
Tracklist - Individual Thought Patterns
- Overactive Imagination
- In Human Form
- Jealousy
- Trapped In A Corner
- Nothing Is Everything
- Mentally Blind
- Individual Thought Patterns
- Destiny
- Out Of Touch
- The Philosopher
Line-up :
- Chuck Schuldiner – Chant/Guitare
- Andy LaRocque – Guitare
- Gene Hoglan – Batterie
- Steve DiGiorgio – Basse

Un tournant dans la discographie de Death
Voici le deuxième CD de Death sous l'ombre magistrale de Chuck Schuldiner et de sa nouvelle formule death mélodique barrée. Et c'est malheureusement ce CD qui prouvera un des derniers points culminants de Death, nettement plus heavy que Human (ceci est peut-être dû à l'arrivée du musicien Andy LaRocque). C'est sûrement le disque de Death où les plus grosses libertés musicales ont été prises.
On trouve sur ce CD le meilleur line-up que Death ait connu avec toujours ce fascinant Steve DiGiorgio qui s'équipe cette fois-ci de sa basse fretless, prêt à s'exprimer pleinement sur ce disque (les solos de basse de « The Philosopher » sont bien là pour le prouver). Aussi, l'arrivée de l'excellent Hoglan aux fûts proposera un jeu beaucoup plus calibré, puissant et à la fois fou que son prédécesseur. Ses contre-temps sont parfaits, sa double pédale monstrueuse et ses blasts d'une maîtrise impressionnante. Et puis pour finir, il y aura Andy LaRocque qui ne se laissera pas bouffer par Chuck et proposera lui aussi des solos à faire pâlir.
Composition et complexité musicale
Les titres ne sont pourtant pas très variés, et poursuivent la lignée de Human, en proposant cependant moins de mélodie dans ses riffs et plus de complexité. Les structures sont plus complètes et se mélangent avec de nombreux changements de rythmes et contre-temps barrés. « In Human Form » exalte parfaitement bien cet exemple par sa pluie de solos extraterrestres qui mettent en valeur le génie d'Andy LaRocque.
Ce disque est peut-être l'un des moins directs et plus complexes de Death. Les techniques y sont variées et l'auditeur peut apercevoir de nombreuses nuances non pas à travers la totalité des chansons, mais à l'intérieur de celles-ci. Les riffs les plus variés forment la lourdeur de la rythmique de « The Philosopher » ou bien la mélodie mielleuse de « Nothing Is Everything ».
Disons que ce disque a pris des éléments qui ne sont pas là pour rien : l'influence des musiciens se fait ressentir. Le côté jazzy fou se fait hautement percevoir sur la basse de DiGiorgio et sur la batterie variée et bourrée de surprises de Gene. On ressent aussi l'influence King Diamond dans les rythmiques et solos imposés par Andy LaRocque. En gros, ce disque est plus heavy et à la fois plus lourd que Human.
Les moments forts de l'album
Mais il n'y a pas à s'inquiéter : la beauté des riffs est toujours présente et les plus beaux atouts sont là pour percevoir le génie de Death. Prenons exemple sur l'intro complètement barrée de « Trapped In A Corner » ou sur le démon d'apesanteur qui constitue « Nothing Is Everything ».
La production n'est pas là pour enlever le côté lourd du genre. Dirigée par Scott Burns (LE producteur de death), elle apporte lourdeur dans la rythmique des guitares qui sonnent beaucoup plus agressives. La batterie, elle aussi, est très lourde, accompagnant ainsi parfaitement la rythmique de Chuck et Andy.
Ce qui met ce disque à part des autres, c'est probablement que c'est le moins personnel. Même si Chuck a composé la totalité des chansons, il n'empêche que chaque musicien ne s'est pas contenté de suivre les idées du chanteur/guitariste et a apporté ses éléments qui se distinguent à travers de maigres volontés de « je-suis-là », mais pas vaines pour autant.

Paroles et philosophie chez Chuck Schuldiner
Comme à son habitude, Death nous gratifie d'un disque bouleversant, exposant les sentiments du complexe Chuck Schuldiner qui rapporte son esprit torturé et pourtant révolutionnaire (c'est une espèce de misanthropie que l'on perçoit dans les yeux de cet homme) à travers des paroles d'une raison évidente. Comme les plus beaux exemples nous le prouvent en toute sincérité touchante, une perception quasi philosophique des sentiments dans « Jealousy » ou bien la mélancolie de « Destiny ». Chuck sait plus que parfaitement apporter sa philosophie à propos des sentiments de l'être humain.
L'apport de claviers dans certaines chansons en fait leur succès : le refrain superbe de « Mentally Blind » mené par des chœurs et la voix crue de Chuck qui exécute sur ce refrain des parties de guitare embellissant le tout. Le feeling repose sur cette chanson où toute la beauté de l'esprit de Chuck se matérialise sur un solo très éprouvant et magnifique, simple, direct et inspiré.
Les solos guitaristiques
Les guitares et notamment les solos de cet album sont les plus longs et les plus diversifiés dans leur technique, ils apportent une des majeures valeurs de ce CD ! Andy LaRocque prouve qu'il n'est pas là pour rien faire et se livre à un véritable duel sur « In Human Form ». La mélodie est pourtant base de ceux-ci : ils ne s'approchent pas d'un mouvement expérimental et semblent directs, et pourtant épanouis par leur arrivée sur laquelle on succombe facilement. Prenants et arrachants, parfois la spontanéité conduit à de très bonnes affaires. Le solo de « Jealousy » est très efficace et royal.
Le complexe se situe dans des chansons d'une grâce infinie, citons entre autres « Trapped In A Corner » qui dévoile des parties mélodiques à guise de succès, pouvant presque même rivaliser avec les groupes excellents du genre. La beauté du solo de cette chanson et ce tapping éclatant emmènent ce solo à se placer parmi des monuments anthologiques du genre. Son arrivée en puissance et sa mélodie bluffante en font un des plus beaux solos de Death. Au niveau de la complexité de structure s'installe le titre « The Philosopher », le titre le plus apprécié des fans, mais aussi le plus fou après cette intro de tapping. On a droit à un refrain puissant et un duel de solos guitare/basse étrange.
Les défauts de l'album
Malgré tout, quelques défauts subsistent sur ce disque et le fait qu'il soit peu varié emmène certaines chansons à paraître ennuyeuses comme la chanson-titre « Individual Thought Patterns » ou bien la lassante « Destiny ». Le disque a un peu trop jugé sur la longueur, ce qui peut le porter à être parfois considéré par ses remplissages.
Enfin, ne portons pas trop attention aux défauts de Death parce qu'à travers ce mur de qualités, ils ne sont que moindres. Je ne parle pas en tant que chroniqueur mais en tant que passionné.

Note : 18.5/20
Morceaux préférés :
- In Human Form
- Jealousy
- Trapped In A Corner
- Mentally Blind
- The Philosopher
- Nothing Is Everything