La Chine a réservé 73 000 km² d'espace aérien au trafic militaire du 27 mars au 6 mai 2026. Ce NOTAM est expiré depuis le 6 mai. Il n'est plus en vigueur aujourd'hui, contrairement à une présentation initiale laissant croire à une fermeture actuelle.

La réservation couvrait deux zones en mer Jaune (entre la Chine et la Corée du Sud) et trois zones à cheval sur la mer Jaune et la mer de Chine orientale (entre la Chine et le Japon). Elle se trouvait à quelques centaines de kilomètres au nord de Taïwan, dans la région d'information de vol (FIR) de Shanghai, pas littéralement au large de Shanghai. Le NOTAM publié par la FAA américaine a pris effet le 27 mars 2026 à 11:50 GMT. La surface équivaut à environ deux fois la superficie de Taïwan (36 197 km²). L'espace était fermé sans limite verticale (SFC-UNL).
Le ministère chinois de la Défense nationale et l'administration de l'aviation civile n'ont émis aucune déclaration sur ce NOTAM. Ils n'ont pas répondu aux demandes de commentaires.
Une qualification militaire sans équivoque
L'expert sécurité Benjamin Blandin (AFP) a déclaré qu'il n'y a « aucun usage possible autre que militaire » pour cette restriction. Il l'a qualifiée de « très première fois » que la Chine restreint une zone aussi étendue sur une période prolongée.
L'aviateur consultant Xavier Tytelman a indiqué que la mesure est « hors du commun » par sa taille, sa durée et l'absence de limites d'altitude. Il précise que l'espace est réservé au gouvernement : fermé à l'aviation civile, pas à l'aviation militaire. Un couloir d'environ 100 km permet toujours l'accès à Shanghai.
Ray Powell (Stanford SeaLight) a interprété la combinaison SFC-UNL, 40 jours et absence d'exercice annoncé comme une « posture de readiness opérationnelle soutenue », non un exercice discret. Christopher Sharman (US Naval War College) a estimé que cela pourrait répéter des manœuvres de combat aérien pour un conflit autour de Taïwan. Ces lectures d'experts montrent que le silence de Pékin laisse place à plusieurs interprétations militaires.
Cette réservation s'inscrit dans un contexte de démonstrations de force chinoises, comme le type de missile, précédent historique, cible… Ce que l’on sait du tir d’essai de la Chine dans le Pacifique.
Une durée exceptionnelle face aux exercices habituels
Réserver 40 jours est exceptionnel : les exercices militaires chinois durent normalement quelques jours. En août 2022, des exercices de tir réel autour de Taïwan (six zones maritimes) avaient forcé des annulations et des réacheminements. En mars 2023, une zone sans vol de ~5 000 km² avait été imposée pendant trois jours.
Les précédents de fermeture rappellent aussi le tir d'essai de la Chine dans le Pacifique, qui illustre la montée en puissance des capacités militaires chinoises.
Impacts sur le trafic commercial et les échanges avec l'Europe
Le couloir de ~100 km a préservé l'accès à Shanghai. Les analystes de risque estiment peu probable un réacheminement ou des annulations massives. L'effet principal est une plus grande incertitude procédurale, des exigences de documentation et de coordination pour les voyages d'affaires et la logistique. Crisis24 note un risque possible de guerre électronique lors des exercices, sans perturbation GNSS observée à ce jour.

Aucun bulletin opérationnel européen n'a été émis spécifiquement pour ce NOTAM. Ni Air France, ni l'EASA, ni la DGAC n'ont publié d'avis de suspension de vol. Les avis EASA de mars 2026 (CZIB 2026-03-r14) concernent le Moyen-Orient et le golfe Persique, non la Chine.
Une incertitude qui pèse sur la prévisibilité économique
Les compagnies aériennes commerciales ont maintenu leurs liaisons via le couloir de 100 km. Les passagers Europe-Chine n'ont pas subi de perturbations majeures. Mais l'absence d'explication de Pékin laisse une charge administrative et un risque de coordination accrus pour les entreprises. Cette incertitude procédurale persiste pour les acteurs économiques, car la réservation militaire n'a pas été justifiée.