Image 1
Monde

Tchétchénie : la guerre de l'oubli

En octobre 2002, la prise d'otages de Moscou rappelle au monde l'existence d'un conflit méconnu. Retour sur l'histoire de la Tchétchénie et les violations des droits humains.

As-tu aimé cet article ?

Moscou, octobre 2002. Un commando d'extrémistes tchétchènes tient le monde en haleine pendant tout un week-end en retenant près de 800 personnes en otage dans un théâtre. Leurs revendications : la fin de la guerre. Cette prise d'otages s'est terminée dans le drame. Voici l'histoire d'une guerre oubliée.

Pourquoi la guerre en Tchétchénie a-t-elle commencé ?

Tout commence au XVIIIe siècle, lorsque le tsar Nicolas Ier cherche à soumettre des montagnards insoumis. Depuis cette invasion, ces peuples n'ont cessé de se défendre et l'Empire russe a déployé tous les moyens pour s'approprier cette terre, devenue symbole de résistance. L'Empire finit par annexer ce territoire au XIXe siècle.

Pendant la Révolution russe, la Tchétchénie soutient le mouvement et combat en masse aux côtés de l'Armée rouge. Elle devient ensuite indépendante dans les années 1920. Mais la collectivisation forcée entraîne une vague de terreur sans précédent dans les années 1930. Depuis, la Tchétchénie n'a connu aucun répit : chaque occasion fut bonne pour la Russie d'éliminer les « terroristes » tchétchènes, d'autant plus depuis qu'on y a découvert du pétrole.

Violations des droits humains : le rapport d'Amnesty International

Récemment, Amnesty International a publié un rapport très alarmant sur le non-respect des droits humains. Voici quelques-uns de ces faits :

  • La torture et les mauvais traitements sont largement utilisés par les responsables de l'application des lois.
  • Les conditions de vie sont déplorables dans les prisons, où les maladies contagieuses sont fréquentes et les soins médicaux inadaptés. Près d'un million d'hommes, de femmes et d'enfants sont incarcérés en Russie. Parmi eux, plus de 200 000 attendent d'être jugés.
  • La police a très souvent recours à la torture et aux mauvais traitements pendant la garde à vue, dans le but d'extorquer des « aveux » ou des informations compromettantes aux suspects.
  • Les femmes arrêtées par la police sont fréquemment torturées, et notamment violées ou soumises à d'autres formes de violence sexuelle, pendant leur garde à vue.
  • Les mineurs sont souvent privés des garanties les plus élémentaires – présence d'un avocat et d'un parent adulte (ou d'une autre personne habilitée) pendant l'interrogatoire – destinées à éviter qu'ils ne soient torturés ou maltraités.

La liste est longue. Vous trouverez ici un résumé du rapport : Tchétchénie : un pays sans véritable justice.

Comment soutenir le peuple tchétchène ?

En rejoignant le Comité de soutien à la Tchétchénie. Voici les coordonnées de l'antenne de Paris :

Comité Tchétchénie de Paris
21 ter rue Voltaire, 75011 Paris
Tél : 06 14 02 74 52 (répondeur)
E-mail : [email protected]
Site web : tchetchenieparis.free.fr

Il existe plusieurs antennes un peu partout en France. Voici quelques-uns de leurs objectifs : « Les Comités Tchétchénie de France affirment leur solidarité avec toutes les forces russes et tchétchènes qui luttent contre la guerre en Tchétchénie, pour la paix et la démocratie. Ils s'inquiètent de la dégradation actuelle de la démocratie en Russie et de la condition des Tchétchènes partout en Russie, ainsi que des Russes qui les aident. Ils condamment tous les crimes commis en Tchétchénie, ou en relation avec la Tchétchénie, quels qu'en soient les auteurs. »

As-tu aimé cet article ?
nicogoo
Nicolas G @nicogoo
8 articles 0 abonnés

Commentaires (4)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...