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Monde

Voiture folle en ville

Le 7 juillet 2003 à Lausanne, une voiture folle fauche 9 personnes sur le Grand-Pont. Un drame bouleversant qui rappelle que la vie ne tient qu'à un fil.

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Lausanne, mardi 7 juillet 2003. 12h30. Il fait beau, chaud et les rues sont noires de monde. Les vacances scolaires ont commencé, les enfants se promènent en ville avant de partir, les employés sortent de leur bureau pour aller déjeuner. Bref, c'est un début de semaine comme les autres jusqu'à ce que...

Il est 12h39 lorsqu'une voiture folle roule en plein centre-ville, percute un poteau, une poubelle et grimpe sur le trottoir. Tout se passe très vite. Les gens crient, se mettent à l'abri. Malheureusement, la voiture continue son chemin, sans ralentir, sur le trottoir et fauche 9 personnes dont une petite fille de 2 ans dans sa poussette.

Le déroulement du drame sur le Grand-Pont

En suivant une ligne droite, la voiture a défoncé la barrière du Grand-Pont et a entraîné avec elle 5 personnes (dont la maman de la petite fille qui était restée accrochée au capot de la voiture), pour finir 11 mètres 30 plus bas, sur une autre route très fréquentée aux heures de pointe. Heureusement, à cet instant, aucun véhicule ne passait par là. Un passant se précipite au secours de la petite fille et lui fait de l'ombre avec sa veste. La police arrive, mais les secours se font attendre. Le passant hurle : « Mais où sont les ambulances ? » Un policier examine la fillette, la porte dans sa voiture et file à l'hôpital de l'Enfance, sirènes hurlantes. Les ambulances ont mis moins de 2 minutes pour intervenir. Il y a des blessés sur le pont et en bas du pont, des gens choqués, qui pleurent et ne comprennent pas ce qui vient de se passer. Le centre-ville est bloqué à la circulation, des gens se pressent pour voir ce qui se passe et aider les secours. Les victimes ont toutes entre 18 et 26 ans.

Le conducteur : un sportif d'élite lausannois

Le conducteur est retrouvé à côté de sa voiture, vivant mais blessé. C'est un sportif d'élite lausannois très connu, âgé de 37 ans. Il roulait entre 45 et 55 km/h (la limite autorisée en ville est de 50 km/h). Sur le bitume, aucune trace de freinage !

Dans la soirée, une jeune femme de 22 ans est décédée des suites de ses blessures et il y a toujours 4 personnes grièvement blessées à l'heure actuelle. Le conducteur est sorti de l'hôpital le lendemain. Mais que s'est-il passé ? Était-il sous l'emprise de la drogue, de l'alcool ou était-il fatigué ?

Les journaux avaient mis la sentence du conducteur sur toutes les manchettes : « Inculpation pour homicide intentionnel ». Sa défense ? « Je tentais de régler mon autoradio. » Mais les témoignages de nombreux témoins ont convaincu le juge de sa culpabilité.

Un élan de solidarité à Lausanne

Depuis mardi soir, des centaines de fleurs, messages et peluches ont été déposés sur les lieux du drame. Des draps blancs avec un message tagué en noir en mémoire des victimes. Une messe a été dite à l'église de St-François hier soir.

Pour les personnes plus âgées, ce drame leur rappelle celui du mois d'avril 1982 où une grue était tombée sur la remorque d'un bus.

Sur la route en contrebas, des traces à la craie et des taches de sang. Là aussi, bouquets de fleurs, messages et peluches sont déposés à la mémoire des victimes. Que ce soit sur le pont ou en bas, les bus et les voitures ralentissent. Les gens se recueillent en ces endroits, parlent et parfois, pleurent.

Ma réaction face à cette tragédie

Comme tous les Lausannois, j'ai été stupéfaite, choquée et très en colère. Et je trouve très bien que le conducteur ne soit pas mort. Car vivant, il sera toujours hanté par l'horreur qu'il a commise.

À la lecture des articles dans les journaux, il ressort que le conducteur était une personne suicidaire et qu'il avait déjà tenté de mettre fin à ses jours, il y a deux ans. Alors pourquoi ne pas lui avoir retiré son permis, bon sang ?

Comme beaucoup de monde, je passe sur le Grand-Pont tous les jours, matin et soir, pour me rendre à mon travail. Cela aurait pu être moi. Toujours est-il que nous ne sommes pas à l'abri d'un accident quelle que soit sa nature et la vie ne tient malheureusement qu'à un fil.

Je pense très fort aux parents de Cindy, la jeune fille de 22 ans, car les parents ne devraient pas enterrer leurs enfants.

Ce matin, je suis allée sur les lieux du drame. Je m'étais abstenue jusque-là, car je ne supporte pas la nature voyeur de l'être humain. Et en plus des centaines de bouquets de fleurs, des peluches et des messages sont venus s'ajouter des poèmes très touchants et des bougies blanches de toutes les grandeurs. Certains poèmes et bouquets portaient la photo de Cindy. Il y avait même un morceau de carton avec un stylo pour que chaque personne puisse laisser un message. Et il n'y a pas que des Lausannois : les touristes aussi se recueillent, déposent des fleurs ou laissent un message.

C'est là mon premier article sur un site Internet. Je conçois qu'il n'est pas très réjouissant, mais il concerne chacun d'entre nous, détenteur d'un permis de conduire ou pas.

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alinor
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