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Musique

Devin Townsend : Accelerated Evolution

Accelerated Evolution de Devin Townsend fusionne brutalité mélodique et progressif avec une cohérence remarquable. Un album porté par des titres phares incontournables comme Deadhead et Away.

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Sorti un mois à peine après le SYL de Strapping Young Lad (le groupe de metal extrême de Devin), Accelerated Evolution nous prouve une bonne fois pour toutes que le Canadien est génial. Là où SYL plaira aux plus hargneux d'entre vous, le disque du Devin Townsend Band s'adresse à tous les amateurs de metal, quel qu'il soit. Car on navigue au gré de l'esprit de Devin entre brutalité mélodique (Depth Charge, Random Analysis...), morceaux à caractère plus fortement progressif (Deadhead, Away...) et pop songs en puissance (Slow Me Down, Traveller...). Mais si vous appréciez la bonne musique, nul doute que vous allez adorer toutes ces facettes de ce musicien-compositeur-producteur hors pair.

Accelerated Evolution : fusion des projets passés de Devin Townsend

Ce qui frappe à la première écoute d'Accelerated Evolution, c'est que ce disque constitue le mélange de tous les projets passés de notre homme. Aucun ne l'emporte vraiment. Mais là où une certaine répétition pouvait s'installer dans un Terria ou un Ocean Machine, ici on est constamment en alerte. En effet, le tracklisting est intelligent puisqu'il n'enchaîne jamais deux morceaux semblables. De plus, inutile de dire que la production est nickel comme toujours, même si je peux comprendre que ce son très industriel et compact puisse rebuter. Accelerated Evolution possède ainsi les éléments capitaux pour mettre en valeur de très bons titres. Et ces très bons titres, on les attend quelque peu…

Des titres inégaux mais bien positionnés

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : Accelerated Evolution comporte de très grands moments. Mais à bien y écouter, on constate que pas mal de chansons, trop rapidement jugées excellentes, ne sont pas très originales et que la débauche de moyens mise en œuvre pour les interpréter ne font qu'en décupler la stérilité… C'est en tout cas l'effet que me fait Storm par exemple : plus on l'écoute, plus le désintérêt grandit. Dans une plus grande mesure, cela vaut aussi pour un titre un peu trop bêtement catchy, Traveller, qui échoue là où Slow Me Down a réussi : à donner un côté pop à une chanson totalement metal qui ne soit pas rébarbatif. Mais grâce à ce positionnement parfait des titres, même les moins bons s'écoutent avec beaucoup de plaisir car ils rompent la monotonie.

Deadhead et Away : les titres phares de l'album

Mais le succès d'Accelerated Evolution est dû au fait qu'il s'appuie sur des titres phares qui sont incontournables. Deadhead, la chanson de l'album, est monstrueuse. Son intro nappée de claviers « townsendiens », magistralement progressive, se fond divinement bien dans une ligne de chant aérienne et espacée. On plane. Le son sur ce titre sait se faire moins compact et se permet de tisser des ambiances délicates et toujours progressives. La guitare se met entièrement au service de la mélodie et les rythmes assourdissants lui permettent de s'exprimer sans limite. Devin en chanteur est transcendant, il se livre pleinement. Irrésistible.

Away et Suicide : l'excellence progressive

Dans la même veine, Away me laisse sur place. L'intro est incroyablement soignée également. On pense tout de suite à Steve Vai (pas étonnant !). Le solo de guitare est fin et très original dans ses sonorités. Il prouve en tout l'étendue du talent de Devin Townsend, pas toujours très démonstratif. Le solo de Suicide devait lui aussi faire taire les sceptiques ! Rythmiquement imparable, Suicide est une grande réussite où le solo final n'est en aucun cas superflu. Comme d'habitude, les transitions successives pour arriver sur les premiers couplets sont succulentes et me laissent perplexe par leur fluidité. Ce titre est le plus torturé de l'album, et donc forcément un des plus appréciables !

Une cohérence remarquable tout au long de l'album

À l'écoute d'Accelerated Evolution, on ne peut que saluer Devin Townsend d'avoir réussi à mettre autant de cohérence dans un disque qui, chez d'autres, serait littéralement parti dans tous les sens. Même si certains titres ne sont peut-être pas aussi bons qu'on pourrait le croire, l'inverse est aussi valable : Slow Me Down ne doit pas être trop vite catalogué « people ». Certes le refrain est très chantant, mais est-ce vraiment un mauvais point ? En effet, la musique est lourde et industrielle, aux antipodes de toute considération radio-friendly. Non vraiment, Devin Townsend est grand et comme il le dit lui-même dans Slow Me Down (dans un break de folie mélodique) : « I wanna go where nobody's gone ». T'en fais pas Devin, musicalement personne n'a réussi à te suivre !

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nozal
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