
Piste 1 : BLACK OUVERTURE (0'50'')
Intro chaotique de 50 secondes, donc relativement impossible à noter.
La phrase improbable « mais pas tant que ça » : « Ceux qui restent, le rebut et le coupon ». Sans doute l'une des phrases les plus engagées de tous les albums d'Indochine.
Piste 2 : BLACK CITY PARADE (05'33'') ★★★
Morceau d'ouverture « punchy mais pas trop » comparable à Dancetaria du même nom, voire Go Rimbaud Go sur La République des Météors.
La phrase improbable « mais pas tant que ça » : « Je ne sais pas où l'on va mais on ira ». Une citation qui résume toute la carrière du groupe.
Piste 3 : COLLEGE BOY (04'46'') ★★★1/2
L'indispensable chanson perverse au texte suffisamment cryptique pour que chacun puisse se l'approprier. Suite logique de tous les titres du groupe en « boy ».
La phrase improbable « mais pas tant que ça » : « Oui j'aime ça le goût du lait sur ta peau, j'ai le droit ». Nicola Sirkis s'octroie le droit d'écrire tout ce qui lui passe par la tête (et c'est ce à quoi on adhère généralement).
Piste 4 : MEMORIA (07'12'') ★★ (version album) / ★★★ (version single)
Pas trop fan de cette version longue, qui met du temps à décoller et renforce le côté bancal de sa structure. L'absence de « vrai » refrain est assez pénalisante.
La phrase improbable « mais pas tant que ça » : « Ne me pardonne pas, mais ne m'oublie pas, ne m'excuse pas, mais ne nous oublie pas ». Jean-Louis Aubert a trouvé son maître. Son « On a eu tout ce qu'on a voulu, même si on n'a pas voulu ce qu'on a eu » paraît bien fade en comparaison.
Piste 5 : LE FOND DE L'AIR EST ROUGE (04'55'') ★★★★
Là on décolle pour de bon avec ce morceau qui convoque tout ce que le groupe possède en termes spatiaux-temporels. Le travail sur le son est énorme, proche de Republika sur l'album précédent, et à mille lieux de ce que le groupe fut dans les années 80-90. Même le fond pseudo-communiste ne gâte rien à l'affaire.
La phrase improbable « mais pas tant que ça » : « Gimme gimme gimme gimme why ? ». L'exercice de l'anglais n'est pas la force principale de N. Sirkis, mais là il touche au sublime du non-sens.
Piste 6 : WUPPERTAL (06'46'') ★★1/2
Contestation de principe sur ce titre à l'allure de slow gentillet traditionnel comme Le grand secret sur Paradize ou Le lac sur La République. Certes ça devient plus épique dans la deuxième moitié, mais pas de quoi planer.
Mise à jour avril 2013 : ★★★★ Je revois mon jugement sur ce titre, finalement bien plus complexe qu'une simple ballade et presque impérial dans son crescendo renversant. Je suis particulièrement touché par un texte qui résonne comme un résumé de mon année 2012 et de toutes les transformations entreprises.
La phrase improbable « mais pas tant que ça » : « Et je danse pour moi ». Toujours utile de le préciser tant il est rare que l'on se move dans un seul souci personnel.
Piste 7 : LE MESSIE (05'06'') ★★1/2
Le bon vieux coup de la chanson-blasphème. Moins émouvante que Dark sur Paradize mais plus cohérente que Sweet Dreams sur Alice & June. Un potentiel karaoké certain.
Mise à jour avril 2013 : ★1/2 Un morceau que je n'arrive plus à écouter au bout de deux mois, je le trouve particulièrement bancal et maladroit.
La phrase improbable « mais pas tant que ça » : « On dit qu'il n'est pas content et qu'il défie tous les gouvernants, qu'il aime les garçons, qu'il vit avec des filles ». Rien de bien paradoxal dans une logique venue tout droit de la galaxie Sirkis.
Piste 8 : BELFAST (06'04'') ★★★★
La tuerie électro-rock de service, vraisemblablement très marquée par les références anglo-saxonnes du groupe (Nine Inch Nails, Marilyn Manson...). Se retrouvera assez vite sur les dancefloors pour y déloger les médiocres BB Brunes. Quelques approximations dans le mix de paroles en franglais mais ça passe.
Mise à jour avril 2013 : ★★1/2 La lassitude gagne rapidement avec cette formule un peu trop convenue.
La phrase improbable « mais pas tant que ça » : « I wanna see you try ». La langue anglaise semble posséder bien peu de verbes si l'on en croit cet éternel « see », fil rouge shakespearien du groupe.
Piste 9 : TRAFFIC GIRL (05'19'') ★★
Sonne un peu hors-sujet à l'ère 2013 du groupe, mais plaira sans doute aux vieux fans avec son rythme fleurant presque le Kao-Kao Bang. Un peu comme Play Boy sur La République des Météors.
La phrase improbable « mais pas tant que ça » : « Tu ne te relèveras pas, ne reste pas ». Deux actions contradictoires bien dures à concorder, encore que.
Piste 10 : THEA SONATA (05'01'') ★★
Mêmes défauts que certains titres précédents, notamment Wuppertal : une approche trop empreinte de certains tics du passé. La mélodie d'ouverture rappelle Pink Water. Toujours pas de refrain fédérateur, ce qui semble devenir une marque de fabrique depuis quelques albums.
Mise à jour avril 2013 : ★★★ Beaucoup plus touchante que la première écoute ne me l'avait laissé paraître.
La phrase improbable « mais pas tant que ça » : « Tu disais 'tous les garçons sont des salauds', tu disais 'toutes les filles sont des salauds' ». Qu'importe le sens pourvu qu'il y ait la rime.
Piste 11 : ANYWAY (04'03'') ★★
On reste dans le gentillet avec cette ballade romantique. Elle évoque même par certains aspects La Colline des Roses, ce qui ne nous rajeunit pas. Pas franchement mauvais, mais tellement en-dessous de leur potentiel.
La phrase improbable « mais pas tant que ça » : « Regarder le plafond, accrocher la corde et fermer la maison ». Pas forcément dans cet ordre là mais ça peut exister.
Piste 12 : NOUS DEMAIN (05'55'') ★★1/2
Sorte de road-movie musical, les nappes de synthé et la batterie y vont de bon cœur, la voix est plus en retrait que d'habitude, notamment une absence de ces notes prolongées jusqu'à la déraison.
La phrase improbable « mais pas tant que ça » : « En route, claque la portière et lève ton père ». Ainsi débute de manière tonitruante ce titre au final assez sobre.
Piste 13 : KILL NICO (05'52'') ★★
Un remake mal camouflé de Le Dernier Jour (La République des Météors), ce qui dénote un manque de fraîcheur assez apaisant. Ajoutez à cela les simples « lalalala » en guise de refrain entraînant et vous avez un morceau à moitié réussi.
Mise à jour avril 2013 : ★★★ Ne serait-ce que pour l'explosion finale, elle mérite d'être réévaluée à la hausse.
La phrase improbable « mais pas tant que ça » : « Kill me why ». Mais pourquoi cet abus de phrases anglaises jetées en pâture ?
Piste 14 : EUROPANE OU LE DERNIER BAL (04'33'') ★★★
Titre planant idéal pour clôturer l'album. Sans aucune esbroufe et doté d'un final dans la grande tradition indochinoise. Envoûtant et rédempteur pour une deuxième moitié d'album un peu trop terne.
La phrase improbable « mais pas tant que ça » : « Vous et moi le bal... Comme dans le dernier bal ». On ne pourra plus jamais reprocher une absence de rimes riches, comme en témoigne ce tour de force consistant à faire rimer un mot avec lui-même.
Bilan général : ★★★
Un fond pop/new-wave intact, quelques morceaux plus dansants, des textes toujours aussi réjouissants tant on peut en faire ce qu'on en veut, des influences rock positives qui aboutissent à un son que seuls les gens de mauvaise foi pourraient assimiler à de la variété, des abus de « lalallalalalala » moins importants que d'habitude (seulement sur deux titres) et toujours cette façon de fondre habilement l'apaisement dans l'angoisse. Ou l'inverse.
Un sentiment nettement moins dithyrambique que celui éprouvé aux premières écoutes de La République des Météors en 2009, mais bien plus enthousiaste que pour le trop dispersé Alice & June en 2005.
Conseil : écoutez l'album au casque pour en percevoir toutes les subtilités.