
Un jour, la société recréa la femme. Elle était grande, mince, bronzée avec de belles formes. La société lui dicta cette règle : « Sois belle et tais-toi ». Toutes les autres femmes doutèrent de son succès. Mais elles eurent tort. La nouvelle fit des ravages auprès du public masculin, ce qui conduisit les autres femmes à lui ressembler. Un nouveau stéréotype venait de naître...
Les critères de beauté ont énormément évolué au fil des siècles. Autrefois, on les préférait enrobées et au teint pâle, car elles représentaient la richesse : elles avaient l'argent pour bien manger et ne travaillaient pas aux champs, exposées au soleil. Aujourd'hui, c'est l'inverse ! La minceur et le bronzage sont devenus les nouveaux idéaux. Une évolution qui suscite bien des problèmes. Regardez autour de vous !
Où que l'on aille, nous sommes inondés d'images de femmes « potiches » nous montrant la voiture qu'un candidat aura la chance de gagner, ou de publicités où de jeunes femmes d'une vingtaine d'années nous vantent les miracles d'une crème anti-rides. Jamais le physique n'a pris une telle importance dans notre vie quotidienne. Les idées, l'intelligence et la personnalité des femmes sont reléguées au second plan. Si j'écris cet article, c'est pour dénoncer tous ces clichés.

La femme dans la publicité et les médias
Actuellement, la mondialisation de la consommation projette une image discriminatoire de la femme. Dans ces publicités, les femmes sont réduites à des stéréotypes. Une image dévalorisante créée par la société et adoptée par certaines femmes. Vous pourriez les qualifier de « ravissantes idiotes » ! C'est vrai, elles ne se posent aucune question et ne remettent en cause ni le message publicitaire abrutissant, ni la place de l'Homme dans la société. Aujourd'hui, pour vendre, il est devenu indispensable de faire appel au physique, parfois trop dénudé, de la femme.
Ces publicités qui nous harcèlent jour après jour nous imposent une façon d'être. Dans l'effort de devenir cette « vraie femme », beaucoup perdent confiance en elles, parce que ce modèle, fruit de la standardisation, est impossible à atteindre. En présentant un idéal difficile à atteindre et à maintenir, on assure la croissance et la rentabilité de l'industrie des produits amincissants ou des cosmétiques.
Les conséquences sur l'image de soi
Certaines femmes ont même recours à la chirurgie esthétique. Dans l'espoir de ressembler à tels mannequins ou telles actrices, elles peuvent ressortir de ces cliniques avec des seins ridiculement volumineux, ou avec un visage tellement « lifté » qu'elles ne parviennent plus à cligner des paupières.
Mais les plus touchées par ces stéréotypes, ce sont les adolescentes. Une des conséquences les plus graves est l'anorexie, liée aux complexes qu'éprouvent les jeunes filles face à ces stéréotypes. Comment ne pas être complexée lorsqu'on regarde à la télévision les élections de Miss ? Un défilé de « viande maigre » en bikini qui est censé représenter un pays ! Faut-il absolument être mince, avoir un sourire éclatant et vouloir la paix dans le monde pour être élue ?
Je pense aussi aux jeunes filles que l'on peut voir dans les clips vidéo, dansant langoureusement avec un morceau de tissu sur le dos, sans se soucier de l'image de la femme qu'elles transmettent.
La femme objet : une réalité choquante
Je tente de comprendre la motivation de ces jeunes femmes... Pour l'instant, je ne trouve que l'argent et la popularité. Un exemple me revient à l'esprit. Il y a deux semaines, j'ai vu à la télévision un reportage sur le salon de l'automobile à Bruxelles. À côté de bon nombre de voitures, se trouvaient de jeunes femmes dont le but était d'attirer la clientèle. Le journaliste filmait le stand d'une petite marque d'auto. Ayant peu de surface, ils ont eu l'« ingénieuse » idée de placer une jeune fille dans une cage suspendue au-dessus de la voiture. Que dire après ça ?
Cette image de femme-objet devient de plus en plus choquante... Mais d'où vient-elle ? On pourrait montrer du doigt les hommes ! Mais je pense que chacun, hommes comme femmes, a sa part de responsabilité. C'est peut-être un homme qui a eu l'idée de la cage, mais la femme y est montée de son plein gré ! Du moins je l'espère !
Voici quelques exemples frappants de l'exploitation de l'image de la femme dans les médias.

Les stéréotypes de la femme au quotidien
Malheureusement, ces stéréotypes sont également imposés à des femmes qui ne le désirent même pas ! Je pense à la femme active, celle que l'on voit tous les jours. Il paraît que le cadeau qu'on offre à une personne est représentatif du rôle qu'on lui attribue. Souvenez-vous du dernier cadeau offert à votre maman ou à votre femme ? Était-ce un fer à repasser, une boîte à couture ou une crème anti-rides ?
Car voilà ce que l'on demande à la femme active moderne : être sans rides, sans poils, sexy, s'occuper de la maison et avoir un travail ! Comme quoi, lorsque Walt Disney a sorti les dessins animés de Blanche-Neige et de Cendrillon, il ne s'éloignait pas tellement de la réalité. Elles ont toutes les deux une silhouette parfaite et sifflent en travaillant. Cette gentille Blanche-Neige a pour premier réflexe, en entrant dans la maison des sept nains, de faire le ménage ! Mais bon, au moins elle a trouvé son Prince Charmant.
L'éducation des petites filles
Toutes les femmes sont-elles destinées à devenir une bonne fée du logis ? Tout semble nous l'indiquer ! Ne serait-ce que dans la publicité. Tous les produits ménagers sont promus uniquement par des femmes. Le seul homme qui apparaît, c'est Mr Propre, venu à la rescousse des ménagères. Mais à part montrer ses muscles, que fait-il ?
Et depuis le plus jeune âge, les petites filles sont incitées à devenir de bonnes fées du logis. Ouvrez un catalogue de jouets. Que voyez-vous ? Tous les jouets destinés aux petites filles sont toujours les mêmes : une dînette, un bébé qui fait pipi et un mini aspirateur. De plus, elles regardent des dessins animés comme Blanche-Neige innocemment, rêvent au Prince Charmant en jouant avec leurs Barbies.
Barbie et le mythe de la blonde
Ces poupées de 29 cm sont les ambassadrices de la phrase « Sois belle et tais-toi ». Un joli sourire et rien dans la tête. Appuyez dessus, il n'en sortira que de l'air.
Si je parle de la Barbie, je ne peux oublier le mythe de la blonde ! Qui n'a jamais raconté ou entendu une blague sur les blondes ? Si ce n'est pas le cas, en voici une : Une blonde se regarde dans son miroir de poche et dit à sa copine (une autre blonde) : « J'ai l'impression de la connaître celle-là. » Sa copine lui prend son miroir et lui répond : « C'est normal bécasse, c'est moi ! » Très intelligent, n'est-ce pas ?
Mais qui du blagueur ou de la blonde est le moins intelligent ? Bien que l'on soit tenté de répondre la blonde, pour ma part la réponse serait... le blagueur ! Car il faut savoir que l'origine de ces blagues est québécoise. Là-bas, le mot « blonde » signifie « ma copine » ou « ma meuf » dans le langage actuel. Donc, messieurs, lorsque vous racontez une blague sur les blondes, vous pouvez être considérés comme machos. Quant aux femmes, elles ne font que se moquer d'elles-mêmes. Alors mesdemoiselles aux cheveux clairs, la prochaine fois que quelqu'un vous raconte ce genre de blague, vous savez quoi dire !
Voilà, des propos qui peuvent sembler très féministes ! Mais je ne veux pas faire de généralités. Heureusement, il existe de nombreuses femmes que j'admire pour leur prestance et leur caractère d'indépendante. Des femmes qui osent se lever, être différentes et dire tout haut : « Je suis moi-même et je m'exprime ! »