
Position de l'Église catholique sur l'euthanasie
L'Église catholique romaine refuse à la fois l'acharnement thérapeutique, l'euthanasie active et l'euthanasie passive. À la lecture de son catéchisme, on constate que les catholiques rejettent totalement l'euthanasie.
« Quels qu'en soient les motifs et les moyens, l'euthanasie directe est moralement irrecevable. Elle constitue un meurtre gravement contraire à la dignité de la personne et au respect du Dieu vivant, son Créateur. »
Cet extrait du catéchisme montre que, pour les catholiques, Dieu donne la vie et Lui seul peut la reprendre. Certains textes de l'Église catholique romaine indiquent même que des fidèles préféreraient une utilisation modérée des analgésiques afin d'accepter volontairement une partie de leur douleur et de s'associer ainsi consciemment à la souffrance du Christ sur la croix.
« Même si la mort est considérée comme imminente, les soins extraordinaires donnés à une personne malade ne peuvent être légitimement interrompus. L'usage des analgésiques pour alléger les souffrances du malade, même au risque d'abréger ses jours, peut être moralement conforme à la dignité humaine si la mort n'est pas voulue, ni comme fin ni comme moyen, mais seulement prévue et tolérée comme inévitable... Les soins palliatifs constituent une forme privilégiée de la charité désintéressée. À ce titre, ils doivent être encouragés. »
Les catholiques se positionnent donc globalement contre l'euthanasie. Néanmoins, certains témoignages sont plus nuancés :
« Je n'hésiterais pas à demander l'abrègement de mes souffrances si je me trouvais, un jour, prisonnier de mon corps. Je ne pourrais pas imaginer vivre 60 ans consciemment dans un corps sur lequel je n'ai plus aucun contrôle. Finalement, je crois que l'on devrait accéder à la demande des gens qui veulent arrêter de souffrir en leur donnant la mort. C'est un droit fondamental. »
Point de vue de l'islam sur la fin de vie
Par le nombre de ses fidèles, l'islam est devenu la deuxième religion en France, loin devant le protestantisme et le judaïsme. La doctrine musulmane est sans nuance :
« Il est interdit de donner la mort si ce n'est pas à bon droit. »
(c'est-à-dire la peine de mort pour le criminel). Le médecin, n'étant pas à même de donner la vie, n'a pas le droit d'y mettre un terme pour quiconque. Nul ne peut avancer ni retarder l'heure de la mort, qui dépend de la volonté de Dieu. Les musulmans sont donc totalement opposés à l'euthanasie, mais acceptent le soulagement de la douleur.
Conception juive de l'euthanasie
« Le respect de la vie humaine est absolu, inconditionnel. C'est Dieu qui donne la vie. Le Talmud dit : celui qui détruit une vie, même d'un instant, c'est comme s'il détruisait l'univers entier. Il est donc défendu de faire quoi que ce soit qui puisse hâter la fin d'un agonisant. » — Rabbin Guggenheim
« On peut atténuer les souffrances par des calmants si ceux-ci ne hâtent pas la mort à coup sûr. » — Rabbin Klug
Les juifs font cependant une concession : le renoncement à des actes médicaux manifestement sans espoir (euthanasie passive) doit être distingué de l'euthanasie active, laquelle est condamnée sans appel.