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Musique

Gamma Ray

Gamma Ray est un géant du power méconnu. Plaidoyer pour l'une des meilleures formations métal des années 90 avec Kai Hansen.

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Et si d'aucuns me demandent pourquoi cette formation n'est pas plus connue, je répondrai volontiers que c'est parce qu'il s'agit d'un groupe allemand, mais ne chantant pas en allemand (toute allusion à un groupe de métal indus teuton et commercial ne serait que pure coïncidence).

C'est peut-être aussi parce que ce groupe est arrivé à un moment aussi peu propice que celui voyant l'émergence de la nouvelle vague grunge, alors que de l'autre côté de l'Atlantique, Metallica scellait la mort du trash en sortant son Black Album.

Mais si je me permets d'apporter ma modeste contribution à la reconnaissance de ce groupe, c'est bien parce qu'il me semble objectivement être l'une des toutes meilleures formations de la décennie 90, toutes branches métalliques inoxydables confondues. Dépourvu de toute connaissance technique musicale et guitaristique, c'est d'un cœur léger que je me lance dans non pas une critique, mais un plaidoyer, que j'espère convaincant.

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## Le groupe et ses membres

Prestigieux pour tous ceux s'intéressant au métal, je ne pouvais pas passer complètement à côté. Le long de la carrière du groupe, il a néanmoins pas mal évolué (syndrome Stratovarius). Je vais citer entre autres :

  • Ralf Scheepers (sur les 3 premiers albums), chanteur halfordien déjanté.
  • Henjo Richter (guitariste actuel).
  • Dan Zimmermann, batteur bourrin mais au feeling sans faille.
  • Herr Kai Hansen, Leader, actuel chanteur, et guitariste, principal compositeur, ex-Helloween (et là tout est dit).

Vous me direz, ce n'est pas parce que les membres sont bons, ne serait-ce que techniquement, que leur produit se révélera agréable à l'écoute.

L'image donnée par le groupe est celle d'une bande de déconneurs sympathiques (cf l'intérieur de la pochette Insanity and Genius), et les quelques interviews d'Hansen que j'ai eu l'occasion de lire montrent un personnage dont la principale préoccupation est de se faire plaisir en produisant de bonnes chansons, point à la ligne. Ainsi Hansen décrivait son album Powerplant comme une boule d'énergie capable de sortir l'auditeur de sa morosité, de le faire positiver. Il ne s'agit donc pas d'attendre de ce groupe qu'il sorte une chanson dans la veine « la vie est pourrie et le monde part en vrille, forniquez et foutez-moi tout en l'air ».

Seul bémol : deux ou trois réflexions alter-mondialistes un peu lourdingues au sein des interviews, mais dans l'ensemble, le groupe a l'air de se concentrer avant tout sur son art sans chercher à se faire la bannière de quelque mouvement idéologique ou de quelque politique que ce soit, et c'est tout à son honneur.

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## Qu'est-ce que le speed métal ?

Style dont on considère Helloween (avec Hansen à la barre) comme l'inventeur, genre aujourd'hui sur-représenté, le speed métal (ou speed mélodique) est basé sur quelques ingrédients caractéristiques :

  • Un chanteur dopé au Michael Kiske (comprenez « castré »).
  • Un batteur qui mouline plus que Lance Armstrong dans l'Alpe d'Huez.
  • Un bassiste qui sait se faire discret.
  • Un guitariste capable de vous planter un solo correct aux 2/3 de la chanson.

Le résultat est une musique peu agressive (donc accessible), rapide et assez mélodique. Le problème est, il faut bien l'avouer, que le speed métal a évolué chez 99% des groupes en « speed de série », se contentant de reproduire sans imagination ce schéma de base. Bref, c'est aussi chiant que du prog guimauvesque de la fin des 70s. Ex : Oratory avec son kitschissime Metal Messenger. Le fond du tiroir étant atteint avec le speed de série AVEC une femme au chant.

Il va sans dire que seules les meilleures formations parviennent à produire quelque chose qui, pour le coup, devient ma foi très sympathique.

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## Comment Gamma Ray évite l'ennui

Plusieurs voies sont possibles, plusieurs ingrédients venant s'ajouter au schéma de base, plusieurs dosages appliqués. Parmi eux citons entre autres l'humour (distillé par Edguy) et des relents progressifs (Symphony X). La voie suivie par Gamma Ray fait primer avant tout cet organe symbole de la virilité qu'on appelle plus familièrement les couilles.

Par « couillu », j'entends nerveux, et pas forcément bourrin (une charge de Panzer dans un album de Marduk par exemple). Que fait donc Gamma Ray de ses couilles afin de nous éviter de bailler ?

  • Des refrains imparables (qui évitent la plupart du temps de se cantonner à la stricte répétition d'une expression simiesque).
  • Les solos. Qualité première de Gamma Ray que ces solos bien envoyés, avec des effets délirants, toujours dans l'esprit de la chanson et pas de simples démonstrations techniques. Capables de vous rattraper les pires morceaux et vous redonner le sourire qu'un couplet malheureux vous aura fait perdre.
  • Des lyrics amusants, le plus souvent inspirés de la SF, qui se laissent écouter sans agresser l'auditeur avec un message politique idiot.
  • Un rythme non linéaire, qui permet quelques ralentissements et de belles accélérations, parfois dans des passages lents suivis d'un solo rapide (sans verser dans les saccades du prog).
  • Des riffs monstrueux qui vous prennent aux tripes.
  • Des bruitages cons, idiots, courts et marrants, mais discrets, qui rompent la monotonie.
  • Un chant facilement identifiable, qu'il s'agisse de celui de Ralf Scheepers ou de celui de Kai Hansen.

Bref, vous l'aurez sans doute compris : des détails qui, combinés, font qu'on se fatigue avant de se lasser.

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## Les défauts de Gamma Ray

Par défaut, j'entends tout ce que je regrette et qui aurait pu le rendre meilleur :

  • Une production sans relief, mais propre.
  • Le manque chronique de ballades (parfois aucune dans un album), compensé par la qualité de celles-ci (The Silence, One with the World, Farewell, Lake of Tears...).
  • Le plus énervant : la présence de toujours (sauf sur leur meilleur album) au moins une chanson à proprement parler daubique sur leurs opus. Une certaine irrégularité donc.
  • Une certaine fatigue (chanson speed sur chanson speed sur chanson speed) à l'écoute.
  • Des pochettes parfois kitsch.

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## Discographie et conseils d'écoute

Je vais donc abréger pour la fin en présentant mon classement personnel de leurs disques studio (la presse = magazines et critiques glanées sur le net).

Les indispensables

Ceux que vous n'aurez aucun scrupule à acheter :

  1. Land of the Free (1995) : presse quasi unanime. Le seul album sans daube.
  2. Heading for Tomorrow (1989) : avis très variable suivant la presse. Style Happy métal.
  3. Powerplant (1999) : presse unanime. L'album que je conseille à tous ceux qui veulent avoir une idée de ce qu'est Gamma Ray. Comme son nom l'indique, une véritable boule d'énergie.

Les corrects

Ceux qui ne vous donnent pas encore envie d'aller chercher sur eMule :

  1. Sigh No More (1991) : Mon avis va un peu à contre-courant, en effet : j'ai le coup de cœur pour la performance de Ralf Scheepers sur cet album.
  2. Somewhere Out in Space (1997) : Avis très variable dans la presse. De très bons titres, de très gros déchets aussi.

À éviter ou à télécharger avec prudence

Ceux qui vont faire chauffer votre connexion internet :

  1. No World Order (2001) : Du Judas Priest sans étincelle. Un bon album de métal dans la moyenne.
  2. Insanity and Genius (1993) : quelques trouvailles géniales sur cet album (Tribute to the Past), mais beaucoup d'insanités.

Le cas de la compilation Blast from the Past : téléchargez « Lust for Live » et « Heading for Tomorrow » en mp3 (elles sont supérieures aux originaux), et laissez tomber le reste.

Maintenant, le mieux est de vous faire votre propre idée en téléchargeant quelques-unes de leurs chansons. Je conseille tout particulièrement (elles sont représentatives) :

  • Send Me a Sign
  • Anywhere in the Galaxy
  • Armaggeddon
  • Farewell
  • The Silence

Le topos du site officiel :
http://www.gamma-ray.com

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