
De "Dégouts et des couleurs" à "Il faut repeindre le monde... En noir"
"Dégout et des couleurs" est la première démo du groupe, vendue à 100 exemplaires durant la mini tournée d'un weekend (9/10/11 novembre), qui fait un peu simple, car ne possédant qu'une pochette plastique et gravé sur un CD "vierge" contenant 4 titres. On lance le disque, première chanson, "Mon rat s'appelle Judas", et là, on voit tout de suite le changement : le style a évolué, moins ska, plus "punk", mais textes toujours aussi décalés, que du bonheur ! La seconde chanson, "Être une femme", a un style différent de la première, basse plus présente, gratte moins "rythmique", bref, c'est encore meilleur. Troisième et avant-dernière chanson : "Le Pendu", une chanson débilo-bourrine à souhait finissant en skacore, avec une petite référence aux Betteraves. Et pour finir, "Zwibir 2", une reprise de "Zwibir" des Betteraves, plus puissante et rapide, mais moins intéressante que le reste de la démo. En clair une bonne démo d'un groupe au style "j'fais des chansons non sérieuses avec 4 accords", qui plaira aux fans des Betteraves et qui pourrait convaincre ceux qui n'aimaient pas. On regrette seulement que certaines compos comme "Sur le trottoir", "La fin suffira", et les quelques reprises chantées pendant la tournée (L5, Superbus, Khaled, Alizée... Satiriques bien sûr) ne soient pas sur la démo. Pour finir, et c'est une bonne initiative, la démo est disponible sur leur site.
Après quatre ans de bons et loyaux services et une signature en major, Les Betteraves ont mis la clé sous la porte il y a deux ans. Depuis, ils ont ressuscité sous le nom de Guerilla Poubelle, rejoint le label punk français Crash Disques, et reviennent avec "Il Faut Repeindre Le Monde" (2005), un disque fort en gueule et en énergie, qui prend toute sa signification en ces périodes d'instabilité que peut connaître la France.
Ces deux ans n'auront pas paru bien long, tant le groupe, activiste de surcroît, a fait parler de lui par le biais de splits, démos, compilations, par la mise à profit du média imparable qu'est devenu Internet. Reprenant dignement l'héritage punk franchouillard laissé par les nantais de Zabriskie Point, lorgnant aussi vers les références que sont devenues Operation Ivy et Rancid, Guerilla Poubelle incarne une scène pourtant essoufflée, celle du punk chanté en français. Une bien belle occasion de se mettre dans les oreilles quelques textes caustiques ("une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion"), sans retenue ("j'aurais bien déchiré un drapeau américain mais j'ai perdu mes mains"), posés sur des compos expédiées en deux ou trois minutes. Le tout sans grosse production, délaissée au profit d'une belle spontanéité et d'une convaincante crédibilité, et ponctué par quelques gimmicks téléphonés mais propres au genre. Car à l'écoute de "Il Faut Repeindre Le Monde" (et notamment des titres "La Fin Suffira", "Demain Il Pleut", "Finir Sans Raison", de l'hymne "Culture Poubelle"), on pense pour une fois à autre chose qu'aux stéréotypes du punk à chien français.
Le groupe s'applique donc à baigner ses mots dans le fun, à pousser une scène vers le haut tout en restant fidèle à ses principes. Guerilla Poubelle, c'est comme un vent d'air frais, et une bande de jeunes branleurs qui pourrait bien porter une nouvelle génération en recherche d'identification. "Et ne levez pas les yeux au ciel, vous risqueriez de marcher dans la merde". Nous voilà rassurés... Et conquis.
Pour en finir "sans raison"
Guerilla s'impose sans problème sur la scène punk française, un punk violent mêlé de passages rythmés, on voit la vie en vert grâce à ce "trio à quatre" (dixit Till dans l'interview donnée sur la radio Konstroy).
Ils nous balancent à la gueule une première démo, et à la première écoute on se demande si cela vient bien de quatre jeunes trouduc's, et on a la confirmation plus tard avec "Il Faut Repeindre Le Monde... En Noir".
Tout simplement à écouter : c'est bon, c'est fin, ça se mange sans faim.