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Sarko=Facho... Injuste ?

L'accusation « Sarko=Facho » est-elle justifiée ? Analyse critique de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy, entre répression, populisme et controverses.

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Nicolas Sarkozy a été nommé Ministre de l'Intérieur et numéro 2 du gouvernement au lendemain de la victoire écrasante de Jacques Chirac aux élections du 5 mai 2002. Il est alors en charge des services de police et de secours (sapeurs-pompiers) de France.

Mais depuis sa nomination, on voit se multiplier sur les murs des tags « Sarko=Facho », et sur les écrans des émissions télévisées satiriques, des critiques acerbes de sa personnalité...

Quelle est la ligne politique de Nicolas Sarkozy ?

Sa ligne directrice politique paraît claire : convaincre le maximum de Français qu'il agit pour eux, et que seule la répression est efficace pour empêcher crimes et délits — une vision à court terme.

Sans parler de partis, il est utile de rappeler que la gauche n'a gouverné, au total, que 15 ans durant la Ve République, qui en compte aujourd'hui 45 ! Qu'a apporté la droite ? Il est clair que lors de la création de la Ve, et surtout sous l'impulsion d'hommes visionnaires comme Chaban-Delmas ou De Gaulle, la droite a contribué à une normalisation du pouvoir politique en France ; mais ce n'est pas pour autant qu'elle doit le monopoliser !

Une droite liberticide et populiste ?

Nicolas Sarkozy paraît résumer aujourd'hui ce qu'est la droite que l'on craignait auparavant : liberticide, se voulant populaire mais de plus en plus populiste, et ultra-répressive.

« De l'ordre en France », « Protégeons les bons Français », « À bas les jeunes » sont autant de slogans que l'on croirait sortis d'une campagne du FN. Et oui ! Pour ne pas voter FN, on radicaliserait la droite ? Fallait y penser, encore un coup de génie de Madelin sans doute...

C'était sans doute mieux avant, mais quel avant ? À tous ceux qui vous disent qu'avant il y avait moins de délinquance, dites-leur comment auparavant on cachait encore plus les maris violents, les femmes violées, la pédophilie, qui sont autant de formes de délinquance mais qui sont aujourd'hui beaucoup moins taboues et donc, heureusement, un peu plus faciles à dénoncer.

Que fait Nicolas Sarkozy pour les mendiants, à part les chasser ? Il laisse cela au ministre des Affaires sociales, qui dispose d'un budget trois fois moindre que le sien.

Un humaniste calculateur ?

Cet homme est donc très controversé par une gauche qui se réveille, mais aussi par tous ceux qui ont vu dans le vote à droite aux législatives un salut qui, en politique, n'existe pas. On pourra dire que Sarkozy est un humaniste, qu'il a été touché par le problème de la double peine, mais il a fait un calcul politique assez facile sur un sujet médiatique : d'un côté, il régularise quelques étrangers bien intégrés, de l'ordre de quelques centaines en France ; de l'autre, il renvoie par milliers, sans qu'on le sache, des Romanichels, des Kurdes et des Maghrébins.

Le plus gros problème est que cet homme applique la politique promise par Jacques Chirac, lequel nous avons élu à 82,5 %. Nous ne pouvons donc que baisser notre pantalon et nous résigner...

Tout ce que nous aurons dans les années à venir en politique sera l'avènement d'une gauche encore plus radicale et d'une droite encore plus rigide (qui a dit frigide ?), et des affrontements permanents qui seront difficiles à résoudre.

Nicolas Sarkozy mérite donc tout ce qu'on lui dit, mais s'il veut être président en 2007, il doit faire ce qu'on lui dit de faire.

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brassoad
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