
Tracklist de Reroute to Remain
- Reroute to Remain
- System
- Drifter
- Trigger
- Cloud Connected
- Transparent
- Dawn of A New Day
- Egonomic
- Minus
- Dismiss the Cynics
- Free Fall
- Dark Signs
- Metaphor
- Black and White
Line-up
- Anders Fridén [Chant]
- Björn Gelotte [Guitare]
- Jesper Strömblad [Guitare]
- Peter Iwers [Basse]
- Daniel Svensson [Batterie]

Un tournant stylistique radical pour In Flames
En voilà un passage bien déroutant pour In Flames, l'un des groupes les plus emblématiques du death mélodique aux origines thrash/heavy. Sur cet album, toute cette âme semble avoir disparu et je ne fus pas le premier fan à en être surpris. Au début, on s'accroche facilement aux morceaux, tous plus satisfaisants les uns que les autres de par leur ton accrocheur. Pourtant, on regrette déjà le In Flames qui savait créer une musique extrême de qualité.
Une orientation controversée vers le Neo Metal
Et c'est vrai, tout sonne horriblement New Rock, Neo Metal. Une musique très superficielle qui veut se faire accrocheuse avec une multitude de riffs simples et une voix excellente. Car on ne peut le nier, la voix de Fridén a indéniablement évolué, mettant en valeur les qualités de sa voix claire. On peut l'apercevoir sur des titres comme « System » qui offre une quantité de riffs intéressants et une voix terriblement accrocheuse, presque mélancolique sur des breaks somptueux. Celle-ci aurait pu être très supportable si Fridén n'en abusait pas tout au long de l'album. Oui, car il délaisse complètement son timbre black/death pour s'approcher de hurlements plus proches de ceux de Chino Moreno des Deftones.
Le groupe s'est modernisé d'une manière générale selon le désir de Fridén, laissant In Flames devenir « Fridén's band ». Les guitares sont beaucoup moins intéressantes et techniques qu'auparavant. Certes, quelques riffs restent intéressants mais on est loin des riffs accrocheurs et passionnés que sont « Jotun », « Embody the Invisible » ou « Moonshield ». De plus, on est perturbé par l'absence totale de bons solos — les seuls présents se résument à quelques notes aiguës en vrac.
Des refrains et claviers envahissants
In Flames se met à l'abus de refrains. Les moins inspirés sont au rendez-vous, citons celui de « Trigger » qui n'est d'aucune efficacité et s'avère même ennuyeux, tant la technique du chant hurlé doublé du chant clair sera utilisée tout au long de l'album. Les claviers sont beaucoup plus apparents que sur les albums précédents, comme sur le techno « Cloud Connected » presque indus, électro méprisable par ses influences neo metal. Et puis bon, pourquoi ne pas relever ce refrain inintéressant... Vraiment aucune âme...

Des compositions en demi-teinte
Jesper laisse le travail à Björn, les compositions sont d'une efficacité déplorable. Lui qui était l'âme d'In Flames, instigateur du death mélodique, se contente de repos et de simplicité et donne un travail qui sera gâché par Björn qui se laisse totalement prendre par les envies d'Anders.
In Flames se met même aux ballades et celles-ci sont d'une insipidité incomparable. Il n'y a même pas une mélodie de guitare recherchée, et la voix se fait épouvantablement molle sur des couplets simples et des refrains ratés.
Les points forts de l'album
Il y a une chose qui reste à la hauteur du In Flames : les paroles, qui sont d'une très bonne recherche comme d'habitude, issues de l'esprit tourmenté d'Anders Fridén.
Certes, quelques titres restent bien péchus et malgré tout dans l'esprit de In Flames, comme l'endiablé « Minus » où le refrain se fait mélodique avec ses nappes de claviers surprenantes et une voix de Fridén enjôleuse. Et puis vient la double pédale qui s'entrechoque parfaitement avec le reste de la chanson. « Dark Signs » est aussi assez bonne avec des riffs qui donnaient une bonne impression, mais malheureusement un refrain horrible vient tout gâcher à cause de ce chant hurlé d'une puanteur excessive.
Verdict final : un album qui divise
L'album signe une nette séparation avec les débuts. In Flames n'est plus ce qu'il était et risque de s'inscrire facilement auprès de groupes tels que Slipknot ou Linkin Park qui, sans une production béton, n'auraient aucune originalité. Certains seront nostalgiques comme moi et d'autres accepteront la facilité et la superficialité.

Note : 6/20
Morceaux préférés :
- System
- Minus