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Monde

"Vivre la guerre"

Témoignage personnel sur le conflit israélo-libanais de 2006 : une jeune Libanaise raconte l'impact de la guerre sur son pays et son peuple.

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Je n'essayerai pas d'être objective ou neutre en parlant d'un sujet pareil. Un article concernant la guerre ne peut jamais l'être. La violence, la souffrance, la mort, la misère... tous ces mots nous font réagir.

Personnellement, je ne connaissais la guerre que d'après les livres, les médias, voire... mon programme d'Histoire ! Aujourd'hui, je vis cette guerre, ce conflit israélo-libanais.

Vivre la guerre : un paradoxe

« Vivre la guerre »... un peu étonnant comme expression. Total paradoxe ! J'ai compris durant les derniers jours qu'une guerre ne peut jamais être vécue ; la guerre tue toujours, même si on croit être encore en vie. Elle tue éternellement quelque chose en nous, au fond de notre âme. Chaque victime, chaque plaie, chaque cri qui sort de la bouche d'un Libanais ne fait qu'accentuer le supplice qui leur est imposé.

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L'origine du conflit

Tout commença par le fait que le Hezbollah (un très important parti islamiste du Liban, voire de tous les pays arabes) ait pris en captivité deux soldats israéliens. Certains parlent d'une sorte « d'enlèvement » puisque le Hezbollah a franchi la ligne bleue de l'ONU (se trouvant aux frontières des deux pays) afin de réaliser son opération.

La réponse israélienne fut terrible : depuis le 12 juillet 2006, les avions israéliens n'ont pas arrêté de bombarder les villes et les villages du Liban-Sud, ce qui jusqu'à maintenant a causé la mort de plus de 400 personnes et l'hospitalisation de plus de 1 000 blessés. Les victimes sont essentiellement des civils, et il est dit que la majorité sont des femmes et des enfants.

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Les conséquences humanitaires

Un mouvement d'exode sud-nord a bouleversé le pays. Les habitants du sud se dirigent tous vers les villes du nord, une région qui semble être jusqu'à présent en sécurité. Certains n'ont pas pu prendre refuge, puisque les missiles israéliens ont détruit toutes les routes reliant le Sud au reste du pays. C'est pourquoi des centaines de personnes se trouvent incapables de sortir de leur région, et sont donc obligées de rester dans des zones dangereuses où les avions israéliens visent leurs missiles.

Ce ne sont que les conséquences immédiates. Certes, beaucoup ont vu toute leur famille mourir, d'autres ont perdu leurs maisons.

Une crise économique et humanitaire

Le Liban rentre peu à peu dans une crise économique : la hausse des prix et le manque de produits rendent la situation de guerre de plus en plus critique.

La vie devient de plus en plus difficile : insuffisance des provisions alimentaires et de médicaments, absence d'abris pour les réfugiés (la plus grande partie vit dans les écoles publiques, censées être fermées dans cette période de l'année), coupure de courant électrique, impossibilité d'utiliser les téléphones portables, etc.

Ce sont les bombes qui ont touché l'aéroport International Rafiq Hariri et les navires israéliens qui bloquent les ports qui empêchent tout produit d'atteindre le territoire.

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Au-delà de la politique

J'aurais voulu que cet article soit personnel, et qu'il ne fasse pas partie d'une section reliée à la politique. Les causes de n'importe quelle guerre sont politiques (à la limite économique – si vous voyez ce que je veux dire...), mais les conséquences de la guerre touchent surtout le peuple, la vie du peuple.

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L'espoir et la résilience

Heureusement, nous gardons tous espoir. Au début, on se disputait pour convaincre les autres de savoir c'était la faute de qui : le Hezbollah ou Israël ? Personnellement, j'aurais mis la faute en premier à Israël, mais aussi au Hezbollah qui, à cause de cette opération d'enlèvement, a entraîné tout le pays dans une guerre atroce.

Aujourd'hui, non, ce qui compte c'est le cessez-le-feu. Trop de gens sont morts. Trop d'enfants pleurent. Le Liban a trop payé. Ça suffit, les Libanais méritent de vivre en paix.

Il y a près d'un an, plus d'un million de Libanais se manifestaient et criaient d'une voix : « Liberté, Souveraineté, Indépendance ! »

Malgré tout cela, nous resterons un peuple fort, qui combat pour la liberté et nous ne baisserons pas les bras... Tout ce que nous demandons, c'est vivre. Avoir une vie normale, et ne pas avoir à « vivre la guerre »...

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