
Tracklist
- Dreamlore Degenerate
- Zodijackyl Light
- Hedon
- Scythe, Rage and Roses
- Constant
- Dissolution Factor Red
- Insanity's Crescendo
- Still Moving Sinews
- Atom Heart 243.5
- Tidal Tantrum
- Tongues
- The Mind's Eye
Line-up :
- Mikael Stanne – Chant
- Niklas Sundin – Guitare lead
- Frederik Johansson – Guitare rythmique
- Martin Henriksson – Basse
- Anders Jivarp – Batterie

Un digne successeur de The Gallery
Suite inconditionnelle du fin "The Gallery", "The Mind's I" avait pas mal de choses à donner pour se révéler digne successeur de celui-ci. La bande suédoise instigatrice du son de Gothenburg revient avec un album plus complet, mais plus intimiste. Alors que son prédécesseur était parsemé de riffs endiablés – un album de guitare –, celui-ci se veut moins direct et met en avant des titres moins durs, moins recherchés, mais avec plus de peaufinage et une âme très certaine.
Les mélodies de guitares sont pourtant toujours aussi imparables. Sundin et Johansson se chargent toujours à merveille de leurs parties de guitares très hétérogènes, recherchées, grondées en palm-mute ou en riffs ultra mélodiques. Alors qu'In Flames fait dans un death plus heavy, Dark Tranquillity se veut peut-être moins puissant et plus fin au niveau des guitares, proposant un éventail de riffs sûrs de plaire à l'auditeur. Ainsi, "Scythe, Rage and Roses", "Zodijackyl Light" et "Constant" en imposent rapidement avec leurs déferlements de riffs parfaits.
Une ambiance mélancolique portée par Mikael Stanne
Il y a toujours cette même impression de désespoir qui règne chez Dark Tranquillity. Déjà, la voix de Stanne – si parfaite, pas dans le sens qu'elle est très travaillée – manie et montre ses émotions et sentiments à merveille. Elle sera toujours aussi tétanisante par son honnêteté et sa façon vraiment prenante de nous toucher. La mélancolie règne sur des morceaux comme "Hedon", où l'atmosphère rejoint facilement celle de "Lethe" sur "The Gallery", ou encore sur "Insanity's Crescendo" et "Tidal Tantrum".
L'ouverture de l'album : puissance et intensité
L'album débute pourtant en force sur "Dreamlore Degenerate", un titre où violence et malsain règnent en parfaite coexistence. La puissance continue sur "Zodijackyl Light", un titre très rythmé à la cadence infernale, facilement abordable tellement ses guitares sont accrocheuses, avec de nombreux chorus et des parties de leads très appréciables. Le tout est si puissant qu'on ne peut que s'en délecter.

Quelques titres en retrait
Mais malgré tout, l'unité n'est pas la force de l'album et certains titres partent « un peu en couilles », si vous me permettez l'expression. Beaucoup de titres sont négligeables, rendant l'écoute plus ardue. "Dissolution Factor Red" ou "Still Moving Sinews" n'ont pas ce petit grain d'originalité qui fait que l'album diversifie les écoutes.
Une transition vers Projector
Cet album s'avère une parfaite symbiose de "The Gallery" et de "Projector", son successeur, avec quand même un esprit très triste et blessé, mais des mélodies imparables posées sur les guitares. Les guitares acoustiques sont aussi utilisées, marque de fabrique régionale des Suédois, sur "The Mind's Eye", un instrumental de toute beauté qui mise plutôt sur l'ambiance que sur une déferlante technique comme certains en abusent – malgré que ses airs rappellent étrangement "Whoracle" d'In Flames.
Pochette et paroles : une esthétique soignée
Tout l'ensemble superficiel du groupe est très bien réussi. Une pochette très énigmatique qui pourtant a un charme malgré tout, et les paroles sont d'une rare beauté, toujours par ses mots torturés de Stanne et Sundin, l'âme du groupe.
On notera aussi que c'est le dernier album sur lequel Henriksson se charge de la basse, ce qui est bien dommage car ce bassiste était une véritable qualité du groupe. Il savait proposer de fines mélodies à la basse qui pouvaient parfois prendre plus de valeur que les guitares elles-mêmes, comme sur "Tongues" où le chorus est excellent.
Bilan : un album de transition inégal
Parfait album de transition, on regrettera par contre le manque d'unité dans cet opus qui s'en va parfois vers des contrées trop intimes.
Du point de vue d'une pure beauté, Dark Tranquillity se met à pondre des titres de l'ampleur de "Tidal Tantrum" où, il faut l'avouer, cette intro est d'une beauté inégalée, avec un son de guitare clair super envoûtant et des riffs fins dans l'esprit de Niklas Sundin. "Insanity's Crescendo" a une âme à faire pleurer, où la voix féminine crée la mélodie – elle est d'ailleurs utilisée depuis les débuts de Dark Tranquillity, même si la qualité de son chant reste parfois à prouver.
La batterie reste malheureusement trop simple, se contentant de faire sonner ses cymbales gentiment, ce qui manque parfois de donner un peu de puissance aux compos où l'on aurait aimé une bonne pluie de blast beats et une double grosse caisse inépuisable.
Cet album reste cependant très mature dans l'esprit d'un Dark Tranquillity hautement réfléchi qui ne s'est jamais contenté que de jouer une musique sincère malgré son succès. Son message restera toujours profond.
"This is a magic that a name would stain"

Note : 14.5/20
Morceaux préférés :
- Dreamlore Degenerate
- Zodijackyl Light
- Tidal Tantrum
- Tongues