
Travailler plus pour gagner plus ? Pour relancer la consommation, pour relancer l'économie capitaliste défaillante... c'est en substance le raisonnement apparent.
Ce serait bien si les choses étaient aussi simples.
Mais voici ce qu'il faut savoir : par rapport à ce qu'une entreprise facture et ce qui rentre dans la poche de l'employé, il faut retrancher les charges patronales, les charges salariales et les impôts sur le revenu. En moyenne, 75 % de la facture part à l'État, contre seulement 25 % pour le salaire net.
Donc, les trois quarts de ce qu'on gagne sont en fait reversés à l'État (en moyenne approximative). Si vous gagnez 100 € de plus à la fin du mois, c'est 300 € qui sont versés à l'État.
Où va vraiment l'argent de vos impôts ?

Oui, bien sûr qu'il faut travailler plus pour payer les dépenses de l'État. Mais est-ce vraiment dans l'intérêt du travailleur lui-même ?
Si l'on considère que ces impôts servent à financer la Sécu, les infrastructures (routes, éducation, etc.), la réponse est OUI.
Mais si on considère que la totalité des impôts sur le revenu en France sert à payer les intérêts de la dette nationale, que les grandes entreprises sont de facto exonérées de charges sociales (sinon elles ferment et l'État ne peut le permettre), et que cet argent sert à financer des opérations « financières » pour les amis jetsetteurs de Nicolas, alors la réponse est NON.
Donc, si on considère que travailler plus signifie verser plus de rentes aux rentiers et plus d'aides aux personnes à charges (chômeurs notamment), la réponse est NON. D'autant que le nombre de chômeurs et de précaires augmente (contrairement aux dires officiels qui prétendent que le chômage diminue — c'est simplement parce qu'ils ont changé la manière de comptabiliser les chômeurs).
Quelles alternatives pour éviter la crise économique ?
La France se fait réprimander par Bruxelles à cause de sa dette nationale qui s'envole. Que faire d'autre que travailler plus pour éviter la crise économique ?
La solution n'est sûrement pas que les « actifs » (ceux qui travaillent et produisent) aient à leur charge une masse croissante d'« inactifs » (chômeurs et rentiers).
Quelques pistes :
- Mieux répartir le travail entre les actifs, qui représentent moins d'un quart de la population française.
- Faire travailler les chômeurs pour qu'ils puissent consommer, et surtout les rentiers, qui spéculent au lieu de consommer.
Mais surtout :
- Gaspiller moins et donc avoir besoin de moins d'argent.
- Polluer moins.
- Consommer moins de superflu.
Et enfin : réorienter la politique économique et sociale de sorte que les richesses soient mieux réparties et mieux dépensées. Le fossé entre les riches et les pauvres se creuse de plus en plus.