
Les deux Šarplaninac, une race de chiens de montagne originaire des Balkans et réputée pour son courage, ont été déclarés « coupables » de ne pas avoir aboyé pour alerter les gardiens. Ce drame s'est produit lors de la fuite de cinq prisonniers de la prison de Sombor, située au nord de la Serbie. Une décision jugée absurde par beaucoup de défenseurs des animaux.
Pourquoi ces chiens ont-ils été abattus ?
Les deux animaux ont été conduits à la fourrière locale et abattus par balle, une méthode brutale qui a immédiatement provoqué de vives protestations. L'association de protection animale de Sombor, Arka, n'a pas tardé à réagir face à ce qu'elle qualifie d'injustice majeure.
« Les chiens ne méritaient pas la peine de mort, ils ne peuvent pas être tenus pour principalement responsables de cette évasion », a déclaré Mme Branka Pasko, représentante d'Arka. Elle souligne l'incohérence du système judiciaire et pénitentiaire : « Ils auraient pu faire l'objet d'une sanction disciplinaire, ou être mis en retraite anticipée, comme cela a été le cas pour les gardiens humains ».
Des méthodes d'exécution contestées
Au-delà de la condamnation elle-même, c'est le mode d'exécution qui choque. Mme Pasko a protesté contre la manière dont les chiens ont été tués, estimant qu'une injection létale, pratique courante et plus douloureuse pour l'animal, aurait été une méthode plus appropriée et respectueuse que les balles. Cette mise à mort sommaire interpelle sur le traitement réservé aux animaux dans ce pays.
Quel est le bilan de l'évasion de la prison de Sombor ?
Côté sécurité, l'enquête se poursuit. Trois des cinq prisonniers qui se sont évadés de la prison de Sombor ont été capturés par les forces de l'ordre, mais deux individus sont toujours en cavale. On peut se demander si la responsabilité unique de ces deux canidés est réellement fondée ou si elle sert simplement de bouc émissaire à des failles de sécurité humaines.
Un chien n'est pas un être humain
Cet événement tragique montre une fois de plus les limites de la considération animale. Un chien, même dressé professionnellement pour la garde et la sécurité, reste un animal. Il ne peut pas réagir avec la logique et la constance d'un homme. Il suffit qu'il soit distrait, malade ou fatigué pour qu'il ne réagisse pas à un stimulus habituel.
Être exécuté pour un « manquement » à son instinct de garde est une preuve de cruauté. Le punir aussi sévèrement pour une faute qui n'est pas la sienne montre à quel point cette décision est inhumaine.
Un chien n'est pas un homme et ne doit pas porter le poids des erreurs humaines.