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Musique

Compte rendu du concert des White Stripes

Les White Stripes au Zénith de Paris : Jack et Meg White livrent une leçon de rock'n'roll entre tubes cultes et retour aux sources.

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J'arrive au Zénith après que les premiers arrivés soient rentrés : ça commence mal, ça va être dur de trouver une place juste devant la scène... Effectivement, c'est bondé, donc je vais devoir me contenter d'une place dans les gradins. Égoïstement, j'en viens à regretter le temps où le groupe n'était pas aussi connu et jouait dans des petites salles, comme à l'Olympia... Là, on pouvait les voir de près.

Première partie : Blanche, le groupe de Detroit

J'ai de la chance dans mon malheur : juste devant moi est assise une superbe jeune fille, hélas accompagnée. Je la regarderai quand même pendant la première partie — Blanche, nouveau groupe de Detroit (solidarité oblige !), qui joue un style alternative-country-rock pas vraiment original et qui a tendance à beaucoup se répéter. La plupart des morceaux font penser aux Byrds, mais sans leur génie. Sauf quand le joueur de pedal steel se met à faire le pitre en dansant n'importe comment au milieu d'un morceau, ou quand il chantera (!) le dernier morceau. Aurait-il abusé des bonnes bouteilles françaises ?

Entracte. J'en profite pour jeter un œil sur la jeune fille.

Arrivée sur scène de Jack et Meg White

Le staff des White Stripes, tout de noir vêtu à l'exception d'une cravate rouge, s'occupe de mettre en place la batterie couleur peppermint et quelques amplis Fender... Tout est prêt, alors que la sono diffuse quelques morceaux punk rock (au sens classique du terme, bien sûr) pour faire patienter le public.

Arrivent enfin les White Stripes : Meg, en pantalon rouge et T-shirt noir, va s'installer à la batterie pendant que Jack, habillé en arlequin comme lors du concert à l'Olympia, saisit sa guitare et attaque par un larsen strident.

Setlist et performances cultes

Le premier morceau, « When I Hear My Name », est tiré du premier album — contre toute attente. Enchaîné ensuite avec « Dead Leaves and the Dirty Ground ». Je dois avouer que j'ai eu un peu peur avec ce début, car le son était assez mauvais, surtout quand Jack utilisait l'effet d'écho.

Heureusement, tout s'arrange dès le troisième morceau, « Black Math », extrait du quatrième album du duo. On a alors droit à une magnifique leçon de rock'n'roll. Tous les grands titres du groupe défilent : le tube de 2003 « Seven Nation Army », « Death Letter » tiré du deuxième album, ou encore « Fell in Love with a Girl », premier tube qui a vraiment propulsé le groupe.

Retour aux sources avec les premiers albums

Dans l'ensemble, on aura surtout droit à des titres d'Elephant et du premier album, ce qui rend le concert rafraîchissant. Le groupe retrouve les structures primitives de chansons comme « Astro », « I Fought Piranhas » ou « The Big Three Killed My Baby ». Jack en profite pour glisser quelques paroles anti-Bush improvisées.

Le concert permet au duo de faire une synthèse parfaite de ce qu'est le rock'n'roll aujourd'hui, en incorporant au set quelques reprises, dont un riff d'AC/DC enchaîné à une chanson d'un autre duo rock, The Kills (« Superstition »), et en jouant leur hymne country fun « Hotel Yorba ».

Rappel final et conclusion

Rappel. Le public, même s'il était très mou — peut-être constitué en majeure partie de gens qui écoutent ce groupe parce qu'il est à la mode pour être branché — est conquis et en redemande. Finalement, ça fait plaisir de voir qu'un bon groupe de rock peut encore avoir sa chance... même si c'est au prix d'une médiatisation inéluctable.

Jack White et sa « sœur » Meg reviendront sur scène pour trois morceaux, dont le méconnu « Lafayette Blues », avant de s'éclipser non sans avoir remercié — rapidement — le public. Hank Williams en fond sonore. Tout le monde quitte la salle.

Je n'ai pas regardé l'heure à laquelle a commencé le concert... je ne saurais donc pas dire combien de temps il a duré, et je suis sûr que je me planterais si j'essayais.

Un concert comme celui-là ne dure jamais assez longtemps... un peu comme quand on regarde une belle jeune fille : on a envie que ça dure toujours.

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pjefferson_rocks
pjefferson_rocks @pjefferson_rocks
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