, rien n'est joué d'avance.

Que peut espérer le Royaume-Uni ce soir ?

La question qui brûle les lèvres de tous les fans britanniques est simple : Sam Battle peut-il ramener le Royaume-Uni dans le top 5, voire sur la plus haute marche du podium ? Les avis sont partagés.

Les atouts de Sam Battle

Son principal atout est son originalité. Dans un concours où les ballades sirupeuses et les tubes pop calibrés dominent, sa proposition détonne. Les jurys, souvent à la recherche de nouveauté, pourraient être séduits par cette approche artisanale. De plus, sa communauté en ligne, bien que moins nombreuse que celle des grandes stars, est extrêmement active et fidèle. Les votes du public pourraient surprendre.

Les risques

Mais les risques sont réels. La performance en direct est périlleuse, et une erreur technique pourrait tout compromettre. De plus, le public de l'Eurovision n'est pas toujours réceptif aux propositions trop expérimentales. Les années précédentes ont montré que les candidats « différents » peinent souvent à convaincre. Sam Battle le sait, et il l'accepte : « Je ne suis pas là pour gagner à tout prix, je suis là pour partager ma musique et mon amour de l'invention ».

Conclusion

Le Royaume-Uni a fait le pari de l'audace en envoyant Sam Battle à l'Eurovision 2026. Cet inventeur-musicien, avec son synthétiseur fait maison et son humour décalé, incarne une vision alternative de la compétition. Loin des productions aseptisées et des stratégies marketing, il mise sur l'authenticité, la créativité et le risque. Qu'il termine premier ou dernier, il aura déjà gagné quelque chose de précieux : avoir fait parler de lui et avoir rappelé que la musique peut aussi être un terrain de jeu pour les bricoleurs de génie.

Ce soir, à Vienne, Sam Battle montera sur scène avec son Kosmo, ses câbles, et son espoir de chanter juste. Et quoi qu'il arrive, il aura marqué cette édition 2026 de son empreinte unique. Comme il le dit lui-même : « Je trouve ça complètement dingue de me lancer dans cette aventure ». Et c'est précisément cette folie qui fait le charme de l'Eurovision.

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Questions fréquentes

Qui est Look Mum No Computer à l'Eurovision 2026 ?

Look Mum No Computer est le pseudonyme de Sam Battle, un artiste électronique et inventeur britannique qui représente le Royaume-Uni à l'Eurovision 2026 à Vienne avec son titre « Eins, Zwei, Drei ».

Quelle chanson Sam Battle chante-t-il à l'Eurovision ?

Sam Battle interprète « Eins, Zwei, Drei », un morceau pop-électronique aux accents new wave et eighties, entièrement joué sur son synthétiseur modulaire fait maison, le Kosmo.

Pourquoi le Royaume-Uni a-t-il choisi Look Mum No Computer ?

Le Royaume-Uni mise sur un outsider créatif pour rompre avec des années de mauvais résultats à l'Eurovision, après des échecs comme la 19e place en 2025 ou la dernière place en 2021.

Quelles sont les inventions de Look Mum No Computer ?

Sam Battle est connu pour ses inventions loufoques comme un orgue composé de 44 Furbies, un synthétiseur modulaire géant appelé Megadrone, et le Kosmo, le synthétiseur utilisé pour sa chanson à l'Eurovision.

Sources

  1. bbc.co.uk · bbc.co.uk
  2. en.wikipedia.org · en.wikipedia.org
  3. en.wikipedia.org · en.wikipedia.org
  4. fr.news.yahoo.com · fr.news.yahoo.com
  5. nme.com · nme.com
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Noémie Garbot @fresh-sounds

Je trouve les artistes avant qu'ils explosent, c'est mon superpouvoir. Étudiante en musicologie à Montpellier, j'écume SoundCloud à 2h du mat' pour dénicher la prochaine pépite. Mon algorithme Spotify est complètement cassé à force de lui faire écouter des trucs obscurs. Je vais à tous les concerts de petites salles, je connais les programmateurs par leur prénom. Quand un artiste que j'ai découvert passe à la radio, je dis « je l'écoutais avant » sans aucune honte.

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