
Quel est le but de l'éducation obligatoire ?
En France, l'accès à l'école est un droit et est (normalement) gratuit pour tous les enfants résidents en France. Ce n'est en aucun cas une obligation. C'est l'instruction qui est obligatoire de 6 à 16 ans. Elle peut être faite à domicile par des professionnels ou les parents. Néanmoins, peu importe le type d'instruction choisi, il y a un programme à respecter et les enfants peuvent être soumis à des tests.
La France bénéficie donc d'une école laïque et « gratuite » pour les enfants de 2 ans (3 ans dans certaines régions) à 16 ans (voir plus selon la voie choisie). Cette éducation, bien qu'ayant déjà quelques problèmes, est en pleine casse par le gouvernement actuel : réduction des effectifs de professeurs, suppression de la maternelle à 2 ans, privatisation de plus en plus de lycées... Mais, ce n'est pas sur cela que je souhaite m'attarder. Je vais m'attaquer directement aux fondements de l'éducation obligatoire.
Comprenez tout d'abord que si l'État dépense aujourd'hui autant d'argent à nous instruire, c'est bien parce qu'il y récupère beaucoup plus derrière : malgré le coût de la main d'œuvre, certaines entreprises produisent en France car les travailleurs sont déjà formés, voire formatés à obéir sans contredire le maître, à chercher à faire le meilleur rendement possible, à être le meilleur...
Comment l'école forme-t-elle les élèves ?
Je m'explique : l'école utilise des méthodes « masquées » pour nous apprendre :
- à obéir,
- à travailler sans réfléchir,
- à être productif,
- à essayer d'être le meilleur.
Obéissance et soumission
Au début, par le célèbre « va au coin les mains sur la tête », l'enfant dès son plus jeune âge est soumis aux ordres d'une grande personne pendant 6 heures par jour. Ensuite par la punition idiote telle que recopier 50 fois « je ne dois pas manquer de respect à la maîtresse » ou la punition un tout petit peu plus intelligente (bien qu'une punition ne soit jamais intelligente) comme « conjuguer au présent les verbes obéir et se taire ». Puis au collège, la punition prend un autre aspect avec le fameux devoir supplémentaire, comme si les enfants de 10 ans n'avaient pas assez de leur heure quotidienne de devoirs que leurs profs leur demandent. Mais ce n'est pas tout au collège, il y a aussi l'heure de colle : semblable (en moins important bien sûr) à de la prison, l'heure de colle est la sanction la plus importante du collège (sans passage par le conseil de discipline) pourtant, elle peut être donnée simplement pour un classeur mal rangé. Cette sanction, bien que très grave — la suppression d'au moins 1 heure dans le peu de temps libre que possède l'élève — est banalisée. Ce qui fait que l'élève qui, parfois, ne fait qu'oublier son livre risque la même sanction que l'élève qui frappe un camarade.
Durant toutes les années que je viens de vous passer en revue, tout acte visant à chercher la discussion sur une sanction injustifiée est considéré comme de l'insolence.
Travail sans réflexion
La plupart des contrôles se font sur les leçons. C'est-à-dire que les élèves doivent apprendre par cœur des informations et les recracher sans les modifier. Les quelques contrôles où l'on nous demande une réflexion ne sont que des illusions car, à part en terminale pour la philosophie, aucun test n'est de la vraie réflexion. C'est soit recracher une information directement, soit utiliser cette information dans un seul but précis (les exercices de mathématiques par exemple).
Productivité exigée
Toujours plus de devoirs, toujours travailler sans discuter, un minimum de temps entre les cours, un maximum de travail par heure de cours. C'est une pression insupportable pour des enfants de 10 ans. Devoir être assis à côté des amis sans pouvoir leur parler pendant 1 heure, devoir répondre à des questions qui n'ont un sens que pour le professeur, des journées interminables avec encore des devoirs à faire...
La quête de la performance
Notes, classements, esprit de compétition en EPS... Tout est fait pour que les élèves se fassent des petites guerres entre eux et qu'ils essaient de travailler du mieux possible, sans rien partager. Pendant des années, on apprend la valeur du mérite en faisant abstraction du partage, de l'entraide et de l'altruisme.
Quelles sont les conséquences du stress scolaire ?
L'engrenage dangereux qu'entraînent le stress et la pression en milieu scolaire :
En primaire
Le bruit de la classe, le commencement des devoirs et leçons à la maison, les contrôles sont autant de soucis qui risquent, à terme, de donner à l'élève un énervement incontrôlable, un renfermement sur lui-même, une phobie scolaire ou un trouble du sommeil. Les troubles du sommeil engendrent une spirale qui peut durer toute une période scolaire, parfois une année et même — malheureusement — toute l'enfance. En fait, l'élève s'épuise et se stresse à donner le meilleur de lui-même pour son maître, au point d'en avoir mal à dormir la nuit (cauchemars, stress pour l'école le lendemain...), ce qui rend l'élève encore plus fatigué. Il a plus de mal à travailler, a de moins bonnes notes ou appréciations, et donc il est encore plus stressé, a plus de mal à dormir, etc.
Au collège
6ème et 5ème : C'est à peu près le même problème qu'en primaire mais amplifié par la pression des notes qui est beaucoup plus importante qu'en primaire et les nouvelles sanctions qui font leur apparition dans la vie de l'élève : devoirs supplémentaires et heures de retenue.
4ème et 3ème : La pression des notes s'amplifie toujours, on commence à parler du métier comme si des enfants de 13-14 ans pouvaient décider maintenant de ce qu'ils feront le reste de leur vie. Les sanctions s'intensifient, il est maintenant possible d'être viré de l'établissement pour avoir tenté de se justifier.
Au lycée
C'est toujours la même spirale mais qui empire encore. Là, il y a aussi le stress du métier. On nous en parle tous les jours ; tout acte de tricherie, toute mauvaise note, devoir non rendu... sont caractérisés par les professeurs comme un risque de ne pas avoir l'orientation souhaitée.
Les quelques aspects positifs de l'école
Bien que faite pour que l'élève devienne un futur esclave de cette société, bien que l'école puisse avoir un effet très néfaste et dangereux pour l'élève (dépression), elle a quelques effets « positifs ».
La rencontre avec d'autres élèves : le fait d'aller à l'école oblige les enfants à rencontrer d'autres enfants de leur âge. Lors des récréations ou pauses, ils peuvent donc faire connaissance et devenir amis. Par contre, dès qu'ils sont dans la classe, même l'un à côté de l'autre, ils n'ont pas le droit de communiquer ni de s'aider.
La culture : l'école offre aussi un accès — très limité — à la culture. En plus des cours de base (apprentissage de la lecture, de l'écriture, du calcul), elle donne aussi un enseignement sur l'histoire, la géographie, les sciences... Par contre, le système éducatif est très limité sur l'art (2h d'arts/semaine au collège, l'art uniquement en option au lycée). Il faut croire que le seul moyen de création, l'art, n'est pas important pour réussir dans la vie. L'important étant de retenir et recracher les informations qui nous sont données.
Conclusion
L'école est un passage presque obligatoire pour tous les enfants français puisque rares sont les enfants qui peuvent offrir à leurs enfants un enseignement à domicile.
Les programmes créés par le gouvernement ne cherchent qu'une seule chose : manipuler les élèves, les faire devenir des petits travailleurs bien obéissants et productifs.