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Monde

Y a qu'à, faut qu'on...

« Y a qu'à, faut qu'on » : ces mots, nous les prononçons tous. Pourtant, nos solutions miracles ont-elles vraiment du sens ? Des impôts à la Sécu, retour sur nos contradictions.

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La société française n'est pas parfaite, c'est un fait, et nous avons vraiment la critique facile. Nous accusons le gouvernement de tous les maux qui nous pèsent. Mais si je prends du recul et que je regarde vraiment ce qu'il en est, je me rends compte que nous sommes aussi responsables que le gouvernement. Prenons des exemples.

Impôts : pourquoi est-il si difficile de baisser les prélèvements ?

Aïe, sujet douloureux. Nous nous accordons tous à dire que nous voulons en payer moins. « Y a qu'à baisser les taux ! », « Faut qu'on supprime les cotisations salariales ! ». Certes, mais avons-nous pensé que ça signifie moins d'argent dans les caisses de l'État, donc moins de crédits pour les divers services sociaux, donc moins d'aides et d'infrastructures « gratuites » ? Ah oui, mais on veut quand même les garder ! Ne faut-il pas faire un choix ?

Pouvoir d'achat : faut-il vraiment augmenter les salaires ?

« Y a qu'à augmenter les salaires ! » Ben oui, mais si les entreprises augmentent les salaires, les charges de ces dernières augmentent aussi et, afin de rester bénéficiaires, elles augmentent leurs prix de vente. Avons-nous vraiment gagné ?

Produits français : comment concilier consommation locale et pouvoir d'achat ?

« Faut que nous achetions des produits français ! » Mais comme nous sommes une main-d'œuvre très coûteuse, nos produits le sont aussi, et nous n'avons pas forcément les moyens. « Y a qu'à baisser les prix ! » Mmm. Baisse des prix = baisse des charges = baisse des salaires. Il n'y aurait pas un dilemme, là ?

Sécurité sociale : entre abus et remboursements insuffisants

On veut tous en bénéficier mais on ne veut pas en payer le prix. En plus, nous sommes en déficit, et le mot est faible. Il y a des abus. Le gouvernement lance une campagne de sensibilisation. Pas de changement. Alors le gouvernement sévit : diminution des remboursements, augmentation des cotisations. Ah non, « y a qu'à punir ceux qui abusent ! » Et sur quels critères définit-on les « abuseurs » ? Comment être certain qu'il n'y aura pas des honnêtes gens dans le lot ?

Crise urbaine : quelle réponse face à la violence ?

Pour finir cette liste d'exemples, un sujet d'actualité qui enflamme notre société au sens propre : j'ai nommé, la crise urbaine.

Ces derniers jours, j'ai entendu et lu pas mal d'opinions sur la conduite à tenir afin de juguler cette débauche de violence.

« Y a qu'à mettre des flics en plus dans les rues pour la dissuasion ! » Ah oui, mais en mettre partout, c'est de la provocation !

« Faut que nous en mettions moins alors ! » Ah oui, mais alors on n'est pas en sécurité car les vilains se croient tout permis.

« Y a qu'à les arrêter alors ! » Ah oui, mais il ne faut pas leur courir après, sinon ils se mettent en danger. Mais bien sûr, ils vont sûrement se rendre.

Bref, et j'en passe et des meilleures.

Conclusion : nos contradictions et la responsabilité collective

Évidemment, tout est la faute de Sarko : il n'a pas une bonne politique, il ne propose pas de bonne réforme, il manque de finesse et patati et patata. Il a bon dos. (Je ne suis pas pro-Sarko, mais quand même.)

Ce n'est pas un peu facile, tout ça ? Et nous, qui cassons du sucre à outrance, avons-nous des idées concrètes afin d'améliorer notre quotidien ?

Et oui, c'est pas aussi simple que « y a qu'à, faut que ». De toute manière, nos privilèges nous ont transformés en éternels insatisfaits, et nous ne voulons pas lâcher le morceau. Mais ne devons-nous pas faire quelques concessions ?

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babe
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