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Musique

Cradle of Filth : The Principle of Evil Made Flesh

Premier album du groupe britannique, The Principle of Evil Made Flesh pose les bases du black metal symphonique signé Cradle of Filth : ambiance gothique, mélodies envoûtantes et brutalité brute.

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Playlist de l'album

  1. Darkness Our Bride [Jugular Wedding]
  2. The Principle of Evil Made Flesh
  3. The Forest Whispers My Name
  4. Iscariot
  5. The Black Goddess Rises
  6. One Final Graven Kiss
  7. A Crescendo of Passion Bleeding
  8. To Eve the Art of Witchcraft
  9. Of Mist And Midnight Skies
  10. In Secret Love We Drown
  11. A Dream of Wolves in the Snow
  12. Summer Dying Fast

Line-up :
- Paul Ryan – Guitare lead
- Paul Allender – Guitare lead
- Nicholas Barker – Batterie
- Benjamin Ryan – Claviers
- Robin Eaglestone – Basse
- Dani Filth – Chant

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Genèse de Cradle of Filth : du death au black metal

C'est en 1991 que naît Cradle of Filth, dans le berceau pluvieux de la Grande-Bretagne. Le nouveau groupe anglais officiant dans l'underground s'influençait en majeure partie de la scène extrême qui ne cessait de croître à cette époque. Les prémices du groupe étaient pourtant parties sur des bases très « death » et « heavy », présentant un condensé de violence et de vulgarité unique. Le groupe s'est ensuite orienté vers des origines qui semblaient mieux lui convenir : le black metal. Au début des années 90, ce genre totalement novateur voit le jour et les compères britanniques s'en inspirent fortement (Bathory, Mayhem pour les intimes, et bien sûr Emperor pour les claviers).

L'identité visuelle et sonore de l'album

Après maintes démos sorties sous l'emblème puéril du death, « The Principle of Evil Made Flesh » se manifeste par ses traits black. Sa pochette d'une étrange provocation, si familière à Cradle, représente la coalition parfaite du sexe et de la mort sur l'image de femmes se griffant la chair, mordant cous et corps. L'ensemble du disque n'est qu'une vulgaire image de cette représentation. Vulgaire soit, mais tout aussi belle et énigmatique.

Une ambiance gothique et vampirique

Une ambiance gothique et vampirique émane du maléfice et découpe les bougies allumées de la froideur du black. En effet, le tout sans être révolutionnaire est bien loin du concept black omniprésent de l'époque et s'inspire d'Emperor en étant beaucoup moins complexe. Cradle accentue ses efforts sur la mélodie, donnant une ampleur très mélancolique et torturée à ce disque (« To Eve the Art of Witchcraft », « Of Mist And Midnight Skies »). Les tempos et autres structures sont souvent variés, à l'image de « The Forest Whispers My Name » et son break de guitare speed sur un morceau qui avait une atmosphère lourde et pesante. Cradle fait du black metal, mais classe et travaillé.

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Des mélodies simples mais enchanteresses

Pourtant, les débuts sont d'une irrégulière simplicité. Les chansons sont façonnées sur des mélodies très simples mais ô grand Dieu tout bonnement enchanteresses : le piano de « The Black Goddess Rises » ou la mélodie finale si inspirée de « Summer Dying Fast ». Ainsi, claviers et rythmique de guitare lourde s'entremêlent parfois avec simplicité, sans pour autant compter sur des mélodies trop répétitives (la chanson-titre « The Principle of Evil Made Flesh » propose de nombreux riffs de guitare et même un solo). Bien sûr, ce n'est qu'une approche : les bases sont beaucoup trop indécises et l'allure si rock'n'roll du groupe n'a pas encore atteint son stade de « poseurs » si bien fringués aujourd'hui. La production est très mal travaillée, bien qu'acceptable (un son de batterie un peu agaçant quand même), mais le tout reste franchement écoutable. Les vocaux de Dani sont bien loin de leur stade de piaillement assourdissant actuel, se situant à mi-chemin entre les grésillements black et les ronflements du death.

Les points forts et faibles de l'album

Les morceaux se succèdent, certains paraissent inutiles (« The Forest Whispers My Name » subit les effets néfastes de la production, ce qui lui donne un effet d'inachevé ; « A Dream of Wolves in the Snow » n'est pas totalement aboutie non plus). Mais d'autres contiennent une beauté tout simplement dévastatrice : la montée de « The Black Goddess Rises », un morceau à pleurer sur des paroles affligeantes et des moments mélancoliques d'une sincérité inexplicable ; et bien sûr l'œuvre de tristesse suprême « Summer Dying Fast ».

Le disque paraît peut-être trop linéaire. Il est vrai aussi que les instrumentales sont agaçantes par leur simplicité dérangeante et répétitive (4 instrumentales, ça fait quand même chier, hein ?), mais le génie se fait rapidement ressentir (étudiez donc les breaks interminables de Nicholas Barker sur « A Crescendo of Passion Bleeding »). Ainsi, de ce disque, il faut savoir retirer l'ambiance et la pureté chaotique de celui-ci, presque aussi honnête qu'un présent d'enfant et aussi malsain qu'un fantasme nécrophile. Ce disque est une perle tout de même pour les amateurs de mélodies simples et fragiles.

Un album précurseur et influent

Ce disque est d'ailleurs si unique que Cradle n'arrivera jamais à égaler sa longueur d'avance sur les albums suivants. Les idées sont là, reflétant un fort esprit créatif : l'orgue de « To Eve the Art of Witchcraft » ou les plans de basse mélodiques sur « A Crescendo of Passion Bleeding ».

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Note : 16,5/20

Morceaux préférés :
- The Principle of Evil Made Flesh
- The Black Goddess Rises
- To Eve the Art of Witchcraft
- Summer Dying Fast

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la putain du diable
Luna La putain du diable @la putain du diable
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