
L'agriculture industrielle : définition et enjeux
Depuis des millénaires, la terre est cultivée par l'humanité. Labourée, ensemencée, elle a toujours été notre nourricière. Au fil du temps, les modes d'agriculture ont évolué. Les machines agricoles se sont perfectionnées et l'on a trouvé de meilleurs moyens de maximiser la production.
Aujourd'hui, notre société utilise une forme d'agriculture intensive et industrielle pour subvenir aux besoins de la population. Cette forme d'agriculture vise à produire le plus possible sur le moins d'espace possible. L'agriculture de masse a engendré plusieurs polémiques et soulevé de nombreux débats. Pourtant, la majeure partie de la nourriture consommée dans le monde provient de cette industrie.
Mais qu'en savons-nous vraiment ? Nous mangeons, pour la plupart d'entre nous, des produits venant de fermes industrielles. Mais savons-nous ce qu'est réellement l'agriculture industrielle ? Qui profite de cette industrie ? Et surtout, l'agriculture industrielle est-elle bénéfique pour l'humanité ?

Qu'est-ce que l'agriculture industrielle ?
L'agriculture industrielle, ou productiviste, est une agriculture capitaliste : toujours plus de rendement, on cherche tous les moyens possibles pour maximiser la production. Donc tous les moyens sont bons : herbicides, pesticides, engrais chimiques, fertilisants, fécondation in vitro, entassement de milliers de bêtes dans des espaces restreints, utilisation de farines animales… Tout, absolument tout.
Cette agriculture est également très mécanisée, car l'emploi de machines offre un meilleur rendement que celui de l'homme. Cependant, elle ne peut être mécanisée à 100 % et les humains employés dans cette industrie sont exposés à de graves dangers. Dans le cas des plantes, on nourrit directement la plante grâce aux produits chimiques, mais la terre, elle, n'est pas nourrie. Contrairement aux agriculteurs bio qui nourrissent la terre, l'agriculture industrielle ne donne rien au sol. On est alors obligé de toujours refaire le même processus d'épandage pour assurer la survie des cultures.
Le dictionnaire définit le productivisme comme « une tendance à rechercher systématiquement l'amélioration ou l'accroissement de la productivité ». À première vue, cela ne semble pas si mal. Qui se plaindrait d'en avoir plus ? Sauf que la nature est une chose qui ne peut s'appliquer à ce concept. Elle va à son rythme, un rythme qui subsiste depuis toujours. Elle ne peut se contraindre à donner sans attendre en retour. Les agriculteurs, depuis la nuit des temps, l'avaient compris. Ils donnaient de l'engrais à la terre et la laissaient au repos pour qu'elle puisse redevenir fertile. L'homme ne pourra pas, à mon avis, changer la nature. C'est nous qui dépendons d'elle, pas le contraire.

Impacts environnementaux et sanitaires
Évidemment, l'emploi de produits chimiques a de graves conséquences sur l'environnement. Au Québec, la région la plus cultivée est celle des basses-terres du Saint-Laurent. C'est à cet endroit que les effets de l'agriculture industrielle sur l'environnement se font le plus ressentir, car un million d'hectares est utilisé. L'industrie porcine est considérée comme la plus polluante au Québec. C'est le lisier (déjections dont la teneur en eau est supérieure à 85 %) qu'il faut épandre qui constitue la source principale de pollution.
Saviez-vous que les porcs du Québec produisaient plus de 7 millions de mètres cubes de déjections ? En plus, le fumier doit être liquéfié, ce qui nous donne un beau total de 9 millions de mètres cubes de lisier à gérer… Or, 33 % des exportations québécoises sont issues de l'industrie porcine. C'est bien beau faire de l'argent en exportant des porcs, mais on n'exporte pas les déjections qui vont avec !
Les neuf millions de m³ de déjections liquides, qui contiennent des bactéries pathogènes et des bactéries qui favorisent la prolifération incontrôlable d'algues dans les cours d'eau — sans compter le phosphore et l'azote en grande quantité — sont répandus et coulent dans les cours d'eau. Ces aberrations sont dues au fait que certaines fosses d'entreposage ont des fuites et que l'épandage est souvent exagéré. Les eaux de surface et les nappes phréatiques sont touchées.
Les bassins québécois les plus touchés par cette pollution sont ceux des rivières Yamaska, Chaudière, Etchemin et de l'Assomption. Sur l'ensemble des terres québécoises, la capacité du sol à recevoir de l'azote et du phosphore est dépassée. Souvent, leur teneur est de 200 % et plus…
Un problème mondial
C'était un exemple au Québec des effets de l'agriculture industrielle. Ailleurs dans le monde, les effets sont semblables. Le plus gros impact est bien sûr la pollution : de l'eau, de la terre, de l'air. Mais aussi pollution par les odeurs et visuelle : l'agriculture industrielle engendre des paysages uniformes, dénudés de toute vie.
À cela s'ajoute l'exploitation des travailleurs dans les pays pauvres, une main-d'œuvre moins chère. Ils sont exposés à de graves dangers à cause des produits chimiques, en plus de se faire voler leurs terres et de perdre leur liberté. Prenons l'exemple de Dole, qui utilise des produits toxiques jugés trop dangereux en Amérique du Nord, mais qui peut les utiliser car elle œuvre en Amérique du Sud : Guatemala, Costa Rica, Honduras, Nicaragua…
La qualité alimentaire en question
De plus, la nourriture que fournit cette agriculture est sans goût et sans grande valeur nutritive. Demandez-vous pourquoi il y a tant de suppléments nutritionnels sur le marché : c'est parce que notre alimentation ne peut plus nous fournir le nécessaire ! Cette agriculture rapporte gros aux géants de l'agroalimentaire, mais seulement à eux. Les immenses profits sont dus uniquement à la dépendance totale des consommateurs.
Fait révélateur : l'excès de poids chez les Nord-Américains gavés de malbouffe (un Américain sur quatre est obèse) ressemble étrangement à l'excès de poids des bovins gavés aux farines animales… À vous de faire le lien.

Conclusion : un bilan négatif pour l'humanité
Selon plusieurs, l'agriculture industrielle n'est qu'une lutte pour le pouvoir et l'argent. C'est pourquoi elle ne tient pas compte de l'environnement ni de la nature humaine. Les géants de l'agriculture endorment en quelque sorte les consommateurs par les médias, en leur faisant croire que leurs produits sont le summum de la qualité. Les travailleurs sont exploités, les habitants du tiers-monde se font voler leurs terres, puis sont engagés par les compagnies car ils n'ont plus le choix, tout en étant exposés à des produits dangereux.
Les pratiques des industries agroalimentaires sur la planète sont trop dégoûtantes, nombreuses, mais dissimulées à la population. En faisant fi des normes, des lois et des conventions, ces industries sont sûrement en train de détruire la planète. Elles réussissent aussi à manipuler des masses d'individus pour leurs profits. Mais il n'est jamais trop tard pour agir ! Il faut cesser de vivre aux crochets de meurtriers. Dès qu'on est au courant de ces ignominies, il est inutile et hypocrite de fermer les yeux, car nous courons à notre propre perte.
Le fossé qui continue de se creuser entre les riches et les pauvres est encore plus large si nous produisons notre nourriture sur les terres et sur le dos des populations pauvres. Il est simple de communiquer les faits outrageants. Il est plus difficile de convaincre les gens déjà endormis par les grandes compagnies. Mais c'est possible en démontrant l'urgence et l'absurdité de la situation.
Alors ma réponse, c'est non. Non, une agriculture industrielle n'est pas bénéfique pour l'humanité. Elle est son poison.