
Le 21 septembre 1991, un séisme a secoué le monde artistique martiniquais tout entier. Eugène Mona, le géant de la musique antillaise, venait de s'éteindre, et un seul mot était alors sur toutes les lèvres : Mona mô. Plus de trente ans après, Eugène Mona demeure une figure incontournable du paysage musical et ses chansons restent des standards indémodables de notre culture. Pour beaucoup, cet artiste était un véritable symbole, si bien que les présidents des différentes assemblées martiniquaises s'accordèrent unanimement sur son talent et son génie.
Alfred Marie-Jeanne, alors Président du Conseil général de la Martinique, avait d'ailleurs qualifié sa voix d'« authentique, mélange de force, de révolte... Un cri venu des mornes ». Il ajoutait : « Mona chante et joue la musique de son pays à la recherche d'une identité. Le contact qu'il prend avec la terre fait de sa contribution au patrimoine artistique et culturel du pays l'une des plus originales. Il s'est illustré en diverses occasions auprès d'artistes et a ainsi ponctué de sa voix vibrante bon nombre de compositions. »
Qui était le chanteur aux pieds nus ?
Car Mona est avant tout un chanteur populaire. Dénué de toute arrogance, il mettait en avant la culture martiniquaise et l'essence même de la vie à travers des situations courantes du quotidien.

Surnommé le « chanteur aux pieds nus », Mona connaissait un succès grandissant lorsqu'il fut fauché par la mort au sommet de sa gloire. Aujourd'hui, ses œuvres sont considérées comme des chefs-d'œuvre de la musique martiniquaise et sont reprises par de nombreux artistes qui voient en lui l'âme d'un peuple et d'une musique. Si Mona s'est éteint en 1991, son héritage musical survit intact. Des titres comme « Mango vè a bon » ou « Bwa brilé » continuent de faire vibrer l'âme d'Eugène Mona. Cet originaire du Marigot s'est battu jusqu'au bout pour sa musique et la sauvegarde du patrimoine de son île.
L'héritage d'Eugène Mona aujourd'hui
En 2001, de nombreuses manifestations ont célébré les dix ans de la disparition du chanteur aux pieds nus. Chaque année, un mémorial Eugène Mona est désormais organisé pour lui rendre hommage. Personnellement, je peux affirmer que malgré mes 18 ans, Eugène Mona a bercé mon enfance avec ses chants entraînants que ma mère et ma grand-mère aimaient fredonner. Gageons que dans une dizaine d'années, les petits Martiniquais de la nouvelle génération chanteront eux aussi « Mango vè a bon i bon ».