
Tracklist et line-up de l'album
- Pull Me Under
- Another Day
- Take the Time
- Surrounded
- Metropolis Pt. 1: The Miracle and the Sleeper
- Under a Glass Moon
- Wait for Sleep
- Learning to Live
Line-up :
- John Petrucci (Guitares)
- James LaBrie (Chant)
- Mike Portnoy (Batterie)
- Kevin Moore (Claviers)
- John Myung (Basse)

Images and Words : l'essence du metal progressif
Magique. L'évocation même de ce groupe signifie déjà beaucoup pour les mordus de guitare, de technicité et de rêverie. L'image parfaite d'un rêve musical.
Des premières notes claires de « Pull Me Under » jusqu'au refrain poignant de « Another Day », la puissance et l'émotion sont au rendez-vous. Le line-up est exceptionnel, une équipe de musiciens hors pair.
Les musiciens de Dream Theater : virtuosité et personnalité
Un guitariste exceptionnel : John Petrucci. Il manie l'art de la six cordes à la perfection avec un jeu parfois excentrique et très technique, mais l'excuse est de mise vu la mélodie qui découle de certains riffs. Le tout est fait avec une classe maximale.
Un batteur de folie : Mike Portnoy. Il possède un jeu unique, terriblement original. L'un des meilleurs batteurs au monde, capable de marier la mélodie avec une simplicité déroutante, mélangeant dans son jeu les influences thrash, funk et même des rythmes exotiques, le tout porté par une double grosse caisse effrénée.
Un bassiste discret : John Myung. Il sait se faire entendre avec un jeu qui dépasse le simple rôle de guitare rythmique. Il exploite une tout autre mélodie, donnant des allures graves et des arpèges mélancoliques.
Un claviériste hallucinant : Kevin Moore. Celui-là sera viré plus tard, mais sa place à l'époque est décisive. Le clavier est exploité avec plus de conviction et de folie que par Jordan Rudess. Les ambiances sont géniales, parfois enchanteresses, même si le fait qu'il surplombe parfois le jeu de guitare peut agacer.
Un chant divin : James LaBrie. Certes, il peut se faire mielleux parfois. Le chant est juste mais parfois suraigu, ce qui peut agacer. En live, il est parfois moins juste, mais reconnaissons que les capacités exploitées sur CD peuvent sembler difficiles à reproduire sur scène.
Analyse des morceaux phares de l'album
Pull Me Under : une bombe de lourdeur
« Pull Me Under » est une véritable bombe de lourdeur. Le riff est agressif et le chant, très rock, rappelle les influences metal qui ont guidé les musiciens jusqu'à la production de cet album. Un refrain menant au supplice et des notes de claviers discrètes mais qui savent compléter le jeu surpuissant de Portnoy.
C'est le titre qui m'a conduit vers Dream Theater. Il n'est pas représentatif du style du groupe à l'époque — c'est le morceau le plus heavy de l'album. Petrucci y développe un jeu sans concession. Le solo, pourtant le plus simple de l'album, est mythique et dégage un charme quasi impénétrable.
Wait for Sleep et Another Day : les ballades de l'album

Les ballades sont au rendez-vous. Très superficielles, elles sont peut-être une épine dans le pied de Dream Theater... pour certains. Je ne suis pas un fan inconditionnel des ballades ; celles-ci sont très kitsch, mais s'accordent assez bien avec le chant de LaBrie, même si leur sincérité laisse à douter.
« Wait for Sleep » n'est pourtant pas surjouée : aucune note de guitare, juste un assemblage sucré de piano enjoué et la voix enchanteresse de James LaBrie. « Another Day » joue un peu trop sur l'effet avec un superbe solo très mélodique, mais un refrain gâché et un clavier parfois agaçant.
Take the Time et Surrounded : l'audace progressive
Plus difficile d'accès, le génialissime « Take the Time » emploie une technique qui me frustrait auparavant : « Que vient faire cet esprit funk dans un groupe de metal progressif ? » Mais il faut avouer que ce titre est une perle sans précédent, très intéressant malgré un accès moins immédiat que le reste de l'album, mais qui a l'audace de calmer l'oreille de l'auditeur.
Il rejoint parfaitement la lignée de « Surrounded », un titre énigmatique à la fois majeur et mineur, désespéré et jovial. Le tout est terriblement masqué avec un solo de guitare qui impressionne par sa rapidité et un chant de LaBrie très entraînant.
Metropolis Pt. 1 : la pièce maîtresse progressive
Vient ensuite la pièce maîtresse de l'album : « Metropolis Pt. 1 », qui servira d'introduction à un album aussi langoureux et épique que cette chanson. Un refrain qui menace tous les tubes radiophoniques de pacotille par sa légèreté et son imagination débordante. Le ton est tragique, infernal comme un désir incohérent.
Le sens même est hermétique : il ne faut pas moins de dix à vingt écoutes pour parvenir à déceler une once de sens à ce titre. L'intro est ce qui se fait de mieux dans le registre progressif : inquiétante, longue et surprenante. Portnoy fait très fort sur ce titre qui, à mon avis, est le plus technique et le plus complexe de l'album. On en délaisse parfois même la mélodie, mais qu'importe : le plan instrumental est sublime et le tout carrément infaisable. Aucune faute dans ce solo énigmatique, si mystique aux yeux d'un débutant.
Under a Glass Moon et Learning to Live
La seule qui m'a déplu sur cet album est « Under a Glass Moon ». Je la trouve froide et je n'ai pas vraiment d'avis tranché à exprimer, car cela resterait trop subjectif.
« Learning to Live », l'apprentissage de la vie... que c'est beau ! Au niveau des paroles, Dream Theater ne se sont jamais moqués de personne. Même si Portnoy reste plutôt en retrait sur cet album, Petrucci développe ses capacités exclusives d'écriture, alliant concepts et métaphores.
Myung, « l'homme silence », a développé sur ce titre un jeu d'écriture sensationnel, que ce soit dans son apport d'une basse ultra-mélodique ou dans le texte qui recèle les pensées torturées de l'homme-qui-ne-parle-pas. La partie instrumentale est superbe : des rythmes de batterie saisissants, des notes de guitare parfaites et un clavier généreux. Petrucci enfonce le clou avec un jeu très mélodique (quels solos !) et des accords de folie. Écoutez-moi ce final avec les chœurs de LaBrie et cette symphonie...
Des larmes, je n'en comprends pas le sens...

Verdict final : note et morceaux préférés
Note : 18,5/20
Morceaux préférés :
- Pull Me Under
- Take the Time
- Surrounded
- Metropolis Pt. 1: The Miracle and the Sleeper
- Learning to Live