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Musique

Emperor : Prometheus - The discipline of fire and demise

Découvrez Prometheus, le testament ultime d'Emperor. Un chef-d'œuvre de black metal symphonique signé Ihsahn, alliant compositions progressives et concept novateur. Note : 18/20.

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Présentation de l'album Prometheus

  1. The Eruption
  2. Depraved
  3. Empty
  4. The Prophet
  5. The Tongue of Fire
  6. In the Wordless Chamber
  7. Grey
  8. He Who Sought the Fire
  9. Thorns on My Grave

Line-up :
- Ihsahn [Vocaux/Guitare/Basse/Clavier]
- Samoth [Guitare]
- Trym [Batterie]

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Prometheus : Le testament ultime d'Emperor

Une belle révérence à la fin du règne de l'empire mélodique et symphonique du black metal : Prometheus. Cet album est extrêmement riche et se rapproche plus d'IX Equilibrium que d'In the Nightside Eclipse. Néanmoins, l'esprit s'est quelque peu effacé pour laisser place à la mélodie des premiers albums.

Un opus entièrement composé par l'esprit de génie d'Ihsahn, avec une production irréprochable et, il est vrai, une instrumentation et une expérimentation grandioses. Jamais un groupe de black metal ne sera parvenu à titiller ne serait-ce que l'illusion de ce paradis qu'Emperor a créé.

Instrumentation et production exceptionnelles

Les guitares sont exceptionnelles (guitares 7 cordes utilisées) pour délivrer des rythmiques très lourdes. La batterie, bien que plus calme et moins effrénée, évolue sur un plan beaucoup plus progressif et raffiné. Les blast beats et la double pédale sont moins omniprésents et l'on découvre des rythmes complètement différents.

La majestueuse symphonie est un véritable régal et se retrouvera comme influence chez certains Dimmu Borgir, même si l'utilisation de chœurs est moins fréquente, voire quasi inexistante.

Un concept novateur et des textes aboutis

Les textes, eux aussi, se sont largement améliorés et donnent d'Emperor une image totalement mature et réfléchie. Le concept est inventé par Ihsahn et Ihriel (sa femme), tournant autour de l'histoire d'un homme qui réalise que la réalité n'est que le reflet de ce qu'il désire apercevoir. Il décide donc, après maintes et vaines réflexions, de mettre fin à cette illusion et à ses tourments par le seul moyen : le plus lâche mais aussi le plus fréquent — la mort.

Un concept totalement novateur qui servira de pilier en matière de textes réussis dans le black metal (non, il n'y a pas que des hymnes vikings et des saluts à Satan).

Analyse des morceaux de Prometheus

The Eruption

« The Eruption » s'ouvre sur ce murmure caverneux et mystérieux mettant en route l'histoire que l'on conte. C'est la chanson la plus black de l'album. Elle puise son inspiration dans Anthems to the Welkin at Dusk et décrit largement la pensée, la découverte de cet homme vis-à-vis de la réalité.

L'intro glauque est somptueuse, commençant par quelques samples d'orgue et de violon qui mettent en valeur un trait largement symphonique. Une chanson relativement énervée, la plus abordable de l'album car là réside son point faible : trop de richesse. Il faut au moins 5 écoutes avant de parvenir à distinguer cette once de blâme, de haine éternelle et cette mélodie.

Chanson la plus heavy de l'album, les riffs carrés de Samoth et ce solo d'éruption ne sont pas là pour me contredire. Le refrain en chant clair est superbement mystique et offre de grands moments d'émotion et de frissons.

Depraved

Titre le plus lourd de l'album mais tout aussi bon, « Depraved » offre un texte somptueux, plutôt cru mais indirect, et vocabulary riche. La rythmique est intense et le riff lourd au possible. Le plus énorme vient du chant d'Ihsahn qui envoie un chant clair étouffant et tranchant au possible, le genre de passage qui casse la rythmique en deux.

Titre peu mélodique mais totalement nouveau, n'apportant plus la sauce violente death mais plutôt un refrain doom et déprimé, lourd comme un ciel enneigé.

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Empty

« Empty » est plus black metal et rappelle étrangement In the Nightside Eclipse. Le jeu de guitare de Samoth et Ihsahn est lourd et quasi incontestable, insufflant une ambiance très fraîche et death metal à l'ensemble, et se fond aux roulements exécutifs de batterie de Trym qui, avouons-le, reste un maître dans ce noble art.

Les claviers sont assez subtils et changent de simples échos d'orchestre pour ressembler davantage à une harmonie entière d'instruments mélodiques. Ils me rappellent étrangement le style de composition de Damien de Cradle of Filth sur Dusk... And Her Embrace. Le refrain agressif s'emmêle dans les tournures mélodiques et déchirantes — de la pure bête, oui ! C'est bel et bien Emperor avec ses riffs qui achèvent comme des coups de couteaux et des prises techniques avec lesquelles vous perdez toute conscience d'un monde spirituel.

La voix d'Ihsahn

La voix d'Ihsahn n'est pas à critiquer. Bien qu'elle se fasse moins haineuse et criarde que sur les premiers albums, elle emprunte une partie de son influence à un chant plus rauque, plus death, avec un style écorché. Sa voix claire est immense et ne cesse d'évoluer avec le temps.

Grey et The Prophet

Les titres « Grey » et « The Prophet » représentent deux extrêmes. L'un complètement dur et agressif, l'autre presque doux et doom, lent, lourd. Mais tous deux ont l'opportunité d'être quelque chose de nouveau qui reviennent d'un côté complètement expérimental, ce qui, à ma vision, est gênant du fait qu'on n'y trouve que peu de points de repères.

The Tongue of Fire

« The Tongue of Fire » est la perle progressive de l'album, un concept qui ne peut venir que de la patte magique d'Ihsahn. Complètement ravageur : 10 écoutes ne suffisent pas à comprendre son sens. Les paroles sont sublimes, l'orchestration impeccable (que dire de ces longues pauses mélodiques...) et que dire du chant d'Ihsahn qui nous fout une claque, totalement expressif et sincère mais aussi caché et ensorceleur.

Là on se contente d'une paire de guitares très mélodiques et d'une basse limite jazzy. Une progression constante passant d'un refrain froid et très typé black à un break mélodique de toute beauté où guitares et violons se confrontent à des plaines mélodiques et atmosphériques. Passages de voix claires inoubliables (« the soul is never silent... »).

Certains y verront un album déroutant car trop riche et trop peu abordable pour un fan de musique crue et directe.

In the Wordless Chamber et He Who Sought the Fire

« In the Wordless Chamber » allie avec une approche plus black ce qui laisse l'oreille perplexe. Des textes terriblement efficaces menés par un chant salvateur et une batterie écrasante, le tout sondé sur un son apocalyptique de trompette qui confère une ambiance très symphonique au morceau.

« He Who Sought the Fire » est bien plus caractériel et adopte un format plus simple et moins recherché à l'écoute, sans pour autant être désagréable.

Thorns on My Grave : Le final impérial

Que dire de « Thorns on My Grave » ? Si ce n'est cette énergie et ce côté testament impérial qui en découle. Un texte morbide, désespéré mais à la fois une fin qui laisse dans le frisson et l'inquiétude. Un passage superbe qui allie violence et signe la fin d'Emperor.

La révérence est faite avec classe et laisse sur le cul par sa composition de magicien. La batterie est impeccable, donnant le meilleur de Trym, et puis le final reste le meilleur.

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Now that I am gone
Lay thorns on my grave

Note : 18/20

Morceaux préférés :
- The Eruption
- Depraved
- Empty
- The Tongue of Fire
- In the Wordless Chamber
- Thorns on My Grave

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la putain du diable
Luna La putain du diable @la putain du diable
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