
Tracklist de La Masquerade Infernale
- Master of Disguise
- Ad Astra
- The Chaos Path
- La Masquerade Infernale
- Alone
- The Throne of Tragedy
- Painting My Horror
- Of Nails and Sinners
Line-up
- Kristoffer Rygg (Garm) – Chant
- Knut M. Valle – Guitare
- Dag F. Gravem – Basse
- Steinar Sverd Johnsen – Claviers
- Jan Axel Von Blomberg (Hellhammer) – Batterie

Arcturus : génie musical venu de Norvège
Arcturus, un groupe de génies. Voilà un groupe né des terres norvégiennes, bercé par des riffs acides provenant de leurs influences du black metal. Mais Arcturus a choisi d'emprunter une voie bien différente, au grand dam des puristes. Aujourd'hui, Arcturus s'est orienté vers une musique... nettement plus bizarre.
Un univers théâtral et avant-gardiste
En ouvrant le lecteur pour y placer la nouvelle galette du groupe succédant au violent « Aspera Hiems Symfonia », on est transporté vers un tout autre monde. Un monde où règnent froideur et virtuosité dans un excellent concept théâtral grandiloquent.
Une virtuosité musicale, tout simplement. Tout est beau, millimétré, d'une finesse incomparable pour donner quelque chose de fou, d'excentrique et de décalé, comme sur « The Chaos Path », chanté par l'illustre Simen (alias Vortex) avec un chant fou et théâtral.
Un album-concept d'une rare poésie
Cet album est d'une magnificence et d'une poésie parfaites. Il s'apparente à une véritable pièce de théâtre, comme l'illustre le très cabaret « La Masquerade Infernale ». Cependant, l'écoute demande un effort certain. Il faudrait écouter le disque 25 fois pour s'imprégner de l'esprit d'Arcturus.
Cet album est très avant-gardiste, très progressif, et surtout bien loin du black metal conventionnel.
Ambiance atmosphérique et arrangements symphoniques
Arcturus privilégie le côté atmosphérique avec des pièces épiques au piano et de sombres accords de violon. Les guitares ont un rôle secondaire, accompagnant pour donner une lourdeur malsaine mais s'envolant aussi dans une grâce infinie lors de solos mélodieux.
Le nouveau guitariste Knut M. Valle propose autant de technique que son prédécesseur, comme en témoignent les passages sur « Throne of Tragedy » ou « Ad Astra ».

Focus sur « Ad Astra »
S'il n'y avait qu'un titre à retenir, ce serait bien celui-ci. Rien n'égale cette grâce, cette approche mélodique qui se condense sur violoncelles et violons avant de s'effondrer sur les mélodies de clavier de Steinar Sverd Johnsen, pour finir dans un rare flot d'émotions.
Les défauts de l'album
Principal défaut : sa complexité. Certaines pièces privilégient trop l'avant-garde et le progressif, comme sur « Master of Disguise » et « Painting My Horror ». Les vocaux de Garm peuvent aussi être déroutants, avec un manque de maîtrise parfois évident sur les aigus.
Conclusion
Ce disque reste magique dans son intention. Arcturus multiplie les expérimentations (saxophone sur « Throne of Tragedy ») et livre un album philosophique et poétique aux influences romantiques françaises et anglaises.
Certes difficile d'accès, notamment sur « Of Nails and Sinners » et ses expérimentations électroniques, Arcturus reste un groupe unique en son genre. Jamais copié, jamais égalé.

Note : 14/20
Morceaux préférés :
- Ad Astra
- The Chaos Path
- Alone