
Tracklist de l'album At the Heart of Winter
- Withstand the Fall of Time
- Solarfall
- Tragedies Blows at Horizon
- Where Dark and Light Don't Differ
- At the Heart of Winter
- Years of Silent Sorrow
Line-up sur l'album
- Abbath [Guitare/Chant/Basse]
- Horgh [Batterie]

Un virage musical marquant pour Immortal
Un virage bien serré est effectué par le combo norvégien après un Blizzard Beasts trop rapide et linéaire. Immortal nous revient avec un album frais et abouti.
Quelques changements ont mené le groupe à ce disque. D'abord, le fait que le trio ne soit plus qu'un duo, sans Demonaz, qui pourtant menait la musique avec de nombreux riffs inspirés. Le groupe ne rassemble désormais plus qu'Abbath, cœur corrompu de l'hiver, et Horgh, troll des plaines glacées parcourant son kit avec plus de furie qu'avant.
Les textes sont cependant toujours assurés par Demonaz, qui s'éloigne des stéréotypes occultes et sataniques du black metal pour laisser place à son amour pour la nature norvégienne.
Une pochette emblématique
Autre changement : le groupe n'apparaît plus sur la pochette, et cela lui réussit. Réalisée par un Français (comme quoi il n'y a pas que les Scandinaves qui soient bons), elle est magnifique avec ce palais morbide au milieu d'un fjord où s'abattent tempêtes et éclairs.
Mais on ne renie pas la coutume propre au professionnalisme ridicule d'Immortal : le livret est garni de photos où l'on retrouve nos compères toujours aussi pittoresques dans leurs positions de loups affamés et leur maquillage grossier.
Des compositions heavy et musclées
Aujourd'hui, Abbath s'occupe seul du chant, de la basse, de la guitare et même des claviers !
Les compositions sont musclées et différentes de ce que le groupe a pu faire auparavant. Le black au sens propre du terme n'est plus présent. Bien sûr, il y a la voix d'Abbath, la froideur des riffs et la double pédale qui font la signature du groupe, mais le tout sonne plus épique et heavy. Immortal propose un heavy black totalement dévastateur avec des riffs secs, rapides et précis, martelés sur la dernière corde de la guitare.
Même si Abbath maîtrise moins bien la six cordes que son prédécesseur, il met tout de même une belle conviction dans ses riffs. On obtient ainsi d'excellents riffs penchant vers le thrash par moments, comme sur le costaud « Where Dark and Light Don't Differ » ou sur « Solarfall ».
La voix d'Abbath n'a pas changé. Si caractéristique, avec son dialecte croassé aussi bien que par un amphibien, sa voix donne à Immortal encore plus d'originalité.

Des morceaux catchy et épiques
Immortal envoie de vrais gros morceaux catchy comme « Solarfall » avec ses parties claires si mélodieuses, ou « Where Dark and Light Don't Differ » où la voix d'Abbath est découpée par de multiples effets plutôt ratés. Une grande variété de riffs se fait entendre, mais les compositions ayant un même fil conducteur, il faudra beaucoup de temps pour découvrir la mélodie de chacun.
Les chansons épiques sont au rendez-vous avec pas mal de diversité. Les changements de rythmes sont très présents, comme sur « Withstand the Fall of Time » ou « Tragedies Blows at Horizon » (avec une belle écorchure de la langue anglaise).
Horgh maîtrise son kit avec plus de classe, avec de multiples blasts et une pédale mieux maîtrisée, mais son jeu n'est cependant pas d'une grande originalité malgré son efficacité. Les titres dépassent les 6 minutes et pourtant, il n'y a pas de sensation de remplissage.
Abbath nous offre quelques passages mélodiques avec des plages de guitare claire pour donner une impression d'apesanteur, par exemple sur le très épique « At the Heart of Winter ».
Le titre éponyme : point culminant de l'album
Parlons justement de ce titre éponyme qui est, à mon avis, le meilleur de l'album. Il commence sur de fins claviers et quelques arpèges de guitare où souffle un froid hivernal ; puis le titre éclate !
Tout y est parfait. Les riffs se décortiquent d'une puissance indéterminable nous plongeant dans une véritable boucherie. Les parties mélodiques sont un vrai plaisir et la voix d'Abbath déchire tout en hurlant son « You're at the heart of winter ». Même un solo y est présent — c'est pour dire l'effort qu'ont mis Immortal dans cette chanson. Même s'il n'est pas d'une grande qualité technique, il nous prouve le feeling d'Abbath sur cet instrument.
Dommage que la chanson crée un si grand écart par rapport aux autres, car elle est très inhabituelle dans l'esprit d'Immortal.
Conclusion sur At the Heart of Winter
La fin du disque est plutôt moyenne, s'accordant à l'ambiance de l'album. Si ce disque n'a pas de réels défauts, ce n'est pas non plus un hangar de qualités. On regrette le côté homogène de celui-ci et le fait que le black soit un peu délaissé. Mais qu'importe, Immortal nous gratifie d'un disque superbe dont on se doit d'abuser.

Note : 15,5/20
Morceaux préférés :
- Withstand the Fall of Time
- Solarfall
- Where Dark and Light Don't Differ
- At the Heart of Winter