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Monde

Série d'attentats au Maroc

Le 16 mai 2003, Casablanca est frappée par une série d'attentats suicides faisant 41 morts. Ces attaques, revendiquées comme liées au terrorisme international, marquent durablement l'histoire du Maroc.

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Le 16 mai 2003, le Maroc est frappé de plein fouet par une série d'attentats suicides qui font 41 morts à Casablanca, dont une dizaine de kamikazes, selon le bilan officiel. Ces attaques, comparables à celles commises en Arabie saoudite quatre jours plus tôt, marquent un tournant dans l'histoire du pays.

Les explosions, à la bombe et à la voiture piégée, toutes perpétrées près du centre-ville, ont visé essentiellement des restaurants et hôtels fréquentés par des étrangers ainsi que des cibles juives. La majorité des victimes sont toutefois de nationalité marocaine, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Mostapha Sahel.

Deux Espagnols ont été tués et trois grièvement blessés, selon une source diplomatique espagnole. Le décès d'un Français a également été signalé.

Enquête et premiers suspects après les attentats

Selon le ministère marocain de l'Intérieur, quatre suspects ont été interrogés par la police, dont un kamikaze blessé. Des témoins ont affirmé qu'un kamikaze a été maîtrisé par les agents de sécurité de l'hôtel Farah avant d'être livré à la police.

« Ces attentats portent la signature du terrorisme international », a estimé M. Sahel lors d'un point de presse. Les autorités marocaines ont précisé qu'une dizaine de kamikazes avaient péri dans ces attaques survenues alors que le Maroc célébrait la naissance de son nouveau prince héritier.

Réactions internationales face aux attentats de Casablanca

La communauté internationale a unanimement condamné ces attentats. De l'Arabie saoudite, elle-même frappée par des attaques le lundi précédent, à la Russie qui dénonce « l'internationale terroriste », la condamnation est mondiale.

« Je pense que leur choix d'attaquer le Maroc est révélateur de leurs terribles motivations », a déclaré le secrétaire américain adjoint à la Défense Paul Wolfowitz.

Le chef de la diplomatie israélienne Silvan Shalom a qualifié ces attentats de « directement liés au terrorisme international », tandis que l'Autorité palestinienne a également « dénoncé » ces « opérations terroristes ».

Le président français Jacques Chirac, le roi Juan Carlos d'Espagne, le secrétaire général du Conseil de l'Europe Walter Schwimmer, ainsi que les gouvernements afghan, chinois et suisse ont tous condamné ces attaques.

Le pape Jean Paul II a dénoncé « la violence aveugle qui frappe des innocents » dans un télégramme de condoléances adressé aux familles des victimes.

Déroulement des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca

Deux voitures piégées ont explosé dans des rues proches du parc de la Ligue arabe, au centre-ville : devant l'hôtel Farah (anciennement hôtel Safir) et devant le Cercle de l'alliance israélite.

Selon l'agence officielle marocaine Map, une autre voiture piégée a explosé près du consulat de Belgique, situé en face d'un restaurant italien.

Le ministère belge des Affaires étrangères a par la suite indiqué que deux kamikazes avaient tenté d'entrer dans le restaurant. « Ils n'ont pas été admis et les bombes ont explosé dans la rue », a précisé le ministère, ajoutant que le propriétaire de l'établissement était « apparemment juif ».

Pour cette raison, la Belgique a écarté l'hypothèse que son consulat général ait été la cible de cet attentat.

Presque simultanément, des explosions ont frappé le restaurant de la Casa Espana (Maison d'Espagne), un cercle hispanique où ont péri près d'une vingtaine de personnes, ainsi qu'un ancien cimetière juif proche de l'ancienne Medina.

Condamnations des islamistes marocains

Les principaux courants islamistes marocains ont rapidement condamné les attaques. Un dirigeant du Parti islamiste Justice et développement (PJD) a qualifié les événements de « crime terroriste sauvage, que nous condamnons comme nous condamnons ses auteurs et commanditaires ».

Des groupes islamistes radicaux avaient fait l'objet de plusieurs arrestations au cours des mois précédents au Maroc.

Liens présumés avec Al-Qaïda

Le chef du réseau Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, avait cité le Maroc en février 2003 parmi les pays arabes « apostats » dans une cassette sonore qui lui était attribuée. Le Maroc, allié traditionnel des États-Unis dans le monde arabe, figurait ainsi parmi les cibles potentielles.

En mai 2002, une « cellule dormante » d'Al-Qaïda, dirigée par trois Saoudiens, avait été arrêtée par la police marocaine. Elle était soupçonnée d'avoir préparé des attentats dans le pays et contre des navires de l'OTAN dans le détroit de Gibraltar.

Ces attentats sont survenus au terme d'une semaine de festivités organisées pour célébrer la naissance, le 8 mai, du prince héritier Moulay El Hassan, premier fils du roi Mohammed VI.

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hyabuki
hyabuki @hyabuki
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