
Eh oui, les vacances ! J'ai eu la chance, pour la seconde année consécutive, de partir au ski en Autriche avec les DNA (Dernières Nouvelles d'Alsace, quotidien alsacien) qui organisent chaque année une sortie d'une semaine. C'est ainsi que, entouré de jeunes de mon âge en majorité, j'ai rejoint la station de Hinterglemm/Saalbach pour la seconde fois.
Les voyages en bus sont, à mon goût, affreux. Et bien qu'ayant des distractions diverses à l'intérieur, c'est pour moi un moment particulièrement pénible à passer. Partis à 5h00 de Strasbourg, nous sommes arrivés aux alentours de 16h00 au chalet nous offrant abri toute la durée du séjour.
Le chalet et son emplacement idéal au pied des pistes
Le chalet où nous avons logé était situé au bord d'une piste, si bien que le mot « navette » était rarement employé par notre groupe. Bien sûr, certaines pistes mènent bien loin du chalet et l'emprunt d'une navette s'avérera tout de même indispensable... Tout ça pour dire que nous étions agréablement logés.
Nul besoin de m'attarder davantage sur ce sujet, puisqu'il vous faudrait une chance incroyable pour tomber sur le même que nous, vu qu'il est assez prisé de par sa situation très jalousée. De plus, je ne pense pas qu'un hôtel puisse donner la valeur exacte d'une station...
Hinterglemm, Saalbach et Leogang : un domaine skiable de championnat
La station se divise en 3 parties bien distinctes correspondant chacune à un village : Saalbach, Hinterglemm et Leogang. Ces trois villages se regroupent pour former le complexe ayant accueilli les Jeux d'hiver de 1991. Existe-t-il meilleure publicité que des noms placardés à chaque remontée mécanique des vainqueurs autrichiens ? Nul doute, cet élément a de quoi faire pencher la balance...
Remontées mécaniques : confort et modernité
Il est facilement remarquable que la station a de l'argent et ne sait qu'en faire... Toutes les installations sont en constante rénovation. Les remontées ont été remplacées il y a deux ans, offrant de moelleux sièges qui viennent remplacer les ancres.
Ah, oui, mais les ancres n'existent pas en France... Vous devez connaître les tire-fesses, eh bien les ancres sont un système similaire adapté pour un couple. L'engin, comme son nom l'indique, se présente sous forme d'ancre, chaque côté occupé par un skieur ou un snowboarder.
Personnellement, je trouve ce système bien plus risqué, surtout pour les surfeurs qui retrouvent leur derrière assez souvent savonné par la poudreuse. Vive les tire-fesses ! Mais je vous rassure, ces ancres sont en voie d'extinction. Je n'ai pu, lors de mes deux séjours, en localiser que deux différentes, mais de longueur assez conséquente favorisant les crampes, surtout vers la fin de la semaine. La douleur devient parfois telle qu'il devient difficile de résister à l'envie de lâcher prise... ce qui, vous devez vous en douter, est assez désagréable.
Néanmoins, les concepteurs de cette formidable machine ont réfléchi à deux fois avant de réaliser leur projet, puisqu'il n'y a pas de virages, contrairement à la station de La Clusaz avec les tire-fesses.
Télésièges modernes et pare-neige
Tant que nous sommes aux remontées, il est à noter que les deux places disparaissent également au profit des 4 et 6 places, tout neufs... Ces nouvelles remontées sont bien plus rapides que les précédentes et bien plus confortables aussi.
Un atout supplémentaire est le pare-neige, très pratique par mauvais temps. Le système consiste à descendre une coque, de la même manière que la barrière de sécurité, qui enveloppe les passagers d'une vitre en verre protégeant de la pluie, de la neige et d'autres intempéries comme le vent par exemple.
Télécabines et transport
Les dernières remontées existantes à ma connaissance sont les « œufs » comme nous les appelions, réservés exclusivement aux transports, soit longs, soit ne pouvant être atteints par les pistes.
Ce sont des télécabines adaptées spécialement pour le transport des amateurs de glisse. Deux catégories différentes existent à Hinterglemm. La première, la moins confortable, consiste à entrer dans la cabine avec vos skis en position debout. Un conseil : desserrez vos chaussures dans celles-ci, car 5 minutes sont souvent nécessaires afin d'atteindre le terminus et la position que vous imposent vos chaussures bien serrées est fatigante en position debout.
La seconde catégorie est bien moins épuisante, puisqu'avant de pénétrer dans la cabine, il vous faudra glisser vos skis (ou votre surf) dans des compartiments réservés à cet usage situés à l'extérieur de la cabine. Six places assises vous sont offertes à l'intérieur, vous offrant un confort appréciable.
Navettes gratuites et fréquentes
Le dernier transport qui vous sera accessible grâce à votre forfait est la navette. J'ai trouvé très étonnant que ce genre de bus, accueillant des personnes souvent peu soucieuses de l'état du matériel, soit d'un tel confort. Il y a des places assises, recouvertes d'une couche de moquette. Le problème relatif à ce confort est une place assez limitée et il est souvent difficile de s'extraire du bus si vous êtes assis, alors que ceux debout ne sortent qu'à la station suivante. Il y aura de quoi jouer des coudes... avis aux amateurs ?
Heureusement, la fréquence de passage des bus aux arrêts est assez élevée. Un maximum de 5 minutes d'attente, ce qui est très peu en comparaison de ce que j'ai pu connaître dans d'autres stations.
Prix du forfait et carte magnétique
Alors, bien entendu, tous ces services ne sont pas offerts. La station n'est pas excessivement chère, mais 159 € vous seront tout de même demandés pour l'utilisation de ces transports pendant 6 jours. Bien entendu, le prix des forfaits évolue suivant de nombreux facteurs : le nombre de jours que vous désirez rester, si vous êtes en groupe, votre âge (il y a des réductions jusqu'à 16 ans), la saison...
Ce forfait comprend le droit à l'utilisation des remontées et des navettes tout confort. Votre forfait se présente sous forme d'une carte magnétique qu'il vous suffira de passer devant un détecteur vous permettant de passer au-delà d'une barrière.
Ce système est un atout considérable. Il vous sera inutile de sortir votre carte à chaque fois qu'il vous faudra utiliser une remontée, puisque même enfouie au fond de votre poche sous 4 couches de pulls, le détecteur localisera sa présence. Ainsi, les files d'attente se font moins longues au bas des pistes, puisqu'il n'y aura pas systématiquement de contrôles. Cela n'évite tout de même pas quelques attentes aux heures de pointe...
Pistes : particularités et classification autrichiennes
Les pistes en elles-mêmes présentent une particularité par rapport aux françaises : les vertes n'existent pas. La classification française est la suivante : verte = très facile ; bleue = facile ; rouge = moyenne ; noire = difficile. En Autriche, sans les vertes, ce classement est légèrement altéré :
- Les pistes bleues correspondent aux vertes et aux bleues françaises
- Les rouges autrichiennes regroupent les bleues difficiles françaises et les rouges faciles
- Les noires représentent des rouges difficiles et les noires ordinaires françaises
Difficulté et kilométrage des pistes
Sur tout le domaine, il y a 5 noires dont 3 que j'ai testées personnellement. Une de celles-ci me paraissait réellement d'une difficulté correspondant à une rouge, mais les deux autres possédaient d'impressionnants murs sur lesquels les sensations sont maximums. Leur longueur varie de 1 à 4 kilomètres... mais du fait d'une dénivellation très importante, il vous faudra dans la plupart des cas emprunter les œufs afin de remonter au sommet.
29 pistes rouges sont mises à votre disposition, allant de 0,7 à 5 kilomètres, et 28 pistes bleues allant elles de 0,5 à 7 kilomètres pour les plus longues.
Malgré cette classification par longueur que j'ai pu établir, contrairement aux pistes françaises, les pistes peuvent s'enchaîner avant d'arriver aux remontées et 5 kilomètres de piste consécutifs avant d'emprunter une remontée ne sont pas rares.
Damage et entretien des pistes
J'ai également pu m'apercevoir que toutes les pistes sont damées (mises à plat) au moins une fois tous les deux jours, y compris les noires, ce qui n'existe pas en France. Les noires dans notre beau pays ressemblent moins à une piste qu'à un champ de bosses, ce qui ne permet pas réellement les pointes de vitesse... Les schuss sont tout à fait possibles et même conseillés par ma personne sur les noires autrichiennes !
Zones spéciales et attractions gratuites
Dans toute la station sont éparpillées des zones spéciales telles qu'un champ de bosses, des slaloms carving, des halfpipes pour les snowboarders, des pistes illuminées la nuit... Ces attractions supplémentaires sont bien sûr gratuites, sans aucun supplément, très pratiques quand on commence à s'ennuyer vers la fin de la semaine.
Ayant testé la station vers la fin de saison, j'ai eu le malheur de voir apparaître les premières plaques d'herbe. Et j'ai eu le plaisir de m'apercevoir de l'effort fourni par les canons à neige pour boucher ces trous. Tout ceci ne paraît guère important, mais après mûre réflexion, vous vous apercevrez que toutes les stations se ressemblent et que la seule chose qui fait que l'une est plus appréciée qu'une autre, ce sont les détails tels que ceux que je viens d'énoncer.
Ambiance et vie sociale sur les pistes autrichiennes
Oulala, tout cela est bien ennuyeux... En fait, rien ne distingue a priori cette station d'une autre d'après ce que je viens de vous raconter. Mais c'est là que vous faites fausse route : toute la particularité de ce domaine réside dans sa situation géographique.
Comme je vous l'ai déjà dit maintes fois, c'est en Autriche que Hinterglemm se situe, et rien qu'en essayant de prononcer le nom du domaine, cela provoque chez certains des réticences dues aux sonorités tellement représentatives de la langue allemande.
La barrière de la langue
Le premier ennui est donc de savoir parler allemand, ce qui est moyennement mon cas. Mon savoir dans cette langue n'a guère été mis à l'épreuve puisque je me reposais sur mon groupe afin de me faire comprendre... Par contre, si vos sorties se font en famille, il vaut mieux avoir au moins un germanophone, sans quoi il vous sera assez difficile de vous faire comprendre et le voyage risque de perdre de sa saveur.
La gentillesse des Autrichiens
Sur les pistes, les Autrichiens (germanophones) sont assez sympathiques. S'il vous arrivait de déchausser dans un mur, ils auraient assez de gentillesse pour vous rapporter vos skis restés en amont.
De plus, la particularité de certains Autrichiens est d'avoir un physique assez plaisant pour les femmes. Bizarre que cela sorte de ma bouche, mais un bon nombre de filles nous accompagnant (et pas des plus moches) ont trouvé un Autrichien sur les pistes d'une beauté hors du commun selon elles. Le délire a pris une telle ampleur que le jour d'après, elles ont insisté auprès des moniteurs pour retourner sur la piste de la rencontre.
Quant à moi, j'ai réussi à repérer de magnifiques créatures du sexe opposé au mien. La première remontée que nous empruntions chaque jour nous faisait passer au-dessus d'un chalet-bar qui avait une terrasse donnant sur l'extérieur. Les plus belles après-midis étaient l'occasion pour de magnifiques filles de faire bronzette en maillot 2 pièces. Étonnant de voir à quel point la file donnant sur cette remontée était souvent encombrée...
Après-ski : le fameux Apfelstrudel au ski-bar
Eh bien, tous les soirs, vers 16h00, nous avions l'habitude de nous retrouver au ski-bar comme nous l'appelions, qui se situait au bord d'une piste. Mon goûter en début de semaine se composait d'un soda. Puis, s'est peu à peu rajouté l'Apfelstrudel, auquel je n'ai pu résister un seul des soirs suivants.
Quelle que soit la recette que vous ayez goûtée de cette merveille, elle n'est rien à côté de celle-ci qui s'apparente à un repas divin. Encore tout chaud à la vente, la pâte porte en elle des pommes cuites recouvertes d'une fine couche de pâte arrosée de sucre en poudre. Rien que ce repas était déjà affiché à 4,40 €, mais bien sûr, cela ne me suffisait pas et un beau jour, j'appris que le tout pouvait être agrémenté d'une sauce pudding pour 1 € supplémentaire.
Je crois que je n'ai jamais rien mangé de si bon ! Après une solide journée de ski, retrouver ce petit plaisir quotidien était ce qui clôturait une bonne journée.
Soirée DJ au ski-bar
C'est pas tout ça, mais là, on s'éclate pas ! Un petit fond sonore est diffusé en accompagnement à votre dégustation, mais tout ceci n'est rien en comparaison de la soirée du jeudi 27 février.
Ce soir-là, contre toute attente, lors de mon approche du ski-bar, je commence à entendre une musique techno... mais d'où est-ce que cela pouvait-il bien venir ? Eh bien, peu de temps après, en arrivant au ski-bar, je me suis rendu compte qu'un DJ était venu animer la soirée.
C'était donc sous un décor sonore que je dégustais ce fameux Apfelstrudel. L'ambiance était à son comble, certaines tables extérieures avaient été déplacées afin de laisser assez de place pour la piste de danse...
C'est ainsi que plusieurs membres de notre groupe (pas moi) y sont restés jusqu'à l'heure avancée de 23h00... La nuit, les pistes ne sont pas éclairées (sauf exception). Je n'étais pas avec eux, mais le retour devait vraiment être risqué puisque selon de sérieux témoignages, le ciel ne portait pas la lune en lui, la visibilité était donc quasi nulle. De plus, la plupart étaient ivres... le spectacle devait être grandiose, surtout que la piste arrivant au chalet où nous logions comportait d'immenses plaques sur lesquelles même moi je me suis ramassé en plein jour en toute sobriété...
La ville de Hinterglemm : une déception
Que de détails... mais Hinterglemm ville, c'est bien ?
Je n'ai été en ville qu'une seule après-midi pour me réapprovisionner en mets et boissons... Je ne sais pas si je suis le seul à l'avoir ressenti, mais cette après-midi ne m'a pas été agréable. Les trottoirs sont recouverts d'une épaisse couche de glace incrustée de gravillons et les routes sont recouvertes de gadoue. C'est assez difficile de s'y déplacer à pied sans se salir... mauvaise impression ? Eh bien oui !
Nous avons donc fait tous les supermarchés du coin, et j'ai eu le déplaisir de me rendre compte qu'un produit dans l'un était bien plus cher que dans l'autre magasin. Je n'ai pas cherché à vérifier pour les autres produits, mais je pense que cela doit être une généralité...
En tout cas, on a réellement le sentiment que la station ne cherche pas qu'à dépenser de l'argent dans les aménagements, mais qu'elle cherche également à s'en faire... les prix exorbitants du ski-bar en sont une preuve de plus.
En tout cas, la visite en ville ne m'a pas été agréable. Peut-être y a-t-il d'autres raisons implicites que je n'ai su repérer, mais je ne crois pas y retourner l'an prochain si l'occasion se présente à nouveau.
Bilan de la station de ski Hinterglemm
J'en arrive à la conclusion. Je pense que le principal du plaisir dans ce genre de voyages ne réside pas dans la qualité de la station, mais dans les personnes qui vous accompagnent. Malgré tout, et c'était mon but ici, j'ai essayé de vous faire un descriptif global de la station. Si je n'ai pas tout dit, je ne pense pas que ce soit extrêmement grave, puisque l'impression générale ressentie dans cet avis est bien représentative de la qualité de mon séjour.
Si toutefois des questions vous viennent à l'esprit, laissez-les en commentaire, je m'empresserai d'ajouter leurs réponses à l'avis.
Je me suis toujours demandé : pourquoi aller en Autriche alors qu'on peut aller en France à moindre coût et pour autant de plaisir ? Cette question, je ne pourrai y répondre car c'est l'organisation avec laquelle je voyage qui s'occupe de tout cela. Mais je ne vois pas en quoi je me donnerais le droit de vous conseiller cette station plutôt qu'une française. Les désavantages sont présents : la langue, la distance... Mais je me suis efforcé de décrire la station sans lui mettre en parenthèse ces désavantages qui ne sont dus qu'à notre position géographique, cela aurait été injuste à mon goût.
Néanmoins, le voyage m'a été très agréable. Le dépaysement est total pour un petit Alsacien qui ne connaît que les ballons des Vosges. Les Alpes sont quant à elles bien plus impressionnantes et d'une beauté inégalable... Hinterglemm est également une destination de voyage d'été, la vue est réellement prenante, que l'on regarde les sommets à partir de la vallée ou que l'on regarde Hinterglemm à partir d'en haut.
Côté ski, la station en vaut le coup : les pistes sont nombreuses (plus de 50) et la fréquence de prise des remontées est réduite par l'enchaînement des pistes.
De plus, l'ambiance germanique est exceptionnelle. Ce sont des gens qui, contrairement à la France, font la fête de manière totalement différente, et rien que pour ça, allez-y !