
I. Fantasia Down
1. A bruise upon the silent moon
2. The promise of fever
3. Hurt and virtue
4. An enemy led the tempest
II. Paradise lost
5. Damned in any language (A plague on words)
6. Better to reign in hell
7. Serpent tongue
8. Carrion
III. Sewer Side up
9. The mordant liquor of tears
10. Presents from the poison-hearted
11. Doberman Pharaoh
12. Babalon A. D (So glad for the madness)
IV. The scented garden
13. A scarlet witch lit the season
14. Mannequin
15. Thank God for the suffering
16. The smoke of her burning/ End of Daze
Line-up :
- Dani Filth [Chant]
- Martin Powell [Claviers/Samples/Guitares additionnelles]
- Paul Allender [Guitare]
- Dave Pibus [Basse]
- Adrian [Batterie]
- Sarah Jezebel Deva [Chœurs féminins]
Chassons un instant tous ces stéréotypes et ces idées reçues. Cradle of Filth est une musique grand public, mais pas n'importe laquelle : elle est difficilement abordable. Concentrons-nous donc sur cet album et sur cette musique alliant heavy metal accrocheur, gothisme scénique et black metal symphonique.

Autre constat : une production irréprochable. Chaque instrument se distingue dans un ensemble très esthétique. Car Cradle, à défaut d'être un groupe de black authentique (on ne parlera pas de Darkthrone et de sa production assez immonde), nous livre à chaque fois un plus au niveau de la production.
On ne pouvait pas s'attendre à mieux après la satisfaction de Midian au niveau prod, et pourtant le défi est hautement et dignement relevé. La batterie ne souffre d'aucun défaut (ce qui va faire grincer les dents d'un certain Nicholas Barker), les lignes de basse sont audibles (une qualité que l'on n'avait pas sur Midian).
Le chant de Dani est toujours aussi original, beau (oui, on peut aussi employer ce terme) et diversifié, tâtant des aigus criards de harpie aux graves caverneux et abyssaux (en confrontation avec un bon chant death). L'orchestre symphonique se confond parfaitement bien avec les guitares saturées sans pour autant constituer une performance exceptionnelle.
Le concept de l'album
Le concept d'album concept avait déjà été utilisé sur le vampirique "Cruelty and the Beast". Il est ici réutilisé pour nous conter une histoire similaire à celle de la rébellion fiévreuse d'un ange jaloux qui s'est fait élever les cieux contre lui, juste pour sa lucidité et sa jalousie : Satan (mais non, on est loin du stéréotype black metal du satanisme).
Même si l'histoire, tirée de traits catholiques, n'avait rien d'exemplaire au départ, celle-ci prend toute son ampleur grâce à la main experte et qualifiée qui sait, comme auparavant, traiter les contes mystiques en débats actuels et intelligibles dans un esthétisme et un vêtement de vocabulaire ancien parfait. La grâce d'une poésie malsaine !
Analyse des morceaux
Une première partie qui commence avec de bonnes qualités. Une intro parfaite qui laisse présager un déluge d'énergie, et c'est ce qui se passe sur "The promise of fever" qui, à défaut d'être un titre original, nous présente la situation présente plutôt bien. Et la chansonnette est tristement annoncée : "Hurt and virtue" et son riff très fluide à la Maiden (pas mal de chorus sur la guitare pour un accordage très grave) qui ne sert que d'amuse-gueule à l'original "An enemy led the tempest". Maître d'une somptueuse beauté, Dani nous récite les déboires d'un Lucifer assez moderne sur un ton très death et énervé, le tout étant emballé dans un riff très propre et lourd.
Enchaînons alors sur la deuxième partie, qui est dans la lignée du dernier titre : très lourde. "Better to reign" et son break de batterie parfait feraient pâlir de jalousie un Shagrath et son chant, tant le tout est compact et fluide, ou alors l'extrême "Carrion", très direct, qui convoite les genoux d'un titre heavy.
La troisième partie est la plus atmosphérique et la plus orchestrée. "Presents from the poison-hearted" résume très bien l'album : titre dans la lignée de Midian, très atmosphérique, qui se dégage assez bien du reste avec une partie de symphonie assez réussie. Et le single "Babalon A. D (So glad for the madness)" qui nous envoie un des plus beaux passages mélodiques de Cradle, une chanson simple mais terriblement efficace.
Si Cradle a gagné en mélodie, il a aussi gagné en loudness et en dureté avec "Mannequin", au sens très peu original mais magnifiquement bien argumenté par la voix sucrée de Sarah. Ou alors la pièce luxueuse qui nous laisse au dépourvu de l'incompréhension, "Thank God for the suffering", pièce symphonique belle mais trop difficile d'accès.
Bilan de l'album

Un disque gracieusement heavy, mais qui laisse une impression de "aurait pu faire" (au sens Cradle du terme).
Je pense que Cradle a voulu trop faire je-ne-sais-pas-quoi avec cet album et que c'est assez bien réussi dans l'ensemble, mais pas assez pour être une révélation.
Note : 14/20
Morceaux préférés :
- The promise of fever
- An enemy led the tempest
- Better to reign in hell
- Presents from the poison-hearted
- Babalon A. D (So glad for the madness)