
La télévision, la radio, la presse... La musique tient une place prépondérante dans tous les médias. On vous pose souvent la question : « T'écoutes quoi comme musique ? ». Certains ne veulent pas répondre de peur de se faire juger et préfèrent mentir. Pourquoi ? À cause de ce qu'on dit sur certains groupes jugés trop commerciaux. Eh oui, la musique cache un aspect économique qui fait l'objet de nombreux débats.
Télé-réalité et groupes commerciaux : le business de la musique
On parle évidemment des émissions de télé-réalité comme la Star Ac'. Tout le monde a déjà regardé (avoue-le, t'es curieux comme tout le monde) et chacun s'est forgé une opinion sur la musique médiatisée. Aujourd'hui, la musique vise parfois un public très jeune. Ces jeunes ne portent pas encore de jugement réel sur la musique et font comme les copains ou comme on leur dit à la télé. Tout le monde s'est éclaté à 10 ans sur les boys bands qui faisaient fureur il y a quelques années. Aujourd'hui, ce sont les L5 et les groupes du même genre qui prennent la relève.
L'émission Popstar est en fait un casting national qui vise à rechercher des personnes pour constituer un groupe de musique. Mais regardez ce que ça donne au final : cinq filles plutôt mignonnes d'une vingtaine d'années qui se trémoussent devant les caméras. Jamais vous ne verrez de « grosse moche » dans un groupe de ce genre. D'accord, elles chantent bien (faut l'admettre), mais comme des milliers de filles en France. C'est encore plus pitoyable de voir certaines s'effondrer en larmes parce qu'elles ont été refusées. C'est vrai quoi, elles sont plusieurs milliers à faire ce casting, faut pas rêver ! On voit direct les mentalités d'aujourd'hui...
Le résultat ? Un groupe de filles plutôt banales qui chantent ce qu'on leur dit de chanter. Pas ce qu'elles veulent, mais ce que les jeunes d'aujourd'hui veulent entendre : des chansons essentiellement sur l'amour. Ça va rarement plus loin. Et le comble, c'est que ça marche ! Ce sont les producteurs et tout le personnel derrière qui se frottent les mains. Le principal but de ces castings n'est pas l'épanouissement culturel, mais plutôt économique. L'argent, l'argent et encore l'argent.
Apparemment, ça plaît à beaucoup de monde vu le succès de ces émissions (il y en a de plus en plus : « À la recherche de la nouvelle star », « Star Ac' n°6527 », « Graine de star »...). Arf ! C'est bien à petites doses, mais ce phénomène prend un peu trop d'ampleur à mon goût. Après, ce n'est que mon avis. Comme on dit, les goûts et les couleurs ne se discutent pas.
Musique indépendante : entre passion et médiatisation
D'un autre côté, il y a les groupes qui se créent eux-mêmes, qui parviennent à faire des petites scènes par-ci par-là et qui essaient de toucher un certain public. Mais le but d'un groupe de musique, c'est de jouer et de toucher un public ciblé en faisant passer un message, ou de vendre sa musique et tirer profit du système médiatique ?
Évidemment, c'est un plaisir de faire un concert et ça doit être très émouvant de voir une foule reprendre en chœur un refrain qu'on a composé. Pour cela, il faut se faire connaître, autrement dit faire de la pub. Mais modération est le mot d'ordre. Faire une maquette, c'est bien. Tenter de faire partager sa musique, c'est bien. Faire des CD pour cela, c'est aussi une bonne chose, et forcément, il faut vendre. Gagner sa vie grâce à la musique, pourquoi pas ? Mais à partir du moment où l'on ne joue plus que pour ça, ça devient grave. La musique, c'est avant tout un plaisir. Il faut s'imposer des limites et garder sa notoriété sans en abuser.
Comment distinguer un groupe commercial d'un groupe underground ?

Des questions se posent : quel groupe est commercial et lequel ne l'est pas ? Sur quels critères nous basons-nous ? Jusqu'où peut-on considérer qu'un groupe a du mérite ?
Les réponses dépendent souvent du style de musique. On ira beaucoup plus facilement dire qu'un groupe est commercial parce qu'il fait de la pop, alors qu'un autre le sera moins parce qu'il fait du néo jazz électro-acoustique. La pop est souvent montrée du doigt car c'est ce style qui subit le plus les délires médiatiques. Regardez M6 : 9 pubs sur 10 concernent la pop ou le R'n'B, style aussi apprécié des jeunes.
Cependant, succès ne rime pas forcément avec commercial. Par exemple, tout le monde connaît le grand Bob Marley et ce n'est pas pour autant que c'est une « daube » commerciale. On reconnaît en général ce genre d'artistes car ils durent. Ce n'est pas un tube qu'on entend pendant 2 mois et puis basta, non ! Ce genre de groupe est reconnu et chacun éprouve un certain respect pour eux. Dans la même lignée, on peut parler des Doors, de Pink Floyd...
Les groupes underground veulent en général garder leur « intimité musicale » réservée au public qui veut vraiment se plonger dans leur musique. Ils se mettent volontairement à l'écart des médias, se marginalisent en quelque sorte. Après, il y a différents degrés. Certains restent exclusivement « secrets », d'autres accordent quelques interviews par-ci par-là. Le problème qui se pose, c'est qu'on peut changer d'opinion sur un groupe indépendamment de la musique, mais à cause d'auditeurs jugés inaptes à écouter cette musique. Bref, on peut parfois parler d'intolérance.
Quels groupes ont du mérite ? Si un groupe se construit lui-même, qu'il crée sa propre musique, qu'il se passionne pour elle et qu'il tente par tous les moyens de se trouver un public, alors on peut parler de mérite.
Conclusion : écouter ce qu'on veut sans tomber dans la musique « facile »
On ne peut pas se baser sur l'opinion de telle ou telle personne pour juger un groupe, bien qu'on puisse tout de même la prendre en partie en compte. Il faut souvent ne se fier qu'à soi, à son ouïe, mais aussi se renseigner et connaître l'environnement du groupe. Bref, chacun écoute la musique qu'il veut, mais il ne faut pas tomber dans le panneau de la musique « facile ».