
Il est vrai que ce groupe a le don de déchaîner les foules, ne serait-ce que par le look singulier de ses membres et de ses clips. Ça en jette un max de voir ces mecs dessinés avec un profil simiesque au possible, incarnés par les personnages 2D, Murdoc, Noodle et Russel. Ce concept de groupe de virtuel, imaginé par Jamie Hewlett et Damon Albarn, ajoute une dimension fascinante à leur univers.
Toutefois, les petits gars de Slipknot (qui sortent un nouvel album fin août) le savent bien : un aspect dérangeant ou visuellement attractif ne suffit pas à faire de la bonne musique. Et là, Gorillaz nous comble. Ils jonglent entre tous les genres, prenant le meilleur de chacun pour les mélanger à leur sauce. Ils fusionnent ainsi allègrement hip-hop, rock et musique électronique, créant des sonorités riches et variées. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le mélange de tous ces genres donne une musique novatrice, très agréable à écoute.
Bien sûr, on retrouve la patte des précédents projets des membres. Ainsi, le chanteur Damon Albarn est issu de la formation anglaise Blur, et sur certaines chansons, sa voix « sonne » comme dans les titres de Blur. De son côté, le producteur Dan "The Automator" apporte une touche electro indispensable qui donne au disque son rythme entraînant. On note aussi la présence de l'inimitable Del tha Funkee Homosapien sur le tube "Clint Eastwood", qui ajoute une couche de rap authentique.
Mais dans l'ensemble, on ne peut pas dire que Gorillaz appartient à tel ou tel genre musical, car le groupe est vraiment à la croisée de toutes les musiques envisageables. Cela rend le groupe accessible à la majorité (qui a crié au marketing ?). Que l'on soit fan de rap, de punk ou d'électro, il y a de grandes chances pour que cet album vous enchante.
Gageons que Gorillaz va devenir un grand nom de la scène musicale internationale, mais attendons le prochain album pour avoir confirmation de leur longévité.