
Tracklist de Zos Kia Cultus
- Horns Ov Baphomet
- Modern Iconoclasts
- Here and Beyond [Titanic Turn of Time]
- As Above So Below
- Blackest Ov the Black
- Hekau 718
- The Harlot Ov The Saints
- No Sympathy For Fools
- Zos Kia Cultus
- Fornicatus Benefictus
- Typhonian Soul Zodiack
- Heru Ra Ha : Let There Be Might
Line-up :
- Nergal – Chant / Guitare lead
- Inferno – Batterie
- Havok – Guitare lead
- Novy – Basse

Une évolution vers le Death Metal technique
Depuis l'album Satanica, Behemoth a pris une voie plus directe, abandonnant quelque peu le côté black metal horrifiant qui parsémait ses premiers albums. Il est étonnant de constater que le son en devient nettement plus intéressant et surtout beaucoup plus original. La musique de Behemoth a donc dévié vers un Death puissant et technique si raffiné qu'on l'attribue facilement à certains groupes américains comme Nile – une comparaison qui n'est pas des moindres, car l'influence de ce groupe se fait nettement ressentir sur certains riffs, notamment celui de « Horns Ov Baphomet » et son solo aux sonorités égyptiennes. Mais le groupe mêle aussi le condensé de puissance du death au côté mystique et mystérieux de ses origines black. Behemoth est un groupe intelligent, comme en témoignent les paroles recherchées de Nergal et de son ami Krzysztof Azarewicz.
Un album plus profond et heavy
Cet album se démarque des précédents en étant moins incisif mais plus profond – il était difficile de faire plus bourrin que Satanica. Les chansons sont plus lourdes et favorisent l'ambiance plutôt que l'énergie pure, sans pour autant l'évincer. L'album reste dans la continuité des précédents : on retrouve des titres tranchants comme « As Above So Below » ou « Modern Iconoclasts » et une pluie de riffs dévastateurs. Nergal favorise cependant le côté death abordé par Behemoth depuis quelques années, et les ambiances black se fondent difficilement dans ces préceptes du death technique – on retrouve toutefois quelques riffs rappelant l'ancienne période du groupe, comme sur l'intro de « Blackest Ov The Black ».

Des compositions épiques et ambitieuses
Ce disque met en avant les pièces épiques et les chansons longues, délaissant les condensés de bourrinisme intenses pour montrer une face plus réfléchie de Behemoth. La pièce maîtresse « Zos Kia Cultus » et ses multiples solos illustrent cette approche novatrice, alternant moments mélodiques et passages complètement massifs. Il en va de même pour le titre clôtural « Heru Ra Ha : Let There Be Might ». Inutile de dire que ce disque n'est pas facile d'accès : il faut s'habituer aux ambiances dégagées, et l'écoute est parfois déroutante. Certains titres comblent difficilement l'auditeur et font presque office de remplissage – c'est le cas de « Hekau 718 » et « Fornicatus Benefictus ».
Une prestation technique impressionnante
La prestation des musiciens est irréprochable, et l'ensemble se discerne facilement grâce à une production canon. Le duo mythique Inferno/Nergal fait encore des siennes avec des blasts de batterie toujours aussi rapides et puissants – quelle pluie de blasts dans l'outro de « Blackest Ov The Black » ou l'intro militaire de « Zos Kia Cultus » ! Les riffs de Nergal accentuent le côté technique, et son chant n'a pas évolué depuis Satanica : toujours aussi étrange mais saisissant et original, proposant des refrains gutturaux marquants. Il s'amuse même à hurler dans une langue mystérieuse sur l'intro de « The Harlot Ov The Saints » et sur le refrain mythique de « Heru Ra Ha : Let There Be Might ».
Quelques longueurs et répétitions
Le disque est incontestablement plus long, mais peut-être trop long pour un groupe qui se veut précurseur d'une direction death. Certaines chansons deviennent répétitives – peu de différences entre « Modern Iconoclasts », « As Above So Below » et « No Sympathy For Fools ». La déferlante de riffs est parfois monotone, et on aurait aimé que le côté mélodique soit davantage abordé, comme sur « Typhonian Soul Zodiack ». Peu de titres sont vraiment impressionnants : seuls ceux avec une dimension épique se démarquent des morceaux de death conventionnel.

Verdict final
Ce disque peut parfois sonner comme un copier-coller du brutal death technique américain (Nile, Morbid Angel, Vital Remains), mais il reste tout de même très personnel.
Note : 14/20
Morceaux préférés :
- Here and Beyond [Titanic Turn of Time]
- Zos Kia Cultus
- Heru Ra Ha : Let There Be Might