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Musique

Ian Gillan (chanteur de DEEP PURPLE)

Découvrez la carrière solo méconnue de Ian Gillan après Deep Purple : de l'expérimental Ian Gillan Band au hard rock incandescent de Gillan, une discographie passionnante qui mérite d'être redécouverte !

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Je ne vous ferai pas l'injure de revenir sur sa carrière avec Deep Purple, tout le monde connaît l'histoire par cœur. Mais ce que l'on sait moins, c'est qu'après le départ de Ian Gillan et Roger Glover de Deep Purple en 1973, Ian Gillan s'est lancé dans une carrière solo en tout point brillante, passionnante, extrêmement créative, et bien plus intéressante que ce qu'a pu faire Ritchie Blackmore avec Rainbow (mais c'est juste mon avis). Mais pourquoi diable les gens ne s'intéressent-ils qu'à Rainbow et pas aux albums de Ian Gillan ? C'est un mystère pour moi.

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Ian Gillan Band : les débuts expérimentaux (1974-1978)

Ian Gillan sortira 3 albums à cette époque : Child in Time, Clear Air Turbulence et Scarabus + un album live (Live at Budokan).

Ian Gillan et son groupe étaient très créatifs, n'hésitant pas à mélager rock progressif, jazz et un peu de heavy metal quand même. Cette période n'est pas toujours très appréciée des fans de Deep Purple, car elle est assez spéciale, très expérimentale.

Voilà un aperçu de ses différents albums, j'espère qu'il sera assez clair, sans être trop rébarbatif (je ne fais pas de chroniques de chaque album, ce serait bien trop long).

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Child in Time (1975)

Pas très original comme titre, Child in Time est un peu la suite logique du décrié Who Do We Think We Are de Deep Purple, en plus rythmé, plus rock et en plus jazzy toutefois. C'est juste un bon album, les compos ne sont pas extraordinaires.

Il y a une reprise de « Child in Time » aussi, mais la musique a été totalement modifiée. C'est repris façon ballade guimauve ici. Seules les lignes de chant demeurent identiques. J'aime pas trop cette version d'ailleurs, celle de Deep Purple était de toute façon intouchable !!!

Clear Air Turbulence (1976)

Là, les choses sérieuses commencent. Clear Air Turbulence est le plus expérimental de tous, très influencé par le jazz et le rock progressif. Un album très technique : Ian Gillan utilise une voix très rauque en adéquation avec les rythmiques syncopées de la section basse-batterie. Sa voix peut être vue comme un instrument supplémentaire contribuant au rythme, plus que comme un véritable chant.

Il faut être dans le trip. Moi, je sais qu'il y a des passages sublimes là-dedans, même si certains solos de claviers ou de guitares me laissent de marbre. Cela n'empêche pas que les chansons sont très énergiques, très rythmées et elles dégagent une de ces patates ! C'est différent de Deep Purple, ça a dérouté de nombreux fans, mais c'est pas inintéressant pour autant.

Scarabus (1977)

Moins complexe, plus accessible et plus rock que Clear Air Turbulence, Scarabus se veut rassurant. Les musiciens se sont bien calmés dans les délires techniques, et des chansons comme « Twin Exhausted » ou « Mercury High » possèdent un groove formidable, ça dépote à fond, place à l'essentiel. « Scarabus » est également superbe, plus mélodique, peut-être même psychédélique.

Live at the Budokan (1978)

Pour clôturer cette 1ère période sort ce double live enregistré au Japon… hé oui, la musique hyper speedée du Ian Gillan Band ne pouvait que plaire aux Japonais. Ce live ne restera pas dans les annales comme un Made in Japan, mais il n'en reste pas moins intéressant.

Certains solos à rallonge de claviers et de guitares sont parfois ennuyeux, mais globalement l'énergie est bien présente. Et les reprises de Deep Purple sont géniales (à part « Child in Time »)… « Smoke on the Water » et « Woman from Tokyo » repris de façon jazzy, ça vaut le coup !!!

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Gillan : l'âge d'or du hard rock (1978-1982)

Après le live, Ian Gillan abandonnera l'idée de devenir un chanteur de jazz et il choisira de complètement modifier son line-up. Ne restera que le claviériste Colin Towns, ce dernier a poussé Ian Gillan à revenir à ses racines heavy metal et rock. S'ensuivront 5 albums fabuleux, des tueries absolues qui gagneraient à être davantage reconnues en France. C'est sans problème ma période préférée de toute la carrière solo de Ian Gillan et pour tout dire, je préfère même certains albums de Gillan à ceux de Deep Purple.

De toutes les carrières solos qui ont émergé après le split de Deep Purple en 1977, Gillan (le groupe) est certainement celui qui a réussi à conserver le mieux l'esprit du Deep Purple mark 2.

Mr. Universe (1979)

Mr. Universe : un classique du hard rock, à ranger aux côtés de Heaven and Hell (Black Sabbath), Number of the Beast (Iron Maiden) et Wheels of Steel (Saxon). Essayez, vous verrez !!!

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Glory Road (1980)

Avec Bernie Tormé à la guitare (qualifié de guitar-hero punk… !!!), Gillan continue d'exceller dans un heavy rock moderne et sévèrement burné (certains titres comme « Unchain Your Brain » sont presque aussi speeds que du Motörhead). Glory Road est très varié, parfois bluesy (« If You Believe Me »), plus mélodique avec les claviers (« Time and Again ») ou très rock où l'on reconnaît des liens évidents avec Deep Purple (« Sleeping on the Job »). Indispensable !

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Future Shock (1981)

Gillan était hyper productif et il arrivera bien un moment où un léger manque d'inspiration se fera sentir. Future Shock n'apporte rien de nouveau par rapport aux 2 albums précédents, les titres speeds ne sont pas toujours très inspirés. Gillan est en roue libre, mais ça n'empêche pas Future Shock d'être un bon album, avec des moments jouissifs (la reprise du standard rock'n'roll « New Orleans » ou la superbe ballade « If I Sing Softly »).

Cette redite finira par lasser le guitariste Bernie Tormé qui quittera le groupe et se lancera dans une carrière solo (son 1er album solo, Turn Out the Lights, dans la lignée du style de Gillan en plus punk, vaut le détour !!!).

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Double Trouble (1981)

Bernie Tormé est remplacé au pied levé par… le désormais célèbre Janick Gers (ex-White Spirit et futur Iron Maiden). Janick a lui aussi un style un peu « brouillon » et punk qui correspond à merveille au style de Gillan… mais moins au style plus technique d'Iron Maiden, c'est une autre histoire !!!

Double Trouble est un album mi-live mi-studio ! La partie studio marque une évolution vers un style plus édulcoré, teinté de FM par moments (mais pas autant que le Rainbow période Joe Lynn Turner, heureusement), et ce bol d'air frais fait un bien fou à toute la troupe.

Ian Gillan hurle comme un possédé sur tout l'album. C'est avec son groupe Gillan que l'on trouve ses lignes de chant les plus mélodiques qui soient (on est loin du chant monocorde de In Rock). Et il se lâche aussi sur un long morceau de rock progressif de 10 minutes (« Born to Kill »).

Quant à la partie live, elle est fantastique, elle rivalise sans problème en intensité avec le cultissime Made in Japan de qui vous savez. Les classiques de Gillan en live sont vraiment boostés par rapport aux versions studios, et agrémentés de parties de piano sublimes de la part de Colin Towns (l'intro de « No Easy Way »). À noter la ballade powerful « Mutually Assured Destruction » qui me fout à chaque fois le grand frisson.

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Magic (1982)

2ème et dernier album de Gillan avec Janick Gers, il voit le retour vers un style plus heavy que la partie studio de Double Trouble, tout en gardant une musique très colorée avec les claviers de Colin Towns.

Rien de bien nouveau n'est apporté ici, mais Gillan formait un vrai groupe où tout le monde pouvait participer, ce qui permet de garder une grande cohésion et une certaine fraîcheur à la musique.

Une reprise poignante de Stevie Wonder (« Living for the City »), du progressif (« Demon Driver ») et 2 compos de Janick Gers, les plus heavy, comme par hasard (le speed « What's the Matter » et son riff blackmorien, ainsi que le très heavy « Bluesy Blue Sea » où l'on retrouve quelques plans que Janick utilisera plus tard sur… « Fear Is the Key » d'Iron Maiden). Un très bon album.

La fin chaotique du groupe Gillan

L'aventure du groupe GILLAN se terminera mal ! Pour résumer, Ian Gillan est contraint d'annuler la fin de la tournée Magic à cause de ses problèmes de cordes vocales.

Donc pendant 9 mois, les autres musiciens sont priés de patienter, le temps que Ian Gillan récupère. Pour un groupe habitué à des tournées intensives et à sortir un album par an, devoir attendre neuf mois apparaît comme une éternité. À ce moment-là, le groupe n'a toujours pas splitté officiellement.

Et même si une reformation de Deep Purple apparaît inévitable depuis plusieurs années, le succès des carrières respectives de chacun (Ritchie Blackmore et Roger Glover avec Rainbow, Jon Lord et Ian Paice avec Whitesnake) ne fait que la retarder. Et lorsque les musiciens de Gillan apprendront quelques mois plus tard à travers la presse que Ian Gillan a rejoint Black Sabbath, sans jamais avoir été contactés directement, ils l'auront mauvaise, c'est le moins qu'on puisse dire. Ils essaieront même de continuer le groupe… sans Ian Gillan, mais ils ne trouveront jamais de remplaçant à la hauteur.

À l'heure actuelle, les anciens musiciens de Gillan font toujours la tête à Ian Gillan, à part Janick Gers qui est resté en bons termes avec lui.

Et la suite tout le monde la connaît : reformation de Deep Purple en 1984 avec Perfect Strangers… il faut préciser qu'en solo, Ian Gillan avait encore une putain de voix et malheureusement, avec Deep Purple en 1984, cette reformation provoquera le vieillissement le plus rapide de toute l'histoire du hard rock. Deep Purple, un groupe jeune et moderne dans les années 70… un groupe de papys dans les années 80, avec un Ian Gillan poussif au possible, chantant presque faux par moments (J'adore Perfect Strangers, mais bon, Ian Gillan chante trop mal dessus… la faute à Ritchie Blackmore et ses compos trop vieillottes, non adaptées à la voix de Ian Gillan ? Sûrement). Quel gâchis ;o( !!!!

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Le retour en solo de Ian Gillan (1988-1992)

Après une petite récréation en 1987 sur l'album ACCIDENTALLY ON PURPOSE, sorti sous le nom GILLAN - GLOVER avec son ami Roger Glover, Ian Gillan finira par se faire virer de Deep Purple en 1988.

Accidentally on Purpose est un album rock au sens large, une parfaite BO du Club Med tellement c'est de la soupe. On y trouve du blues piano-bar basique, à peine du niveau d'un groupe amateur, et même un reggae hilarant (car tellement pitoyable) ou quelques titres électro typés années 80, genre Peter Gabriel, le talent en moins. Une chanson est même apparue dans la BO du film Rain Man !!! Gillan et Glover ont fait ce disque pour le fun, pour déconner, enfin j'espère pour eux, ce sont de sacrés déconneurs !!!

1988, Ian Gillan est viré sans ménagement de Deep Purple et ses anciens collègues de l'époque ne seront pas très tendres envers lui, notamment à cause de ses mauvaises prestations scéniques. Un épisode douloureux sur lequel Deep Purple préfère ne pas trop s'attarder maintenant.

Livré à lui-même pour la seconde fois (la première étant après son départ de Deep Purple en 1973), Ian Gillan sortira 2 excellents albums solos (Naked Thunder et Toolbox). Il était même hors de question pour lui de réintégrer Deep Purple.

Naked Thunder (1990)

Ian Gillan a encore de la voix et tient à le faire savoir ! Quand il n'est pas dans Deep Purple, ses performances vocales sont hallucinantes. Naked Thunder est un album de hard FM sympathique, avec pas mal de claviers-synthés, très énergique et bien écrit.

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Toolbox (1991)

Alors là, attention, grosse tuerie ! Gillan se met au hard US (il n'y a quasiment pas de claviers sur ce disque) et place aux gros riffs juteux avec le guitariste Steve Morris (ex-Y&T). Mélodique quand il faut (« Hang Me Out to Dry »), parfois très heavy, ou du big rock (« Toolbox ») et des passages parfois bluesy (« Dancing Nylon Shirt »). Ian Gillan pousse ici ses hurlements les plus aigus de toute sa carrière, quelle voix… on a du mal à croire que c'est le même chanteur qu'on retrouvera 2 ans plus tard sur The Battle Rages On.

Après une tournée pour Toolbox, retour chez Deep Purple pour un album pataud (The Battle Rages On), malgré quelques bons titres (« Solitaire », « Anya »). La suite, tout le monde la connaît.

Ian Gillan a également sorti un album solo en 2000, mais ne l'ayant jamais écouté (très mal distribué faut dire), je ne pourrai pas en parler.

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fishbowlman
David Doigneau @fishbowlman
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