
Tracklist
- Alsvartr (The oath)
- Ye Entrancemperium
- Thus spake the nightspirit
- Ensorcelled by Khaos
- The loss and Curse of reverence
- The acclamation of bonds
- With Strength I burn
-
The Wanderer
-
Bonus track
- In longing spirit
- Opus a santana
- The loss and curse of reverence (live version)
Line-up
- Ihsahn [Chant/Claviers & Samples/Guitare]
- Samoth [Guitare]
- Alver [Basse]
- Trym [Batterie]

Une production d'une violence sans précédent
Le sang glacé, l'expression avide et stupéfaite, les veines gorgées de cette tempête liquoreuse et les yeux vides de tout sentiment : non, Emperor ne s'est pas décidé à nous laisser au dépourvu.
Les mélodies sillonnent vos oreilles avec une douceur et une finesse incomparables, tandis que les voix mystiques et gutturales, les guitares riches et lourdes, les roulements explosifs de batterie et une basse surpuissante saturent votre cerveau d'une violence sans précédent !
Alors, serait-ce la même chansonnette que sur "In the Nightside Eclipse" ? Pour sûr, non !
Maturité et évolution musicale
D'un premier point, la production est excellente, beaucoup plus avancée que sur l'opus précédent ; un gain de maturité énorme se fait ressentir. Deuxièmement, au niveau musical, un chant clair apparaît (qui nous torturait déjà sur "Inno a Satana") et les constructions avancent dans une complexité et une richesse accrues.
De l'accord mielleux en arpèges de "Alsvartr (The Oath)" au riff surpuissant et rapide de "Ensorcelled by Khaos", tout est minutieusement travaillé.

Une atmosphère envoûtante
Une intro glaçante et secrète vous entraîne sur les plaines enneigées de Norvège en faisant un détour par les châteaux hantés d'Europe. Le tout est construit sur une mélodie claire, pimentée par un clavier très médiéval, pour se prendre une claque quasi-mortelle sur "Ye Entrancemperium". Malgré l'absence de "Faust", Trym se déchaîne sur son kit et arrive à devancer techniquement son prédécesseur.
Autre point positif : les textes approximatifs de "In the Nightside Eclipse" s'effacent presque entièrement, laissant place à un début de ce qui sera la réflexion mûre et posée d'Ihsahn plus tard ! Ainsi, "With Strength I Burn" s'appuie sur un concept lyrique intéressant malgré l'influence noire et dépressive du black metal.
Et c'est là que prend toute l'ampleur de "Thus Spake the Nightspirit". Les textes sublimes s'emmêlent parfaitement avec la mélodie dépressive de ce morceau incontestablement riche et lourd, court mais sur lequel on finit en larmes sur la pointe atmosphérique doublée par la voix mystique d'Ihsahn.
"Spirit, Nightspirit embraces my soul... " devient un passage des plus mythiques de toute l'histoire d'Emperor !
L'apothéose symphonique
C'est sur ce même niveau que se joue l'inaltérable "The Acclamation of Bonds" qui, en plus d'être l'apothéose de la symphonie d'Emperor, se permet d'être complètement représentative de l'album dans son entier. Ce morceau aurait pu se nommer "Anthems to the Welkin at Dusk", d'ailleurs une ligne de chant reprenant le titre de l'album est contenue dans le morceau !
Pour un côté plus expérimental et atmosphérique, on a droit à un sublime "The Loss and Curse of Reverence" qui est incontestablement le hit de cet album. Complètement représentatif d'un metal symphonique au sommet de son art, Ihsahn nous tiraille avec sa phrase "By the fallen one I shall arise" tandis que les musiciens nous balancent le meilleur d'eux-mêmes !
La composition d'Ihsahn et de Samoth au niveau des guitares est géniale et nous propose des riffs extrêmement riches et diversifiés. Mais ce qui nous étonne et nous comble dans le même temps, ce sont les samples qui s'accordent parfaitement à la musique pour en faire ressortir les tripes et la froideur norvégienne.

With Strength I Burn : le chef-d'œuvre
"With Strength I Burn" nous fait complètement brûler avec force. Dépression constante et optimisme soumis au chant magnifique d'Ihsahn et à un tempo transcendantal.
Une chanson incroyablement bonne et réussie (elle est tout de même ma préférée) où seule la voix d'Ihsahn vous envoûte et suffit à tuer l'auditeur radicalement. Ce morceau est aussi une énorme preuve de technicité de la part de Trym qui, par le constant changement de tempo, nous livre un jeu de batterie complètement exclusif convoitant les plus grands, tels que Mike Portnoy de Dream Theater.
On finit ce morceau sur un ton larmoyant en fading pour nous faire découvrir la technicité d'Ihsahn qui nous dévoile ses talents de guitariste en exécutant un solo lent, dépressif et excellement beau !
On finit ce disque sur un thème moins sombre composé par Samoth uniquement : "The Wanderer".
Certains considèrent aussi ce CD comme le dernier vrai CD d'Emperor, le reste ne laissant place (pratiquement) qu'au génie expérimental d'Ihsahn.
Note
19/20
Morceaux préférés
- Ye Entrancemperium
- Thus Spake the Nightspirit
- The Loss and Curse of Reverence
- The Acclamation of Bonds
- With Strength I Burn