
Quand une espèce disparaît, l'équilibre de l'écosystème est modifié, car elle fait partie de chaînes alimentaires complexes. Certaines espèces, comme les animaux cavernicoles ou les parasites spécifiques, vivent dans des milieux très fragiles ; la moindre modification leur est fatale. Ce sont des espèces dites à faible valence écologique.
Ce processus naturel d'apparition et de disparition a été drastiquement accéléré par les activités humaines (extension agricole, urbanisation, carrières, assèchement des zones humides, déforestation). Les menaces sont variées : pollution, chasse excessive pour la médecine traditionnelle ou les collections, et destruction des habitats naturels.
Quels sont les impacts de la pollution sur la biodiversité ?
La pollution est l'un des facteurs majeurs de l'extinction des espèces. De nombreux oiseaux, tels que les pélicans ou les cigognes, sont décimés car ils ingèrent une nourriture contaminée par des pesticides.
La concentration de produits toxiques augmente de façon exponentielle le long de la chaîne alimentaire. Elle passe du producteur primaire (le végétal absorbant les engrais) jusqu'au prédateur final.
Les pluies acides, formées par la combinaison de l'eau et de polluants atmosphériques (acide nitrique, acide sulfurique), sont particulièrement nocives pour la flore et la faune aquatique. Par ailleurs, les rejets industriels polluent massivement les océans : en Méditerranée, le manque d'oxygène entraîne la disparition de certains décomposeurs, déséquilibrant ainsi les cycles de la matière.
Pourquoi la déforestation menace-t-elle la faune ?
L'humanité a un besoin constant de ressources, et la tentation d'exploiter des terrains vierges est grande, quelles qu'en soient les conséquences. La forêt subit un déboisement constant et la consommation mondiale de bois croît de manière irrémédiable.
Le patrimoine forestier mondial, et notamment celui de l'Amérique du Sud, a subi des dommages irréparables. La forêt méditerranéenne est également gravement perturbée : les feux de forêt, souvent provoqués pour « assainir » ou « régénérer » les terres, causent une hécatombe d'espèces végétales et animales.

Quel est le rôle de la chasse dans l'extinction des espèces ?
Au XIXe siècle, les massacres d'animaux organisés pour le commerce de la peau et de la fourrure ont fait des ravages. Si de tels actes sont moins fréquents aujourd'hui grâce à une conscience collective et des lois protectrices, des espèces comme l'otarie à fourrure d'Alaska, le bison d'Amérique, la panthère ou le léopard ont frôlé l'extinction. D'autres, sans défense, ont totalement disparu, comme le dodo entre 1680 et 1760.
Le majestueux tigre ne trouve plus que quelques refuges. Alors qu'il rodait librement dans les vastes forêts de mangroves, celles-ci ont été presque entièrement détruites par l'homme.
Les braconniers obtiennent des sommes élevées pour les peaux de tigre et d'autres parties du corps utilisées en médecine traditionnelle. Il ne reste aujourd'hui qu'environ 7 000 tigres dans la nature, contre plus de 100 000 il y a un siècle.

Quelles sont les espèces définitivement disparues ?
Si le panda est le symbole des espèces en voie de disparition, le dodo reste l'exemple le plus connu des espèces éteintes. Déjà au Paléolithique, les chasseurs ont exterminé de grands mammifères comme le mammouth, le rhinocéros laineux ou le glyptodon, principalement pour se nourrir.
Au début de l'ère chrétienne, le lion d'Asie fut chassé jusqu'à son extermination en Europe. De même, l'ours a disparu des Alpes au début du XXe siècle. Ces quatre derniers siècles, l'extinction s'est accélérée par la faute de l'homme. Le zèbre couagga, qui vivait dans les steppes sud-africaines, a été chassé par les colons boers jusqu'à son anéantissement vers 1860. Quelques spécimens survécurent en captivité jusqu'en 1883.
Les dodos, ou drontes, qui peuplaient l'île Maurice, étaient de gros pigeons terrestres incapables de voler. Sans défense face à l'homme et aux animaux domestiques, l'espèce s'est éteinte en 1681. Il reste l'expression anglaise as dead as a dodo (« aussi mort qu'un dodo »).
La perruche de la Caroline, autrefois présente aux États-Unis, a disparu en 1914, chassée pour ses plumes et sa chair. Le dernier spécimen, un mâle nommé Inca, est mort en 1918 au zoo de Cincinnati. Le pigeon migrateur, qui survolait l'Amérique du Nord-Est, a également totalement disparu. La rapidité du phénomène est stupéfiante : un vol pouvait compter plus de 2 milliards d'individus. Le dernier vol a été observé en 1899, et le dernier pigeon est mort en captivité en 1914.
Richard Leakey, ancien directeur des services civils du Kenya et défenseur des grands singes, estime que la planète voit disparaître entre 50 000 et 100 000 espèces chaque année. Ce chiffre, bien que contesté, est deux fois plus élevé que ses propres estimations de quatre ans plus tôt.
Quelles sont les conséquences de la disparition des espèces ?
La disparition d'une espèce est un désastre culturel, scientifique et, surtout, écologique. Elle a toujours des répercussions sur l'écosystème. Si ce rythme se maintient, c'est la Terre elle-même qui est en péril. Chaque espèce est liée à des dizaines d'autres, que ce soit comme garde-manger pour un carnivore ou comme régulateur d'insectes ravageurs.
Une espèce joue un rôle bien précis au sein de sa communauté. La pollinisation de certaines fleurs exotiques, par exemple, dépend d'oiseaux spécifiques comme les colibris. Que deviendrait la fleur sans l'oiseau ?
Tout indique que le taux de disparition s'accélère. Si la tendance ne s'inverse pas, le monde perdra environ 55 % de ses espèces d'ici un siècle. Une telle catastrophe écologique dépasse l'imagination, et ses conséquences sur les survivants sont impossibles à prédire. Les dinosaures ne sont plus là pour en parler...

Quelles sont les mesures de protection mises en place ?
Les premières décisions visaient davantage une gestion du vivant qu'une réelle protection. Néanmoins, les premiers accords internationaux sur la pêche ont assuré la survie de nombreuses espèces. Depuis, les conventions se sont multipliées pour sauvegarder le patrimoine génétique de la flore et de la faune.
L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), créée en 1948, publie une liste des espèces menacées. Malheureusement, celle-ci ne cesse de s'allonger.
Le 3 mars 1973, la convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction (CITES) a été adoptée. Cette « convention de Washington » interdit le commerce des espèces menacées. En 1991, elle liait déjà cent trois États.
D'autres mesures visent la protection de régions entières, comme l'Antarctique en 1959, ou d'espèces spécifiques : réglementation de la chasse à la baleine en 1931, interdiction de chasser l'ours polaire ou la vigogne andine. Des structures législatives internationales se mettent en place, à l'image de la Déclaration universelle des droits de l'animal, proclamée à Paris en 1978.

Quel est le rôle de la SPA ?
La Société Protectrice des Animaux (SPA) se bat depuis 1845 contre la maltraitance animale afin d'assurer la protection et la défense des animaux sur l'ensemble du territoire. Vous pouvez obtenir toutes les informations sur leurs combats sur http://www.spa.asso.fr/