
Les débuts politiques et la montée du parti Baas
Membre du parti Baas, il participe en 1956 à un coup d'État avorté contre le roi d'Irak, soutenu et imposé par la Grande-Bretagne. En 1958, un autre groupe sous la direction du général Abd al-Karim Qasim parvient à détrôner le roi. Peu après, Saddam Hussein tente en vain d'assassiner Qasim. Avec l'aide de la Syrie, il fuit en 1959 en Égypte. Durant son exil, le gouvernement irakien le condamne à mort par contumace.
Au Caire, Saddam Hussein étudie le droit. Après la révolution irakienne du 8 février 1963, il revient dans son pays, où il est emprisonné par le nouveau gouvernement en 1964. En 1967, il réussit à s'évader. En 1968, il conduit son parti Baas au pouvoir sans rébellion sanglante.
Présidence et modernisation de l'Irak
Le 1er juin 1972, il lance une vaste nationalisation des compagnies pétrolières monopolistiques qui se trouvaient jusqu'alors entre des mains étrangères. Saddam Hussein s'efforce de moderniser l'économie et l'industrie du pays. En 1973, il devient général, et en 1979, à 42 ans, il remplace à la présidence de l'Irak Ahmad Hasan Al Bakr suite à sa démission précipitée.
La guerre Iran-Irak et la guerre du Golfe
Sous le pouvoir de Saddam Hussein, l'Irak devient une force régionale, en partie grâce aux revenus du pétrole. Il tente alors de régler à son avantage les différents conflits territoriaux de l'Irak.
Après la révolution en Iran, qui isole diplomatiquement ce pays et permet à l'Irak d'obtenir un large soutien international et des armes (de la part de la France et des États-Unis qui espéraient affaiblir le régime islamiste iranien), le Raïs conduit l'armée irakienne dans une guerre sanglante et sans résultats réels entre 1980 et 1988. Ce conflit oppose les deux pays au sujet du Chatt-el-Arab (delta du Tigre et de l'Euphrate).
En 1990, il décide de l'invasion du Koweït et attire la colère des États-Unis et de leurs alliés. L'ONU approuve la guerre du Golfe (1990-1991) qui se soldera pour l'Irak par une totale défaite, puis par un blocus économique pendant 12 ans. Cependant, Saddam Hussein mate les rébellions dans le sang, y compris avec l'utilisation de gaz de combat, et conserve le pouvoir. Seul le Kurdistan irakien, dans la partie nord du pays, échappe à sa surveillance grâce à l'action militaire des États-Unis en faveur des rebelles.
Saddam Hussein a échappé à plusieurs tentatives d'attentat ou de renversement durant son règne.
La chute du régime et la capture
En mars 2003, les États-Unis et leurs alliés (principalement le Royaume-Uni) envahissent l'Irak lors d'une guerre éclair (mars - avril 2003). Les véritables motifs de cette invasion, qui n'a pas eu l'aval de l'ONU, et la réalité des justifications invoquées (comme la présence d'armes de destruction massive) sont sujets à forte polémique. La chute de Bagdad, le 9 avril 2003, marque la fin officielle du régime de Saddam Hussein et sa fuite.
Après plusieurs mois passés dans la clandestinité, Saddam Hussein est arrêté dans une cache par l'armée américaine à Tikrit dans la nuit du 13 au 14 décembre 2003.