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Musique

Anorexia Nervosa : Redemption Process

Chronique de "Redemption Process" d'Anorexia Nervosa : un album de black metal symphonique qui marque une évolution vers un son plus massif, sans perdre sa magie romantique décadente.

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Redemption Process : Présentation de l'album

  1. The Shining
  2. Antinferno
  3. Sister September
  4. Worship Manifesto
  5. Codex-Veritas
  6. An Amen
  7. The Sacrament

Line-up :
- Stefan Bayle – Guitare
- Pierre Couquet – Basse
- Hreidmarr – Chant
- Neb Xort – Claviers
- Niclas Vant – Batterie

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Anorexia Nervosa : Une référence du black metal symphonique français

Anorexia Nervosa est l'une des fiertés de la France, et ce malgré un départ quelque peu hésitant avec des bases teintées d'industriel. Néanmoins, le groupe a su imposer son black metal (si si, pour moi ça en est, désolé les puristes…) à une ambiance romantique décadente. Pourtant, son metal n'est au départ pas très exclusif, un peu pompé sur les groupes à grosse carrière comme Cradle Of Filth ou Dimmu Borgir (notamment au niveau des claviers). On ne note cependant pas la place d'Anorexia Nervosa sur ce panthéon commercial offert aux stars (déchues) du black metal symphonique, alors que le groupe, sans être révolutionnaire, a su proposer son ambiance, son style très accrocheur.

Son atmosphère sonne en effet très grandiloquente et on a vraiment l'impression de naviguer dans la folie poétique du Paris du XVIIe siècle et son classicisme. Ces bases ont été mises en valeur sur Drudenhaus et New Obscurantis Order, les deux premiers efforts du groupe qui sonnent très symphonique, et aujourd'hui continues sur des chansons telles que « The Shining » ou « Worship Manifesto ».

Un album perfectible malgré de belles qualités

Avec l'arrivée de ce nouvel album, Anorexia Nervosa prouve encore sa suprématie sur le trône convoité du black metal symphonique (voilà qui va encore faire chier les puristes !!!). Un album qui s'avère parfait à première écoute, quoiqu'un peu condensé, mais qui ensuite se pervertit à travers des impressions ennuyeuses et lassantes. Oui, je m'ennuie avec cet album : autant sur les précédents la diversité n'était pas grande, autant il y avait un je-ne-sais-quoi qui rendait le tout terriblement accrocheur. Sur cet album en revanche, certaines chansons passent avec une lenteur extrême, comme « Antinferno » (malgré sa partie psalmodiée en latin marrante) ou « An Amen ».

Une évolution musicale notable

Cet album annonce pourtant une révolution musicale chez Anorexia Nervosa qui ne se contente pas de reprendre la sauce théâtrale de ses albums et évolue à l'encontre des préceptes. On constate que sur cet album les guitares ont pris leur importance au point de reléguer les claviers en seconde position. Oui, mais malheureusement la production et les riffs (très lourds) font que cet album sonne beaucoup moins mélodique, plus lourd et plus massif.

Les hymnes apportées pour argumenter mon jugement sont des titres comme « Sister September », mais là ce n'est pas vraiment un bon exemple car les guitares sont divines. Elles ont sur celle-ci un premier plan mélioratif, mais force est de constater que « Antinferno » ou « The Shining » sont vraiment très lourdes et accentuent trop l'effet des guitares. Ce qu'il manque toujours chez Anorexia Nervosa au niveau des guitares, ce sont des chorus géniaux qui marqueraient une once de mélodie, ou des riffs death d'une violence éperdue (malgré le contre-exemple de « Sister September »).

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La magie Anorexia Nervosa toujours présente

Mais attention, ne pas aller dans l'exagération de mes propos : cet album garde quand même la magie fidèle d'Anorexia Nervosa. Et bien que les claviers soient pour moi beaucoup moins travaillés et secondaires (c'est vraiment dommage car le talent de Xort est tout simplement génial), de nombreux titres prouvent qu'Anorexia Nervosa continue dans son ambiance « romantisme désabusé » qui se traduit par les hurlements écorchés de Hreidmarr.

Ainsi nous noterons le terrible « Worship Manifesto » avec l'apparition de claviers qui se traduisent par l'arrivée de chœurs malsains et de violons éclatants (bien que beaucoup moins déchaînés que sur New Obscurantis Order), ou bien « Codex-Veritas » sur lequel Anorexia Nervosa annonce l'arrivée d'un nouvel hymne de violence où grondent la furie d'une batterie malmenée et le chaos pestilentiel de claviers épiques où se mout la nature agressive de Hreidmarr (quelle beauté dans ses textes !).

Production massive et changement de vision

Peut-être est-ce la production qui rend cet album beaucoup trop massif ? Ou peut-être le fait qu'Anorexia ait décidé d'adopter une nouvelle vision des choses ? Mais bon après, c'est à nous d'adopter ce changement (qui paraît pourtant si peu évident). Pour moi, le délice du groupe provenait des claviers et je fus honteusement blessé à l'écoute de cet album qui me semblait beaucoup moins fluide que ses prédécesseurs.

Un point positif cependant (pour moi) : Hreidmarr bonifie de plus en plus la qualité de ses lyrics, s'appuyant sur un style plus langoureux et moins violent qu'auparavant (bien que restant très personnel – lisez donc ce passage en français sur « Worship Manifesto »). L'album s'appuie sur le concept de la rédemption.

Conclusion

Pour conclure, c'est un album encore rempli d'émotions, de hargne et de virtuosité qui amèneront à la toujours musique d'Anorexia Nervosa une franche subtilité, mais le tout est trop compact et trop condensé pour parvenir à me toucher entièrement.

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Note : 12,5/20

Mes morceaux préférés :
- Worship Manifesto
- Sister September
- Codex-Veritas

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la putain du diable
Luna La putain du diable @la putain du diable
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