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Musique

Cradle Of Filth : Damnation And A Day

Cradle Of Filth surprend avec Damnation And A Day, un album symphonique ambitieux de 76 minutes qui allie death, black et mélodie avec des orchestrations remarquablement dosées.

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En l'an 2002, je me suis surpris à adorer l'album Untouchables de Korn, un groupe qui m'était pourtant jusque-là apparenté à de la grosse daube. En 2003, vous pouvez prendre cette même phrase avec Cradle Of Filth et leur album Damnation And A Day car, bon Dieu de bonsoir, cette galette est tout simplement succulente.

Damnation And A Day : un concept symphonique ambitieux

Tout d'abord, le concept de ce Damnation And A Day est ambitieux comme toujours avec Cradle. Les textes sont sans doute parmi les plus travaillés (et les plus longs) de tous les genres de metal confondus. Mais qu'est-ce qui m'a fait subitement changer d'avis sur ce groupe ? Serait-ce le fait que le combo ait pu enfin utiliser un orchestre complet pour accoucher de ses parties symphoniques pas franchement évidentes ? Sans doute, car ces orchestrations sont en tout point remarquables et surtout admirablement dosées sur l'ensemble de cette œuvre. Damnation And A Day se compose de 4 chapitres introduits par un interlude symphonique. Ceux-ci sont somptueusement bien incorporés au concept.

Production et mixage : une nette progression

Le mixage et la production se sont considérablement améliorés eux aussi. Le changement le plus notable réside dans le son de batterie qui, bien que toujours en retrait, est audible et bénéficie d'un semblant de production. On ne peut pas en dire autant de la basse. Toutefois, contrairement aux rondelles précédentes du combo, on devine qu'elle est là mais on a du mal à discerner avec beaucoup de précision ce qu'elle joue.

L'équilibre parfait entre death, black et mélodie

Les 76 minutes de Damnation And A Day passent à toute allure et Cradle n'a pas le temps de nous ennuyer un seul instant. Les parties symphoniques se retrouvent également distillées sur certains titres, ce qui ne fait qu'augmenter leur aspect théâtral grandiose, comme sur The Promise Of Fever. Ce qui m'a réellement plu sur Damnation And A Day est cet incroyable équilibre entre death, black et mélodie. Cette dernière atteint des sommets sur le riff de Hurt And Virtue. Le côté death est lui extrêmement présent sur An Enemy Led The Tempest.

Dani Filth au sommet de son art vocal

La voix de Dani s'est vraiment améliorée à un point où l'on peut dire qu'il est aussi à l'aise dans le chant black que dans les quelques cris death poussés ça et là. Même s'il a toujours voulu varier au maximum les tonalités, il est indéniable qu'il n'y est jamais aussi bien arrivé qu'en 2003. Le titre An Enemy Led The Tempest est presque entièrement death, même au niveau de la musique : on croirait du « Cruelty And The Beast meets In Flames ». Dani, changeant ses habitudes, reste quasi exclusivement dans un registre de chant sombre. Et le résultat est épatant, certainement un des tout meilleurs titres de Damnation And A Day.

Des compositions cinématographiques et théâtrales

Le deuxième chapitre est introduit par Damned In Any Language (A Plague On Words) où l'on peut entendre avec bonheur un narrateur digne des films hollywoodiens ! C'est un vrai régal, d'autant que les orchestrations sont sublimes, très originales et jamais bêtement pompeuses. On enchaîne directement sur un titre coup de poing, Better To Reign In Hell, aux riffs et refrain décoiffants. Comme toute la musique présente sur cette galette, on voit que le groupe se focalise sur la qualité immense de composition de Dani Filth et non pas sur de stériles démonstrations techniques. Car niveau composition, Dani Filth joue dans la cour des très grands ! Rarement un morceau a une construction linéaire, tout n'est que rebondissements par breaks successifs.

Richesse mélodique et diversité stylistique

Le côté mélodique très riche sur Damnation And A Day se rematérialise sur Serpent Tongue où le piano apporte une touche de douceur fort bienvenue ! Mais ne vous y trompez pas : le titre évolue vers du pur black où la batterie martèle comme il se doit ! Avec intelligence, Cradle n'abuse pas de ces artifices stéréotypés et va systématiquement de l'avant. Carrion est quant à lui représentatif de l'aspect heavy de la musique de Cradle. Les éléments sont, tout comme sur The Promise Of Fever, dosés avec parcimonie pour décupler leur effet. Bien que les lignes vocales des couplets soient la première faute de goût décelée depuis le début du disque, ce titre est sublime grâce (encore) à un super riff et à des parties post-refrain mélodiques très agréables.

Des interludes dignes de bandes originales

The Mordant Liquor Of Tears est l'interlude qui se rapproche le plus d'un score de film. L'illusion est parfaite et les chœurs sont tout droit venus de l'esprit gothique de Danny Elfman. Encore une interlude qui frappe en plein dans le mille donc ! Le titre qui s'enchaîne est Presents From The Poison Hearted qui a de forts relents de King Diamond dans le refrain. C'est sûrement le titre qui ressemble le plus à ce que Cradle a fait jusque-là, il est donc normal que je l'apprécie moyennement. Le break au clavecin est intéressant mais trop court ; mention spéciale au refrain de ce titre qui est un des meilleurs sur ce disque d'une qualité exceptionnelle.

Sonorités originales et orchestre maîtrisé

Sonorités arabes de rigueur pour introduire Doberman Pharaoh. L'occasion pour moi de saluer le travail des choristes, discret, mais sans qui Damnation And A Day ne serait pas tout à fait le chef-d'œuvre qu'il est. Cradle Of Filth, contrairement à ce que font la plupart des groupes jouant avec un orchestre, ne commet jamais l'erreur de le surmixer ; pas de doute possible, les Anglais sont bien les maîtres à bord.

Cela a pour conséquence de donner un son unique aux orchestrations car nous ne sommes que très peu habitués à les entendre si sous-mixées. Doberman Pharaoh possède de nombreuses parties calmes, limite atmosphériques, et pourtant ce titre n'est pas au niveau de ses illustres prédécesseurs. Rien à jeter tout de même, on tape toujours dans du très haut niveau. Babylon AD (So Glad For The Madness) continue dans la voie tracée par Doberman Pharaoh à ceci près qu'il est pleinement réussi. La basse est même totalement audible par instants !

Un dernier chapitre en demi-teinte

Dernier chapitre introduit par A Scarlet Witch Lit The Season qui est sans aucun doute possible la moins bonne intro de Damnation And A Day. Pire, elle casse presque le rythme effréné qui a été maintenu jusqu'ici avec brio. Certainement conscient de cela, Dani l'a faite courte (moins d'une minute). Mannequin est assez traditionnel si ce n'est un effet sur la voix assez étrange (un vibrato-techno très artificiel) mais bien à sa place. Le riff est répétitif et mélodique et Dani complètement enragé. On n'en demande pas plus ! Thank God For The Suffering débute sur un riff très lent : on pourrait penser à une ballade d'autant que cela ne s'emballe pas beaucoup ! L'ambiance est lourde, sombre et très empreinte des orchestrations à l'instar d'un bon Therion. La fin du titre est moins intéressante car trop brouillonne... dommage.

Une conclusion en beauté

Pour terminer en beauté, rien de tel qu'un titre speedé suivi comme son ombre par une outro. Cradle Of Filth le sait bien. Ainsi The Smoke Of Her Burning n'est pas le titre réservant le plus de surprises de cet opus mais la qualité, elle, est bien là et le cri caverneux bien death aussi. End Of Daze est à l'image de l'ensemble de Damnation And A Day : des accords dissonants formant une œuvre attirante par son côté occulte.

Si cette chronique vous a plu, rendez-vous sans plus attendre sur mon site qui comporte des centaines de chroniques de disques metal, rock et électro ! Merci !

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nozal
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