
Voilà l'ultime volet de la trilogie consacrée aux nouveaux artistes rock français. Et comme toute bonne trilogie qui se respecte, après un premier volet joyeux (Superbus) et un deuxième opus beaucoup plus sombre (Eiffel), je conclus avec un groupe ambigu, qui oscille entre pop légère et rock torturé : Daisybox. Composé de 4 personnes (3 gars, 1 fille), ce groupe a fait ses preuves sur scène en enregistrant quelques maxis avant de se lancer dans l'aventure d'un premier album.
L'album Organic : un premier opus réussi
Organic, c'est le nom de l'album, est d'une qualité certaine, d'autant plus que c'est un premier opus. Daisybox semble avoir été influencé de toute part et gère cela plutôt bien : les chansons évoquent tour à tour Placebo, Indochine ou les Pixies, sans que leur identité propre ne soit diluée. En parlant d'Indochine, il faut aussi souligner que Daisybox s'est fait un nom en assurant la première partie de la tournée précédente du célèbre groupe de Nicolas Sirkis, ce qui ne fait qu'accentuer leur crédibilité. En termes de style, le groupe navigue dans des sons plutôt rock, mais n'hésite pas à introduire de l'électro dans ses titres… et tout cela reste assez pop, dynamique sans être agressif, avec également quelques chansons calmes.
Les titres phares de l'album Organic
Étudions, comme d'habitude, quelques chansons intéressantes de l'album :
« Pause » : le single, qui passe de temps en temps sur Le Mouv'. Plutôt calme, la chanson s'accélère à la fin des refrains, lorsque le chanteur affirme qu'il « voudrait que tout explose ». Une bonne introduction à l'album et un premier aperçu du style Daisybox.
« Mon héroïne » : voilà le fameux mélange de rock et d'électro, genre synthé à la Indochine. Une chanson très rythmée aux paroles plus que bizarres (« décor de paraffine enrage mon héroïne et si nos synonymes volages mon héroïne »).
« Ultra non » : peut-être la chanson la plus étrange de l'album. Un rythme très calme, une voix posée et douce… mais des paroles violentes et morbides qui contrastent avec l'ambiance du titre : « ce sera violent et long, tu n'as pas à me dire non (…) ma petite tête est déréglée je n'ai plus qu'à te tuer ». Un très bon titre, d'un romantisme délicieusement morbide !
« Hélicoptère » : Placebo fait sentir son influence dans une intro fortement inspirée (plagiée ?!) de « Every You Every Me » ! Ma chanson préférée, très pêchue, entre des couplets très nerveux (guitares répétitives, voix étouffée) et des refrains plus explosifs… Tout ça avec des paroles toutes bizarres (« j'ai partagé mon dessert avec un gosse hélicoptère qui tournait tout autour de moi comme un chien, comme un rat »). L'influence de Placebo est également très nette dans le premier titre de l'album, « Tous les jours », avec le même accord de guitare répété tout au long de la chanson, comme le faisait Placebo dans « Pure Morning ».
« Comme un ange » : une métaphore sur la drogue ? C'est ce que l'on peut croire en écoutant les paroles de la chanson (« je m'abandonne, je m'évapore, elle est méthadone, métaphore »), et en analysant la structure du titre : une intro calme, des accélérations, des baisses de régime et le rythme qui s'accélère à nouveau, jusqu'au final très agité ! Mais bon, de façon très terre à terre, on peut aussi y voir la description d'une certaine forme de relation amoureuse !
Sans oublier « Pile ou face », la chanson la plus insupportable, à base de rythmes violents et de voix saturées, et une plage cachée (très bien cachée d'ailleurs !) qui ne ressemble à rien (ils se sont amusés à la faire, je suppose !).
Verdict sur l'album Organic
Voilà, de très bonnes chansons sur cet album, mais il faut aussi reconnaître que tout cela reste assez gentillet, de la pop très sympathique mais rien de bien révolutionnaire ! Remarquez aussi que les textes sont très bizarres, à croire que le chanteur s'est drogué pour les écrire : des jeux de mots, des termes accolés sans cohérence, des rimes, mais le sens peut être difficile à percevoir. Poésie moderne, délire artistique ou inspiration foireuse ? J'aime bien, ça donne un côté mystérieux à l'album, mais on peut ne pas supporter ! Bref, Daisybox est parfait pour ceux et celles qui aiment la pop pêchue, torturée mais pas déprimante : ne vous attendez pas à la découverte du siècle, mais de très bons moments en perspective.
Daisybox en concert : l'expérience live
Quant au concert, je n'ai pas été vraiment convaincu… Disons que les chansons sont reprises telles quelles, sans grande surprise, et que l'écoute de l'album se suffit à elle-même. Il est vrai cependant que le charme du chanteur et son charisme vous feront passer un très bon moment (j'ai connu Daisybox par un concert… qui m'a convaincu d'acheter leur album !).