
Le tube « J'en ai marre », premier extrait de l'album « Mes courants électriques » d'Alizée, est une fois de plus signé Mylène Farmer et Laurent Boutonnat. On connaît l'habitude de Mylène Farmer des textes un peu « hot » — comme « Pourvu qu'elles soient douces » qui évoque la sodomie — mais on aurait pu croire que pour Alizée, elle aurait été un peu plus « light » vu le public visé...
C'est sans compter sur l'art de la double signification. En analysant le texte qui n'a à première vue l'air de rien dire, on s'aperçoit que « J'en ai marre » pourrait bien être un éloge à la masturbation féminine. C'est parti pour l'analyse.
Décryptage des premiers couplets
« J'ai la peau douce » → la douceur des lèvres intérieures
« Dans mon bain de mousse » → le bain de mousse représente les poils pubiens
« Je m'éclabousse » → clin d'œil à l'éjaculation féminine
« J'en ris ! » → réaction fréquente après un orgasme
« Mon poisson rouge » → le clitoris. Le poisson rouge comme image du clitoris a souvent été utilisé (cf. la chanson Toi Toi mon Toi d'Elli Medeiros)
« Dans mon bain de mousse / Je l'emmitoufle » → elle le touche
« J'ai pas de problème / Je fainéante / Pas de malaise / Je fainéante » → Alizée fait abstraction du monde environnant — familial, amical ou affectif — au profit de sa satisfaction et de son bien-être
« Dans l'eau je baigne » → la lubrification vaginale naturelle
« C'est l'important » → important pour éviter toute irritation et pour un meilleur plaisir
« Bien à mon aise dans l'air du temps »
Signification cachée de la suite des vers
« J'ai la peau douce / Dans mon bain de mousse / Je bulle à l'ombre » → je bulle = je suis bien
« Des bombes » → les bombes peuvent symboliser la brutalité des hommes (thème développé plus loin)
« Tout est délice » → la masturbation est un plaisir
« Des nuits dociles » → on la pratique plutôt la nuit
« Je fais la liste des choses / Qui m'indisposent » → début de la critique des hommes, ce qui la pousse à la masturbation
Analyse du refrain de "J'en ai marre"
« J'en ai marre de ceux qui pleurent » → ceux qui éjaculent trop vite
« Qui ne roulent qu'à 2 à l'heure » → ceux qui n'y vont pas assez vite
« Qui se lamentent et qui s'fixent / Sur l'idée d'une idée fixe » → ceux qui ne pensent qu'avec leur sexe
« J'en ai marre de ceux qui râlent » → les hommes qui poussent des râles de plaisir
« Des extrémistes à 2 balles » → une extrémité à deux balles… un pénis avec ses deux testicules
« Qui voient la vie tout en noir / Qui m'expédient dans l'cafard » → ces hommes ne lui procurent pas d'orgasme et la frustrent
« J'en ai marre de la grande sœur / Qui gémit tout et qui pleure » → clin d'œil à Mylène, qu'elle considère comme sa sœur artistique
« Marre de la pluie, des courgettes / Qui m'font vomir sous la couette » → cette phrase a fait couler beaucoup d'encre ! La « pluie de courgettes » pourrait évoquer l'éjaculation dans la bouche, que certaines n'apprécient pas
« J'en ai marre de ces cyniques / Et dans les prés les colchiques » → les obsédés sexuels qui ne pensent qu'à ça
« J'en ai marre d'en avoir marre / Aussi... » → elle a marre d'en avoir marre… donc elle se satisfait elle-même
Le dernier couplet et sa signification
« J'ai la peau douce / Dans mon bain de mousse / Pas de secousses sismiques » → pas la brutalité des va-et-vient masculins
« Je me prélasse / Et me délasse » → les bienfaits de la masturbation
« C'est mon état aquatique / Y'a comme un hic ! » → la masturbation n'est pas toujours bien vue
Cette interprétation est-elle confirmée ?
Cette analyse peut ressembler à un délire d'obsédé plutôt qu'à une analyse sérieuse. Mais en y ajoutant plusieurs éléments : une chorégraphie très provocante, des « oh oui » qui jalonnent la chanson, la voix de l'interprète pas très neutre, l'habitude qu'a Mylène Farmer de dissimuler des textes sexuels dans des chansons anodines (cf. L'Âme Stram Gram) et son goût pour les références à la masturbation (cf. Eaunanisme)… On peut d'ailleurs voir dans ce titre un jeu de mot : « Eau » pour évoquer « Onanisme », association entre plaisir solitaire et eau — très présente dans « J'en ai marre ».
La preuve la plus irréfutable reste peut-être celle-ci : de quoi peut-elle bien parler d'autre en évoquant des courgettes et des colchiques ?
Une chanson adaptée au jeune public d'Alizée ?
Je vous laisse à vos réflexions : est-il normal de laisser une chanteuse se faire des fans chez les enfants avec une telle attitude ? Bonne question…