Tout d'abord, je tiens à préciser que cet article est une réponse au point de vue exprimé par Nicolas Merlin dans son article « Arrêtons de tyranniser les USA », paru dans la rubrique Monde. Je vous invite à le lire pour découvrir un exemple concret d'un point de vue naïf qui, sous l'emprise des médias, débite des sottises plus grosses que lui – mais c'est là la seule raison valable pour lire un tel article.
Puissance économique et dépendance énergétique américaine
Avec un territoire aussi riche que le leur – au passage, volé aux Amérindiens –, les États-Unis pourraient jouir d'une indépendance confortable. Or, premiers gaspilleurs, pollueurs et donc importateurs du monde, ils ruinent toute possibilité de développement humain à long terme.
Privilégiant le profit à l'environnement, l'administration Bush se dote d'un budget militaire colossal s'élevant à 380 milliards de dollars. À titre de comparaison, le budget mondial contre le sida n'atteint qu'1 milliard de dollars – dérisoire !
Mais les failles sont là : accumulant un déficit public de 307 milliards de dollars, le pays le plus endetté du monde se doit de s'approvisionner gratuitement en ressources telles que le pétrole... Oh, mais dites-moi, l'Irak ne dispose-t-il pas justement des deuxièmes réserves mondiales pétrolières ? Ce n'est qu'un hasard, rassurons-nous.

L'Europe face à la domination américaine
Au vu des dettes affichées, il est important pour les États-Unis de montrer un profil fort de meneur pour attirer les investissements étrangers. Mais l'illusion ne fait plus effet : les capitaux reviennent en Europe. Une montée en flèche de l'euro face au dollar contraint même la Banque Centrale Européenne à baisser ses taux, au dam des Américains – les baisser à tel point que le prix des produits européens devient trop élevé à l'international.
Bref, c'est tout le système américain qui est remis en cause, et ça ne va pas s'arrêter là.
Dette publique et protection militaire
En effet, le remboursement des dettes n'étant pas à l'ordre du jour de Monsieur Bush junior, la dette ne peut que se creuser. Viendra un jour où il faudra rembourser, et l'on dira au passage : « Merci le Japon » qui, premier prêteur du monde, accorde ses crédits en échange d'une protection militaire.
Environnement : le bilan catastrophique des États-Unis
Mais au-delà de sa monnaie, la principale victime de la politique américaine reste notre planète. Avec une augmentation de 15,2 % de ses émissions de gaz à effet de serre en 10 ans et la mise en place d'un « Marché d'émissions », les États-Unis ne semblent guère s'en préoccuper.
Marché d'émissions : chaque pays a un quota d'émission de gaz à effet de serre. Les États-Unis profitent de ce système pour racheter aux pays pauvres leurs parts de quota.
La France, elle, ne fait pas mieux. Certes, elle n'a pas besoin d'un pareil système, mais c'est grâce à son énergie nucléaire qui lui fournit 85 % de son énergie. Attention, danger !

La doctrine de l'attaque préventive
Profitant de leur supériorité militaire, les États-Unis s'arrogent le droit, au nom de « l'attaque préventive », de déclarer la guerre à n'importe quel État sans avoir de comptes à rendre à qui que ce soit. Ils trouvent donc des prétextes bidons pour se justifier devant l'opinion internationale :
- Attaque du 11 septembre pour l'Afghanistan (aucun lien entre les deux, même via Al-Qaïda)
- Détention d'armes de destruction massive pour l'Irak (rien n'a été trouvé depuis des mois, et les accusations contre Tony Blair pour diffusion de fausses preuves ne vont pas aider sa justification)
Qui sera le prochain ? La Corée du Nord ? L'Iran ?
Mais qui doit réagir ?

Vers un monde multipolaire : l'Europe comme alternative ?
La Russie ? Ex-puissance mondiale, elle n'est plus qu'un acteur impuissant de cette machine infernale.
Le Japon ? Trop occupé par la menace nord-coréenne, il n'est plus qu'un subalterne docile et obéissant.
La réponse s'impose : l'Europe...
« Défenseure du bon sens et respectueuse de l'environnement, seul rempart face à la menace américaine... »
C'est ainsi que nous, Européens, percevons notre continent. Mais l'Europe n'en reste pas moins divisée de l'intérieur par ses orientations politiques. La Grande-Bretagne, alliée de toujours des États-Unis, joue un double jeu et nous délaisse. L'Allemagne, qui comme nous connaît des revers économiques, est au plus mal... Bref, l'Europe n'est pas prête à jouer le rôle qui lui est destiné, du moins pas encore.
Mais le moment venu, le monde unipolaire dans lequel nous vivons se métamorphosera. Et ce jour-là, peut-être, la nature sera respectée, tous les peuples libres... Ce n'est pas demain la veille, mais tenons bon.
Vous voyez qu'il reste encore de l'espoir... À vous de juger.