
Les manifestations dans l'Éducation nationale se multiplient. Que ce soit pour lutter contre le projet de réforme des retraites ou contre celle de l'éducation nationale, les professeurs et de nombreux ATOS se mobilisent pour défendre leurs intérêts... et les nôtres.
Mais que va-t-il se passer pour le bac ? On est en effet en droit de se poser la question. Risque-t-on de se retrouver sans épreuves ? Ou avec des épreuves qui se dérouleront dans des conditions sortant de l'ordinaire ? Nous ne pouvons à l'heure actuelle être sûrs de ce qui va se passer, mais nous pouvons faire le point sur la situation et les actions envisagées.
Origine du conflit : le projet de décentralisation
Depuis le mois d'octobre, les personnels de l'Éducation nationale se sont mobilisés contre le projet de décentralisation de Luc Ferry (actuel ministre de l'Éducation nationale), qui a pour but, entre autres, de ne plus faire dépendre du ministère les personnels que certains qualifient d'« annexes » du système scolaire : les surveillants, les médecins ou infirmiers scolaires, les assistantes sociales, les COPsy (Conseillers d'Orientation Psychologues), les agents d'entretien... Ainsi, les craintes pèsent depuis lors quant à la suppression ou la précarisation de certains de ces emplois. Mais malgré les nombreuses tentatives du ministre pour rassurer, le mouvement se radicalise peu à peu, et on voit planer l'ombre de mesures plus que radicales.
Les actions qui risquent de perturber le baccalauréat
Attention, pour ce qui est de ces actions, rien n'est moins sûr. Elles sont avant tout des menaces qui visent à faire reculer M. Ferry de ses positions avant l'été. Quant à leur mise en œuvre, elle apparaît difficile, voire dans certains cas surréaliste. De plus, ces actions ne sont pas uniformes sur tout le territoire !
En effet, si dans certaines académies comme celle de Nantes il aurait été décidé de noter entre 15 et 20 les copies, dans d'autres les copies seront notées normalement mais les résultats ne seraient communiqués qu'après modification du projet de loi... Autant dire pas avant longtemps.
Pourquoi le gouvernement protégera les épreuves du bac
Même si ces actions sont maintenues, le gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour assurer la bonne tenue des épreuves. En effet, cela fait maintenant plusieurs dizaines d'années que l'ensemble du système français repose en partie sur les 75 % de réussite au bac. Sans bacheliers, c'est tout une année manquante pour les écoles, universités, etc., mais aussi pour les entreprises. C'est donc impensable qu'il n'y ait pas d'épreuves du bac ! Mais alors, va-t-on vers un bac « cadeau bonus » comme en 1968 ?
Les moyens du gouvernement pour garantir les examens
Pour ce qui est de mai 1968, on en est loin, j'en ai peur, et il y a donc peu de chances que cela se passe ainsi. Mais alors, comment vont se dérouler les épreuves, me direz-vous, avec toutes ces menaces qui planent ? Eh bien, l'académie, représentée par son recteur, a un certain nombre de pouvoirs passant outre le droit de grève.
Tout d'abord, le recteur a le pouvoir de réquisitionner des professeurs pour la surveillance des examens, et cela même parmi les grévistes (les professeurs refusant de se plier à cet ordre s'exposent à une radiation de l'Éducation nationale). D'autre part, pour ce qui est de la correction, le recteur a le droit de créer des cellules de vérification des notes afin de les réajuster si besoin est, et ainsi de restaurer l'ordre parmi les notes.
Ainsi, il est important de ne surtout pas compter sur une hypothétique action pour obtenir votre bac, car le ministre a déclaré qu'il ne transigerait pas. Alors une seule solution... RÉVISEZ !
À bon entendeur, salut.