
Tracklist de Powerslave
- Aces High
- 2 Minutes to Midnight
- Losfer Words [Big O'rra]
- Flash of the Blade
- The Duellists
- Back in the Village
- Powerslave
- Rime of the Ancient Mariner
Line-up sur Powerslave
- Bruce Dickinson – chant
- Adrian Smith – guitare rythmique
- Dave Murray – guitare lead
- Steve Harris – basse
- Nicko McBrain – batterie

Digne successeur du mythique Piece of Mind, Powerslave avait la lourde tâche de confirmer ce statut emblématique. La recette ne change pas : une structure basique avec un classique couplet/refrain abordé judicieusement, agrémenté d'un solo tout aussi délectable que le reste. Iron Maiden n'est pas un groupe culte pour rien.
Sous le signe de l'Égypte (avec une pochette très réussie aux traits si caractéristiques d'Eddie, la mascotte du groupe), cet album n'en porte pourtant pas vraiment les sonorités. Même le mode phrygien, sonnant pourtant oriental, aurait pu être exploité par les solos de Murray ; il n'en est rien. Mais rassurez-vous : la chanson-titre possède quand même un riff mythique aux sonorités égyptiennes.
Aces High : une ouverture monumentale
On commence les hostilités par « Aces High », hymne monumental du groupe qui sera repris par des tonnes de groupes. Autant le dire tout de suite, ce n'est pas pour rien. La patte de Maiden (et de Harris) y est toujours pour quelque chose. Le charme de cette chanson provient avant tout du chant de Dickinson, qui place haut son timbre pour un refrain d'une efficacité redoutable. Avec ce titre, Maiden prouve n'avoir rien perdu de son inspiration. Avouons-le… C'est jouissif !
2 Minutes to Midnight : le meilleur single de Maiden ?
Que dire du très commercial mais néanmoins efficace « 2 Minutes to Midnight », qui recèle peut-être le meilleur refrain de Maiden ? Décidément ancré dans la mémoire du public, ce refrain n'est pas ultra-inventif mais a le don d'être comme un plaisir déjà vu. On s'amusera à chanter les paroles de Dickinson d'un anglais très solennel, avec des textes traitant d'histoire qui ne manquent pas de montrer la culture des Britanniques. Le riff débordant d'ingéniosité, simple et efficace. On peut affirmer que cette chanson est le meilleur single de Maiden sans pour autant tomber dans le péjoratif.

Losfer Words : une instrumentale réussie
« Losfer Words [Big O'rra] » est une instrumentale qui dépote. Sans pour autant tétaniser, tout est maîtrisé à la perfection pour séduire même les auditeurs les plus réticents. Ce titre ne propose pas de solos très techniques, mais des bends très bien placés, parfaitement mélodieux, et une basse ultra présente comme à son habitude. C'est loin d'être un instrumental très ingénieux, mais comme le reste du disque, c'est facilement écoutable et très appréciable.
Flash of the Blade et Back in the Village : le point faible de l'album
Le reste s'essouffle un peu. On entre dans le très facile avec « Flash of the Blade », qui proposait pourtant un riff à couper le souffle. Mais ce souffle n'est que de courte durée, car le refrain reste d'une qualité peu appropriée au niveau des autres compositions de Maiden. En plus de proposer le côté très classique du groupe, on a un chant quasi monotone – étrange quand on connaît l'intonation exceptionnelle de Dickinson.
« Back in the Village », suite de « The Prisoner », ne relève pas le niveau. Certes, la chanson assure une excellente qualité, mais elle est loin de détrôner l'ancienne avec une simplicité hors du commun. Ensuite, « The Duellists », même s'il possède une partie instrumentale intéressante, ne procure pas de frisson et reste très spécifique à Maiden. Des titres qu'on ne pourrait pas qualifier de mauvais, mais de déjà-vu.
Production et jeu des musiciens
La production est un cran au-dessus au niveau de la batterie. Le point intéressant : la mise en avant de la basse, et on ne s'en plaindra pas. Le niveau et le jeu de maître du compositeur de génie Harris sont exceptionnels. Le son des guitares n'est pas exceptionnel, mais le jeu si caractéristique de Murray et de Smith en couvre les défauts.
Powerslave et Rime of the Ancient Mariner : les joyaux de l'album
On entre ensuite dans le vif du sujet avec deux titres hors du commun. « Powerslave » me semble être un titre négligé. Il ne possède pas de lignes de chant ultra-efficaces comme Dickinson nous a habitués, mais il fait honneur aux musiciens talentueux que sont les Maidens. Tout d'abord, le riff d'une qualité déconcertante avec une basse ultra présente qui met en avant le thème de l'album : l'Égypte. Ensuite vient la partie instrumentale qui, ma foi, est un cadeau du ciel. Tout est joué avec dignité et ingéniosité, avec un solo de guitare disposé en trois parties : une première qui accentue l'harmonie et la douceur, ensuite la remontée subliminale, et enfin l'explosion technique.
Vient ensuite la piste phare, du jamais vu chez Maiden : 13 minutes de bonheur avec « Rime of the Ancient Mariner », où Dickinson met en musique un texte de Samuel Taylor Coleridge. C'est la chanson la plus progressive de Maiden, divisée en trois parties : une première qui déboule sur un rythme efficace propre au groupe avec des lignes de chant magistrales, une deuxième où Dickinson fait de la narration sur un arrière-son de basse inquiétant, puis un solo qui enchaîne sur une troisième partie dans la continuité de la première.

Un album qui, malgré ses abus d'efficacité et ses deux-trois défauts, ne gagne pas son statut culte pour rien.
Note : 15/20
Morceaux préférés :
- Aces High
- 2 Minutes to Midnight
- Powerslave
- Rime of the Ancient Mariner